Qui se cache vraiment sous cet engin au look branché ?

Il était sans conteste l’une des stars du dernier Mondial de Paris, en octobre 2018. Avec ses couleurs pétillantes qui dénotent dans un paysage automobile aux teintes plutôt ternes, sa bonne bouille aux yeux tout ronds et surtout ses formes carré, d’un autre temps, il a fait tourner toutes les têtes. Sans parler de son physique général de petit Mercedes Classe G clairement assumé !

Mais si le Suzuki revient en grâce, il aura fallu patienter plus de 20 ans depuis la sortie de la génération précédente. Une troisième génération qui était arrivée en 1998, alors que le modèle est apparu lui dès 1970. Presque cinq décennies donc que le Jimny existe, et une nouvelle génération au look attrayant qui pourrait faire oublier qu’il s’agit là d’un vrai 4x4. Alors y a-t-il un décalage entre la forme et la fonction ? Nous l’avons essayé.

Essai Suzuki Jimny (2019)

Quelle gueule !

Quand on crie au plagiat sur nombre de véhicules chinois réinterprétant librement, ou plutôt très fidèlement, nos stars européennes, sans complexe, ce Suzuki Jimny affiche un physique de petit Classe G. Et il faut avouer que ce n'est pas pour nous déplaire... Si les deux véhicules peuvent être rapprochés pour leur longévité au catalogue, la comparaison s’arrête là. Le 4x4 nippon est clairement beaucoup plus petit. Avec 3,64 mètres de long (roues de secours accrochée sur la porte arrière comprise) et 1,64 mètre de large, on est davantage sur des dimensions de Renault Twingo. Mais quand même presque 20 centimètres plus haut (1,72 m).

Pour le reste, on en peut pas faire plus cubique que ça. Une auto dessinée par un enfant. Et c’est sans doute ça qui plaît, et qui fait tourner les têtes dans la rue. Aussi petit soit-il, il ne passe pas inaperçu !

Essai Suzuki Jimny (2019)
Essai Suzuki Jimny (2019)
Essai Suzuki Jimny (2019)

Rustique, mais bien équipé

À l’intérieur, difficile en revanche de faire l’analogie avec le Mercedes. Même avec les générations précédentes. Quoi que l’on retrouve cette poignée de maintien horizontale en face du passager avant. Mais c’est tout. Et c’est finalement là qu’on commence à comprendre l’essence même du Jimny. Il a beau avoir un physique branché, il n’en reste pas moins rustique. Pas de place aux chichis ni à quelconque fioriture, Il serait injuste de ne pas souligner l’effort de présentation, avec des compteurs et un écran de 7 pouces encerclés de plastiques façon laqué piano. Au moins sur notre finition haut de gamme Pack. Mention spéciale quand même pour l’écran d’infodivertissement connecté avec ses fonctions Mirror Link, Android Auto et Apple CarPlay, plutôt intuitif et facile d’utilisation.

2019 Suzuki Jimny images officielles
2019 Suzuki Jimny images officielles

Un mot sur l’habitabilité, avec un accès aux places arrière facilité par les grandes portes avant, et deux sièges qui peuvent facilement accueillir des adultes. En revanche mieux vaut ne pas y rester trop longtemps, notamment en raison des fenêtres qui ne s’ouvrent pas. Et puis c’est encore plus rustique qu’à l’avant, il n’y a pas même de garnitures, c’est la tôle directement. Quant au coffre, quand les sièges arrière sont en place, il se réduit à peau de chagrin. Soit vous avez des places arrière. Soit vous avez un coffre (places arrière rabattues). Les deux, c’est pas possible !

Essai Suzuki Jimny (2019)
Essai Suzuki Jimny (2019)

Sensations du passé

Commençons le chapitre de la conduite par ce qui nous est apparu agréable : la position de conduite surélevée, l’espace vitré qui apporte de la clarté dans l’habitacle et une très bonne visibilité tout autour, la taille minimale et le rayon de braquage parfaits pour se garer ou se faufiler en ville… Et c’est tout. Car oui, le Jimny est né comme un vrai 4x4, un vrai tout-terrain, pas un engin branché au look néo-rétro pour parader dans les beaux quartiers. Ce qu’est devenu le Classe G. Sauf que lui, il sait tout faire. Pas le Jimny. Et c’est là qu’il pourrait y avoir tromperie sur la marchandise.

