Chez Abarth, les choses bougent vite depuis quelques années. On ne parle pas seulement du tempérament de feu des modèles marqués du fameux Scorpion, mais également de l’évolution de la gamme qui en fait plus que jamais un véritable constructeur, à part entière. Enfin presque puisque l’histoire de la marque restera à jamais attachée à celle de Fiat. Abarth 595, 595 Turismo et 595 Competizione, 695 Biposto et désormais l’Abarth 124 Spider !

De la même manière que les 595 et 695 sont des versions survitaminées de la Fiat 500, cette 124 Spider est tout simplement une déclinaison un peu plus virile et plus m’as-tu-vu du roadster Fiat du même nom. Et c’est aussi et surtout une cousine directe de la Mazda MX-5 ! D’ailleurs produite en partie à Hiroshima, comme la nippone, elle est ensuite envoyée dans les ateliers Abarth pour recevoir ses modifications techniques et esthétiques. Que vaut ce nouveau roadster marqué par la piqûre du Scorpion ? Comment Abarth se démarque-t-il de ses deux cousines proches ? L’hommage rendu à ses aînées italiennes est-il à la hauteur ? Nous nous sommes rendus en Corse, quelque part entre Ajaccio et Porto Vecchio pour mettre l’Abarth 124 Spider à l’épreuve sur les petites routes du Rallye de Corse !

Essai Abarth 124 Spider

Néo-rétro et agressive !

Commençons par faire un tour du propriétaire. Comme Fiat avec sa 124 Spider, Abarth rend ici hommage à l’un de ses modèles emblématiques et éponyme, datant de 1972. Présenté au salon de Genève 2016, le nouveau roadster se rapproche d’ailleurs de son aîné en reprenant tous les codes esthétiques de ce dernier. Et ça lui va plutôt bien ! Comme à l’époque, le capot avant et la malle arrière sont teintés en noir avec une peinture anti-reflet, on retrouve un double bossage du capot, ou encore des badges avec le logo de la marque sur les flancs.

Mais l’Officine Abarth ne s’arrête pas là puisque le caractère du roadster passe aussi par ces jantes Corsa de 17 pouces, cette lame avant, ces rétroviseurs teints, ou encore cette quadruple sortie d’échappement à l’arrière. Un retour aux sources, à l’époque où Abarth proposait un échappement spécial sur la première Fiat 500 ! Autant d’éléments donc qui donnent une personnalité unique à cette Abarth 124 Spider dans le paysage automobile actuel. Pas franchement discret, ce look colle parfaitement au roadster, entre tendance néo-rétro, style latin affirmé, agressivité assumée. Force est de constater que sur la route, la voiture ne laisse personne indifférent !

Essai Abarth 124 Spider

Une Miata à la présentation piquante

À l’intérieur, ceux qui connaissent la dernière génération de la Miata ne seront pas trop dépaysés. La présentation est en effet calquée sur celle du roadster japonais : on retrouve notamment le même volant, le même écran central de 7 pouces posé sur le haut de la planche de bord, les mêmes ouïes d’aérations, les trois molettes de contrôle pour la climatisation… Oui mais Abarth a une fois de plus apposé sa patte sportive qui fait toute la différence et rend cette 124 Spider beaucoup moins austère que la MX-5 ou sa cousine italienne de Fiat. Un seul mot : rouge !

Essai Abarth 124 Spider
Essai Abarth 124 Spider
Essai Abarth 124 Spider

Volant gagné de cuir avec point milieu-milieu et surpiqûres rouges du plus bel effet, Alcantara sur la partie basse de la planche de bord surpiqué de rouge, logo Abarth au centre du volant ou encore compteur central, le compte-tour, rouge. Sans oublier la sellerie des sièges également rouge sur notre modèle d'essai ! Un cockpit sportif dans lequel tout tombe sous la main, intuitivement, voire sous le coude, moins pratique. C’est le cas des molettes qui permettent de contrôler l’info-divertissement sur l’écran central une fois la voiture en marche (tactile sinon, mais effectivement un peu loin quand on roule), qui se positionnent juste au pied de l’accoudoir central. Et malheureusement, un coup de coude mal placé, ou même d’avant bras en changeant les vitesses, et c’est la navigation qui s’arrête, ou la radio qui change… Rien de grave, mais agaçant ! Mention spéciale aussi aux pare-soleils en plastique dur, façon couvercle de Tupperware des années 1970. C’est un détail, amusant, mais qui fâche pour une auto à plus de 40’000 euros. Ceci dit, ils remplissent très bien leur fonction, avec même un miroir de courtoisie !

Un petit mot des espaces de rangements qui sont inexistants ou presque dans cette Abarth 124 Spider. Pas d’espace dans les portières, pas même de boîte à gant. De quoi déplaire à Mesdames. Seul un coffre vient se loger entre les deux sièges, difficile d’accès, marqué d’une plaque numérotée, mais pratique quand même pour y mettre quelques objets de valeur, d’autant qu’il est verrouillable. Quant au coffre arrière, le vrai, il propose 140 litres d’espace, juste de quoi partir à deux avec des sacs souples, de préférence, rapport à la forme un peu biscornue du coffre.

Essai Abarth 124 Spider

Quel bruit ! Quel pied !

