Désigné comme le pick-up le plus haut de gamme, nous avons mis à l'épreuve le Mercedes Classe X sur les routes de Corse.

Mercedes ne s'en cache pas. Son Classe X se base sur son cousin technique, le Nissan Navarra, et partage donc de nombreux éléments avec lui et le Renault Alaskan. Si la plupart des constructeurs ont parfois du mal à avouer que leur produit est le fruit d'un partenariat technique avec d'autres constructeurs, chez Mercedes on assume cette alliance. Malgré tout, la firme étoilée a tout le même investi environ 900 millions d'euros pour faire de ce Navarra une vraie Mercedes avec une carrosserie bien spécifique, un intérieur totalement renouvelé et quelques éléments techniques bien propres à l'allemand.

Le Mercedes Classe X s'attaque à un marché en plein essor, notamment dans le privé là où habituellement ce genre de voitures attiraient plutôt les professionnels. Pratiques et plus cossus, les pick-ups sont également exonérés d'écotaxe en France pour le moment. Concernant les professionnels, ceux-ci sont exonérés de TVS, de malus écologique et de TVA (seulement s'ils sont équipés d'une simple cabine). Le Classe X conservera sa TVA puisqu'il n'est disponible qu'en double cabine, mais celui-ci devrait très certainement attirer les particuliers comme les professionnels au vu de ses capacités que nous avons pu essayer au sein du maquis corse.

Essai Mercedes Classe X (2018)

Un habitacle un cran au-dessus

Si le Nissan Navarra et le Renault Alaskan se ressemblent beaucoup à l'intérieur, Mercedes a fait le choix de développer son propre habitacle. Résultat ? Un ensemble cossu avec des matériaux nobles. Forcément, cela n'atteint pas le niveau d'une Mercedes Classe S, ce n'est pas sa vocation, mais force est de constater que nous sommes à bord du SUV le mieux fini du marché avec le Volkswagen Amarok. Nous retrouvons des éléments moussés sur les parties hautes, tandis que les parties basses arborent du plastique dur, mais de bonne qualité, et très certainement assez robuste dans le temps.

Mercedes offre même le choix de sélectionner les inserts de votre planche de bord en optant pour un placage en imitation bois (305 euros), en aluminium (122 euros) ou encore en noir mat (option gratuite). Les finitions sont correctes et les assemblages de bonne qualité. Le Mercedes Classe X ne peut malheureusement pas empêcher quelques petits craquements lors d'une utilisation en tout-terrain, mais nous lui pardonnons. En dehors de ça, nous retrouvons l'écran central propre à Mercedes où l'ergonomie est toujours aussi discutable et où la fonction non tactile oblige à l'intégration d'un pad derrière le levier de vitesses. Son utilisation nécessite une prise en main à n'absolument pas louper au moment de la mise en main de la part du distributeur, sous peine d'être totalement perdu.

Essai Mercedes Classe X (2018)
Essai Mercedes Classe X (2018)

Espace généreux

Grâce à ses voies élargies par rapport au Navarra et à l'Alaskan, le Mercedes Classe X bénéficie de la benne la plus pratique de son segment puisqu'elle est la seule à pouvoir charger à plat une palette au format standardisé européen. Longue de 1,59 mètre, large de 1,56 mètre et avec 1,22 mètre entre les renflements des passages de roue, la benne peut accueillir environ 1,1 tonne en charge utile. Il bénéficie également d'une belle capacité de remorquage puisque la marque annonce une capacité de tractage de 3,5 tonnes (comme le Ford F-150 Raptor à titre d'exemple). De quoi largement pouvoir tracter un van pour chevaux par exemple.

Essai Mercedes Classe X (2018)
Essai Mercedes Classe X (2018)

Vous l'aurez compris, priorité à la benne donc. La double cabine en est logiquement pénalisée, surtout pour les places à l'arrière. Les passagers bénéficient d'un faible espace aux jambes et d'une assise assez dure qui, nous le verrons un peu plus bas, contraste avec le bon confort général de la voiture. Les grands gabarits ne seront pas non plus très à l'aise avec une garde au toit réduite en raison de sièges relayés quasiment au rang de "gradins". L'assise est en plus de ça un peu trop droite, fatiguant donc sur de longs trajets. Bon point en revanche, l'assise de cette banquette est relevable pour y loger à l'abri des matériaux assez volumineux.

