Polestar demande des explications après son interdiction aux États-Unis
Le constructeur suédois s’attendait à obtenir l’autorisation de continuer à vendre des voitures outre-Atlantique. Puis Volvo a bénéficié d’un traitement favorable malgré le même actionnariat chinois.
À partir de 2027, Polestar ne pourra plus vendre de voitures neuves aux États-Unis en raison de ses liens avec la Chine. Le constructeur ne prévoit pas de faire appel de cette décision, mais cela ne signifie pas qu’il l’accepte sans réserve. Polestar veut toujours comprendre pourquoi l’autorisation de vendre des voitures sur le marché américain lui a été refusée, alors que Volvo, qui partage la même maison mère chinoise, a obtenu le feu vert.
Selon des documents obtenus par le Wall Street Journal, Polestar s’attendait en réalité à recevoir l’autorisation de poursuivre la commercialisation de ses véhicules aux États-Unis. L’entreprise affirme avoir été prise de court par la décision, après avoir travaillé pendant plus d’un an avec le département américain du Commerce.
Polestar a déposé une première demande auprès du Bureau of Industry and Security, rattaché au département du Commerce, en mai 2025, afin d’obtenir l’autorisation de continuer à vendre des véhicules connectés aux États-Unis. Le dossier a été examiné pendant plus d’un an, période durant laquelle Polestar a répondu à des questions détaillées de la part des autorités fédérales.
Polestar 5
Le constructeur a également proposé plusieurs mesures destinées à répondre aux préoccupations du gouvernement en matière de sécurité, notamment des audits et contrôles de cybersécurité, ainsi que des modifications visant à empêcher des entités liées à la Chine de gérer les données des véhicules.
Selon Polestar, des responsables auraient indiqué en janvier 2026 à l’avocat externe de l’entreprise qu’ils disposaient de suffisamment d’informations et se préparaient à recommander une approbation. Puis, en avril, un responsable du département du Commerce aurait expliqué à Polestar qu’une autorisation pouvait raisonnablement être attendue si Volvo obtenait elle aussi un feu vert dans le cadre de la même structure de propriété, avec des matériels et logiciels similaires.
Volvo a obtenu son autorisation en mai, tandis que la demande de Polestar a été rejetée le mois suivant. Polestar estime que ces décisions différentes pourraient relever d’un « traitement différencié ».
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La question ne se limite pas au lieu de production
Le différend porte sur la réglementation américaine relative aux véhicules connectés, qui limite la vente de certains véhicules et composants connectés liés à la Chine et à la Russie, au nom de la sécurité nationale.
Ces règles visent à empêcher des puissances étrangères considérées comme adverses d’accéder potentiellement à des informations sensibles collectées par des véhicules connectés, ou d’influencer à distance certains systèmes du véhicule via des logiciels et équipements de communication.
Autrement dit, produire une voiture aux États-Unis ne suffit pas nécessairement à mettre un constructeur à l’abri. Même si la Polestar 3 est assemblée en Caroline du Sud, son actionnariat chinois et ses liens technologiques la placent toujours sous la surveillance des autorités américaines. Volvo présente pourtant de nombreuses connexions similaires, mais a été autorisée à poursuivre ses ventes aux États-Unis.
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Polestar va bien quitter le marché américain
Pour les acheteurs américains, la situation immédiate ne change toutefois pas. Polestar cessera de vendre des véhicules neufs aux États-Unis après le millésime 2026, même si les distributeurs pourront continuer à écouler les stocks restants.
L’entreprise indique qu’elle continuera d’accompagner les propriétaires actuels, notamment pour la garantie, l’entretien, les réparations, les pièces détachées et les mises à jour logicielles.
Polestar a déjà décidé de ne pas faire appel de la décision du département du Commerce, estimant que ses échanges avec les responsables américains l’ont amenée à penser qu’un recours avait peu de chances d’aboutir. À la place, le constructeur prévoit de concentrer ses investissements sur d’autres marchés, en particulier l’Europe.
Ainsi, même si Polestar semble avoir renoncé à se battre pour rester aux États-Unis, le constructeur veut toujours obtenir des réponses.
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