Ce n'est un secret pour personne que Toyota adopte une approche prudente en ce qui concerne l'adoption des véhicules électriques. En tant que l'un des plus grands fournisseurs de voitures hybrides et grand partisan des véhicules hydrogènes, le constructeur ne s'est pas engagé dans un avenir entièrement consacré aux VE. Cette situation a suscité de nombreux débats au sein de l'industrie, qui s'est demandé si Toyota était contre les VE ou si elle avait simplement une vision différente de l'industrie.

Le président de Toyota, Akio Toyoda, affirme depuis longtemps que l'entreprise adopte plutôt une approche "multi-pathway" pour son avenir, ce qui, contrairement à d'autres constructeurs automobiles, signifie qu'elle ne concentrera pas exclusivement ses efforts sur la construction de véhicules électriques à batterie. La filiale australienne de Toyota a encore clarifié la position de l'entreprise en déclarant qu'il s'agissait avant tout d'une question de praticité du marché.

2024 Toyota bZ4X

L'Australie, comme le reste du monde, cherche à s'orienter vers un avenir électrifié. Mais les véhicules à moteur diesel représentent chaque année une part importante des ventes dans le pays. Les trois véhicules les plus vendus en 2023 étaient tous des utilitaires diesel : le Ford Ranger, le Toyota HiLux et l'Isuzu D-Max. Il n'est peut-être pas judicieux pour Toyota (ni pour aucun autre constructeur automobile d'ailleurs) de se lancer à corps perdu dans les véhicules électriques sur un marché qui réclame du diesel.

Sean Hanley, vice-président des ventes et du marketing de Toyota en Australie, est de cet avis. Dans une récente interview accordée à Cars Guide Australia, Sean Hanley aide à clarifier la manière dont Toyota envisage d'aborder ses futures ventes dans le pays :

"Je suis enthousiaste parce que cela envoie un message clair : vous savez quoi ? Toyota n'est pas anti-VE. En fait, nous ne le sommes pas. Et nous voulons jouer sur ce marché. Nous voulons en faire partie. Nous sommes enthousiasmés par ce marché. Mais nous ne considérons pas qu'il s'agit d'une solution miracle ou d'une solution unique pour atteindre la neutralité carbone. Notre stratégie reste celle des voies multiples, mais nous sommes ravis d'entrer sur le marché des BEV. Nous savons qu'il joue un rôle."

Sean Hanley affirme que c'est le marché qui détermine l'avenir des capacités des véhicules, et non les constructeurs automobiles. Il conclut que les consommateurs achèteront ce qui leur convient. C'est au constructeur automobile d'intégrer les exigences réglementaires, comme la réduction de l'empreinte carbone, dans un ensemble qui convient au consommateur.

"Il incombe aux constructeurs de proposer un véhicule dont les capacités peuvent être exploitées et qui sera désirable. C'est notre travail. Et vous savez quoi ? Nous avons une responsabilité sociale et communautaire à cet égard. C'est pourquoi nous parlons de normes d'émission de carburant et de voies multiples"

"Certains interprètent cela comme une attitude anti-BEV de la part de Toyota. Non, ce n'est pas le cas. Nous sommes simplement réalistes. Nous sommes honnêtes avec le marché et la position".

La réponse de Toyota est vraie, du moins dans une certaine mesure. Il est dans l'intérêt de Toyota de répondre aux souhaits et aux besoins du marché. En Amérique, par exemple, cela peut se traduire par l'arrivée dans les rues du nouveau crossover le plus en vogue. Mais pour l'Australie, cela signifie des véhicules à moteur diesel.

Si la réglementation devait changer, ce serait une autre histoire. Les constructeurs automobiles devront toujours répondre à certains besoins en matière d'emballage, mais les groupes motopropulseurs pourraient changer pour répondre aux réglementations locales en matière d'émissions. En Australie, c'est une possibilité très réelle, d'autant plus que les réglementations en matière d'économie de carburant ont été un sujet brûlant au cours des dernières années. En attendant, les consommateurs peuvent s'attendre à ce que Toyota continue de couvrir ses besoins.