Comme un air de déjà vu, mais...

Là non plus Mercedes ne le cache pas, le Classe X repose sur les mêmes éléments que son homologue japonais, c'est-à-dire un châssis échelle, une transmission intégrale enclenchable, la boîte automatique et le bloc diesel d'origine Renault. Si les pick-ups sont réputés comme étant des voitures pataudes et pas vraiment confortables, le Mercedes Classe X tend à rompre cette tradition déjà initiée par Nissan sur son Navarra. Exit les suspensions à lames à l'arrière, place à un essieu multibras, comme sur le Nissan, et le Mercedes va encore plus loin avec une garde au sol abaissée de deux centimètres et des voies élargies de sept centimètres pour accueillir en 2018 un nouveau moteur V6 d'origine Mercedes afin de pouvoir marcher sur les plates-bandes de Volkswagen et de son Amarok V6 TDI.

Essai Mercedes Classe X (2018)
Essai Mercedes Classe X (2018)

Sous le capot de notre version 250d, nous retrouvons un bloc 2,3 litres diesel d'origine Renault qui développe 190 chevaux et 450 Nm de couple. Concrètement, ce moteur n'est pas mauvais pour déplacer les 2234 kilos de l'engin, mais il manque tout de même un peu d'agrément pour ce type de voiture, notamment lors des relances à la sortie de virages un peu serrés. L'allonge d'un six cylindres lui conviendrait certainement mieux. Ça tombe bien, un V6 d'environ 258 chevaux est d'ores et déjà programmé. Le quatre cylindres convient en revanche parfaitement en conduite en dehors des sentiers battus. Son couple généreux lui permet de le sortir de bien des situations.

Autre point positif : ses suspensions. Exit les ressorts à lames à l'arrière, place à un essieu multibras et des doubles bras transversaux pour l’essieu avant. Résultat ? Une meilleure tenue de cap et un confort largement au-dessus de ses rivaux. Le Mercedes Classe X ne s'écrase pas en virage, et malgré son typage de propulsion quand le 4MATIC n'est pas enclenché, notre pick-up se comporte divinement bien, le tout, dans un confort assez déconcertant. Le confort se traduit aussi par l'excellente insonorisation de la voiture. Les claquement du quatre cylindres diesel se font à peine entendre une fois installé au sein de l'habitacle.

Exit les ressorts à lames à l'arrière, place à un essieu multibras et des doubles bras transversaux pour l’essieu avant.

Il n'en demeure pas moins qu'il est aussi doté de capacités de franchissement. En quelques chiffres, le pick-up allemand peut bénéficier d'une garde au sol accrue pour grimper de 20 à 22 centimètres (en option à 299 euros). Cela influe forcément sur quelques données, comme l'angle d'attaque qui passe de 28,8° à 30,1°, l'angle latéral de 20,4° à 22° et l'angle de fuite de 17,4° à 19°. Selon Mercedes, le Classe X peut autoriser des passage de gué de l'ordre de 600 millimètres. Nous n'avons bien entendu pas pu tester tout l'éventail technique que nous offre la voiture, mais notre passage par le maquis corse et ses chemins parfois très escarpés nous ont permis de nous rendre compte que le Classe X n'était pas seulement un pick-up destiné à tailler la route.

Typé propulsion à la base, comme un Jeep Wrangler, le Classe X bénéficie d'une transmission intégrale 4MATIC enclenchable (moyennant 674 euros) disposant de trois modes de fonctionnement : 2WD, 4H et 4L. Le premier, nous le connaissons, ce sont seulement les deux roues arrière motrices. Le seconde (High Range) permet d'activer les quatre roues motrices pour conduire sur tout type de chemin. Le troisième (Low Range) permet d'activer les quatre roues motrices et de distribuer un maximum de puissance pour s'affranchir d'une pente ardue ou d'une chaussée glissante. De série, avec le système 4MATIC enclenchable, le Classe X dispose du DSR (Downhill Speed Regulation) qui permet de limiter la vitesse du véhicule à 8 km/h en 4H et 5 km/h en 4L lors des phases de descente.