Suzuki Jimny
Suzuki Jimny

Ça se ressent dès les premiers tours de roues avec une direction floue, à cause d’une trop grande démultiplication, qui ne rend pas très agréable la conduite sur route. Non seulement cette direction n’est pas précise, mais la stature haut perchée du véhicule et ses gros pneus 195/80R15 n’aident pas dans les virages. L’empattement très court vous secoue sur le moindre dos d’âne. Et quand il pleut, n’oubliez d’enclencher les deux roues avant pour passer en 4 roues motrices, car en propulsion par défaut, il peut vite vous surprendre. Il faut anticiper. Mais au moins, le Jimny appelle à une conduite paisible.

Mais on ne peut pas dire que son moteur 4 cylindres 1462 cm3 qui développe 102 chevaux et 130 Nm de couple se montre désagréable. Au contraire, il fait preuve d’une belle allonge, et associé à la boîte manuelle à 5 rapports de notre modèle d’essai (une boîte auto 4 est aussi disponible), il se montre plutôt vif en ville. Mais assez bruyant aussi.

Essai Suzuki Jimny (2019)

Mais que ce tableau dépeint sur la route ne fasse pas oublier la vocation première du Jimny. Celle pour laquelle il est doté de porte à faux hyper courts. D’une garde au sol haute. D’un châssis échelle rigide. D’une boîte de transfert qui permet d’évoluer hors des routes en 4 roues motrices. Et loin du goudron, c’est surtout là qu’il est à l’aise. Capable de passer là où nombre de SUV à la mode ne serait même pas capables de poser un pneu sans se retrouver enlisé. Ou rayer une jantes. Ce que le Jimny se gardera aussi bien de faire en franchissant un trottoir !

Conclusion

Pour apprécier ce Suzuki Jimny, il faut vraiment en avoir l’utilité. Et c’est là sans doute que l’on pourra faire une croix sur toutes ses imperfections, qui s’expliquent très bien, mais qui sont d’un autre temps et pourraient surprendre, décevoir même, ceux qui auraient flashé sur son physique. Le Jimny ne s'achète malheureusement sur un coup de coeur, il faut avoir conscience de son côté rustique qui tranche avec sa gueule de véhicule à la mode. Il s'apprécie en 2e, ou 3e voiture. Mais ne nous méprenons pas : ce Jimny 4 évolue très bien par rapport à son prédécesseur et est loin d’être une mauvaise voiture. Et le prix reste relativement contenu, un peu en dessous des 18'000 € de base. Dommage que le malus, même s'il a baissé en 2019 par rapport à 2018 (700 € de différence !) alourdisse la facture au delà des 20'000 € ! Tant qu'à faire, autant se plonger dans le catalogue d'accessoires pour customiser encore un peu votre Jimny !

 
Points positifs Points négatifs
Look branché... ... mais look trompeur !
Gabarit réduit Sensations de conduite d'un autre temps
Vrai tout-terrain                                   Rusticité

Suzuki Jimny 1.5 VVT Pack

Motorisation 4 cylindres, 1462 cm3
Puissance 102 chevaux à 6000 tr/min
Couple maximum 130 Nm à 4000 tr/min
Transmission Manuelle, à 5 rapports (+ boîte de transfert)
Type de transmission 4 roues motrices enclenchables
0-100 km/h NC
Vitesse maximum 145 km/h
Longueur 3,64 mètres
Largeur 1,64 mètre
Hauteur 1,72 mètre
Garde au sol 210 mm
Angle ventral 28°
Angle de sortie 49°
Angle d'attaque 37°
Poids 1090 kg (à vide)
Volume de coffre De 85 à 830 litres
Places 4 personnes
Émissions Urbain : 7,7 l/100 km / Extra-urbain : 6,2 l/100 km / Mixte : 6,8 l/100 km
En vente 2018
Prix de base 17'225 € (finition Avantage) + malus 2153 €
Prix de la version testée 19'995 € (finition Pack) + malus 2153 €

Galerie: Essai Suzuki Jimny (2019)