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Le nouveau deal Europe-Mercosur épargne les constructeurs automobiles européens

Les constructeurs européens ne devraient pas souffrir à court termes des nouveaux accords politiques UE/Mercosul.

Usines automobiles en Europe

L'accord actuel entre les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) et l'Union européenne a été signé en juin 2019 et complété en juillet 2020.

En décembre 2024, le Mercosur et l'UE sont parvenus à un accord politique sur une version modifiée de l'accord précédent, qui doit être ratifiée par les membres de l'UE.

Cet accord confirme l'élimination progressive des tarifs douaniers sur les véhicules thermiques en provenance d'Europe sur une période de 15 ans avec une période transitoire de 7 ans accompagnée d'un quota de 50’000 véhicules exportés par an.

L'élimination des droits de douane sur les voitures entièrement électriques sera progressive sur une période plus longue de 18 ans, mais avec une réduction immédiate de 10 % (de 35 % à 25 %).

Pour les constructeurs automobiles européens, cet accord n'aura donc pas d'effets immédiats significatifs, mais se fera sur le long terme, au fur et à mesure que les taxes seront réduites. Cela ne devrait donc pas bouleverser la position des acteurs actuellement en place et les parts de marché de chacun.

À terme, les constructeurs automobiles chinois ont la capacité de proposer des produits de rupture et d'avoir une politique commerciale agressive, ce qui pourrait leur prendre des parts de marché.

Cette tendance commence à être perceptible depuis 2023 avec une augmentation de la part des constructeurs chinois au détriment des constructeurs européens.

Un marché de 3 millions de véhicules par an

Le marché automobile du Mercosur est d'environ trois millions d'unités par an : 3 millions en 2024, contre 2,74 millions en 2023, 2,53 millions en 2022, 2,51 millions en 2021, 2,42 millions en 2020, 3,25 millions en 2019 et 3,39 millions en 2018.

Sur ce total, les constructeurs automobiles européens ont représenté 51 % des ventes totales au Mercosur, contre 52 % en 2023 et 53 % en 2022.

Les importations concernent principalement des véhicules haut de gamme que seule une minorité de clients du Mercosur peut s'offrir. En effet, la majorité des voitures produites au Brésil et en Argentine (l'Uruguay et le Paraguay ne produisent pas de voitures) sont plus que suffisantes pour répondre à la demande des clients du Mercosur. De plus, l'accord avec l'UE ne changera pas la situation car la clientèle locale qui peut acheter des voitures de luxe n'est pas extensible.