Essai Mercedes Classe X (2018)
Essai Mercedes Classe X (2018)

Au final, une seule petite chose nous aura dérangé sur ce Classe X, mais disons que c'est monnaie courante sur ce type de voiture : le freinage. Non pas que le Classe X manque de frein, bien au contraire, mais l'attaque à la pédale est beaucoup trop spongieuse et le dosage est assez compliqué. C'est sûrement une question d'habitude, mais voilà un point sur lequel Mercedes aurait dû un peu plus travailler et se différencier de la concurrence qui n'excelle pas non plus à ce niveau.

Conclusion, prix et consommations

Le partenariat entre Daimler et l'alliance Renault-Nissan permet au Classe X de contenir ses prix. Celui-ci débute à partir de 36'790 euros en finition "Pure". Notre version d'essai s'affiche à un peu plus de 50'000 euros et comprend pratiquement toutes les options disponibles pour le moment, en attendant la version 100% Mercedes avec le moteur V6 qui arrivera en 2018. À finition et équipements équivalents, le Mercedes s'affiche environ 7000 euros au-dessus d'un Nissan Navarra et 4000 euros au-dessus d'un Renault Alaskan. Un écart de prix cependant justifié par les finitions, les voies élargies, les freins arrière à disques, une meilleure insonorisation, et la valeur résiduelle d'une Mercedes qui sera logiquement plus élevée que celle d'une Renault ou d'une Nissan. En termes de consommations, nous avons relevé des données autour de 10,5 l/100 km, sans vraiment ménager notre monture. Un score plutôt correct compte tenu du poids de l'engin.

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Finalement, ses principaux concurrents sont ailleurs. Le Ford Ranger et le Volkswagen Amarok seront ses deux plus grands rivaux. Le Ford est le leader sur le marché français depuis quatre ans et s'affiche lui aussi moins cher que l'allemand (environ 43'000 euros à motorisation équivalente). L'Amarok, quant à lui, est peut-être plus onéreux (environ 55'000 euros), mais il bénéficie d'une version V6 diesel. Au final, le Mercedes Classe X est plutôt bien placé au niveau de ses prix. Un peu moins bien au niveau de sa garantie puisqu'il ne l'est que deux ans (comme le Renault Alaskan et le Volkswagen Amarok), tandis que le Ford Rager est garanti trois ans et le Nissan Navarra cinq ans. Quoi qu'il en soit, c'est du très beau travail réalisé par Mercedes avec ce Classe X, notamment pour une première offensive dans le monde du pick-up. Les bases sont bonnes, le prix contenu, il ne manque plus qu'une version V6 et il viendra certainement s'immiscer tout en haut de la catégorie.

Photos : Mercedes-Benz France

 
Points positifs Points négatifs
Comportement routier Pas de transmission intégrale permanente
Capacités de chargement                     Rang arrière un peu limité
Planche de bord Pas encore de version V6

Motorisation Diesel 250d, 4 cylindres en ligne, 2298 cm³, turbo, injection directe
Puissance 190 chevaux / 450 Nm
Transmission Boîte automatique à sept rapports - DCT
Type de transmission Intégrale - 4MATIC
0-100 km/h 11,8 secondes
Vitesse de pointe 176 km/h
Poids 2234 kg
Volume de coffre 1016 kg (charge utile)
Places 5
Economie de carburant Urbain : 9,6 l/100 km / Extra-urbain : 6,9 l/100 km / Mixte : 7,9 l/100 km
En vente 2017
Prix de base 36'780 € (TTC)
Prix de la version testée 50'407 € (TTC)

Essai Mercedes Classe X (2018)