L’heure est venue prendre la route au volant de cette Abarth 124 Spider. Une simple pression sur le bouton Start/Stop et un frisson vous remonte l’échine avec ce grondement rauque qui s’échappe sans même effleurer l’accélérateur. Mais attention, ça vient bien des pots d’échappements Record Monza à 4 sorties, et non pas du moteur 1,4 litre MultiAir ! Sauf en cas de grosse pluie, inutile de rester plus longtemps sous la capote, on la déverrouille, un coup de bras en arrière et nous voici cheveux au vent, le bras à la portière, prêt à taquiner ce roadster, à voir s’il est aussi sportif que bruyant !

Avec une assise basse et reculée, et ce long capot nervuré qui s’étend devant, pas besoin de rouler vite pour apprécier les sensations. La boîte manuelle à 6 rapports est bien étagée, le maniement court, mais en dessous de 2500 tr/min, c’est un peu creux. En revanche au-delà, toute la fougue du bloc 4 cylindres italien de 170 chevaux revient. Sur le papier, on parle d’un 0 à 100 km/h abattu en 6,8 secondes, rien d’exceptionnel, mais le poids de 1060 kilos (en manuel) y est pour quelque chose. Et avec le chant des sorties d’échappement à l’arrière, on a tout de suite l’impression d’aller vite… alors qu’on reste en accord avec la loi !

Mais du punch, ce nouveau Scorpion en a, d’autant plus quand on active le mode Sport au pied du levier de vitesse. Avec ses montées en régime plus franches et sa direction plus directe et toujours très précise, on a vite fait de se prendre pour un pilote. D’autant que l'Abarth 124 Spider se place toujours bien, le châssis ne rechigne pas à être bousculé sans jamais se montrer piégeux, du moins sur le sec. Et puis l’antipatinage (déconnectable) et le différentiel à glissement limité sont là pour veiller au grain. Les étriers de freins à quatre pistons Brembo, mordants, permettent eux de retarder les freinages, et les suspensions Bilstein ménagent plutôt bien nos lombaires. Mais pourquoi Abarth ne l’a-t-il pas faite encore un peu plus puissante ?

Pour ceux qui pensent que la boîte de vitesse manuelle est indispensable pour des balades un peu musclées, sachez que la boîte automatique (Aisin) est également très efficace. Elle aussi bien étagée, réactive, elle se prête à la conduite sportive. À noter enfin que même capote ouverte, le filet anti-remous canalise très bien les flux d'airs.

Essai Abarth 124 Spider

Conclusion

Disponible en 5 teintes, du blanc au noir en passant par le gris, le rouge et même le bleu (options à 600 euros, sauf le noir), toujours avec les capots avant et arrière noirs, l’Abarth 124 Spider agira sans doute plus comme un coup de cœur auprès des clients prêts à craquer pour cet attachant roadster. Sportif quand il faut, jamais scabreux dans son comportement, avec un confort qui reste en toutes situations agréables (sauf pour le genou extérieur, celui qui touche la portière, très désagréable) et des sensations grisantes, même à vitesses raisonnables, ce Scorpion a beaucoup d’atouts jouant en sa faveur. Surtout pour ceux qui aiment ne pas passer inaperçus, aussi bien visuellement qu’à l’oreille !

Mais le gros point noir, car il y en a un, risque malheureusement de refréner des envies compulsives d’achat de certains. On parle ici du prix : 40’000 euros pour la version manuelle, 2000 € de plus pour l’automatique ! À ce tarif là, les concurrentes sont Allemandes, et s’appellent BMW Z4 Sdrive20i (184 ch pour 42’550 €), Audi TT Roadster 1.8 TFSI (180 ch pour 39’250 €) ou encore Mercedes SLC 200 (184 ch pour 41’000 €). Quant à la Fiat 124 Spider la plus chère, elle propose certes 140 ch, mais débute à 15’000 € de moins ! Difficile de se faire une place pour l’Abarth au milieu de tout ça, si ce n’est en jouant la carte de l’originalité, et de la nostalgie d’une marque au fort pedigree sportif et au formidable palmarès en Rallye notamment. Une affaire de coup de coeur !

 

 

Points positifs Points négatifs

Le bruit, grisant, même à faible vitesse

Le prix

Comportement sportif, jamais piégeux

Certains détails de finition

Capable d'accueillir une version encore plus puissante

Absence complète de discrétion, visuelle et sonore

Abarth 124 Spider

Motorisation Essence MultiAir, 4-cylindres Turbo, injection multipoints
Puissance 170 ch à 5500 tr/min / 250 Nm à 2500 tr/min
Type de transmission Boîte manuelle à 6 rapports / Automatique à 6 rapports
Transmission Propulsion / Différentiel à glissement limité
0-100 km/h 6,8 secondes (6,9 sec en automatique)
Vitesse de pointe 232 km/h (229 km/h en automatique)
Poids 1060 kilos (1080 kg en automatique)
Volume de coffre 140 litres
Places 2
Economie de carburant Urbain : 8,5 l/100 km / Extra urbain : 5,1 l/100 km / Mixte : 6,4 l/100 km
En vente 2016
Prix de base 40'000 € (Manuel - Malus +900 €) / 42'000 € (Automatique - Malus +1600€)

Essai Abarth 124 Spider