Aujourd'hui, rares sont les voitures destinées à faire du volume et capables de distiller un semblant de sensations de conduite.

Si vous êtes à la recherche d'une voiture aujourd'hui, qu'elle soit neuve ou d'occasion, vous aurez plus que l'embarras du choix. Avoir le choix c'est bien, avoir trop de choix ça l'est un peu moins, tout simplement parce qu'on ne sait plus vraiment où donner de la tête. Les gammes des constructeurs n'ont jamais été aussi hétéroclites, les voitures n'ont jamais été aussi polyvalentes et elles n'ont jamais embarqué autant de technologies.

Difficile donc de s'y retrouver quand on est à la recherche d'une voiture, entre celle qui a le plus de coffre, celle qui a le meilleur système d'info-divertissement ou encore celle qui possède le meilleur rapport prix/équipements. Avec tout ça, nous en oublierons presque l'essentiel. La quintessence même de l'automobile à vrai dire. Certains vous diront que la base de l'automobile, c'est de vous emmener d'un point A à un point B. Fondamentalement, ils n'ont pas forcément tort. Mais que reste-t-il du plaisir ?

Mazda3 2,0 litres Skyactiv-G 122 chevaux

À la recherche de la perle rare ?

Avec un panier moyen aujourd'hui situé à environ 25'000 euros en France pour l'achat d'une voiture neuve, l'acheteur est bien en droit de ressentir une once de plaisir à bord de sa nouvelle voiture, que cela se manifeste par le design, les technologies ou encore les performances. Avec justement ces avancées technologiques rendant les voitures toujours plus aseptisées, la recherche constante de performances, aussi bien énergétiques que sportives, que reste-t-il là encore de l'automobile telle que nous la connaissions il y a encore quelques décennies ?

À notre avis pas grand-chose. Si vous êtes à la recherche d'une voiture qui en fait suffisamment mais pas trop et qui, surtout, est capable de vous procurer du plaisir à la conduire sans débourser une somme folle, bien malin celui qui saura dénicher la perle rare parmi les voitures neuves proposées aujourd'hui.

Car pour retrouver ce plaisir synthétisé par la connexion entre l'homme et la machine, il faut aujourd'hui se tourner vers des véhicules absolument déraisonnables financièrement parlant. En cherchant un peu, certains modèles abordables parviennent encore à nous procurer du plaisir derrière le volant. Des modèles justement un peu trop abordables, on pense notamment à certaines petites citadines que l'on prend plaisir à rouler justement parce qu'elles sont dénuées de technologies trop souvent castratrices. D'où le fait qu'elles soient si abordables certainement. 

Au sein du segment des compacts, difficile de trouver ce genre de caractéristiques. Même chez BMW, qui a fait du plaisir de conduire son leitmotiv, cette philosophie a pris un peu de plomb dans l'aile avec l'abandon de la propulsion au profit de la traction sur sa dernière génération de véhicules compacts.

Mazda3 2,0 litres Skyactiv-G 122 chevaux

Aller voir un peu plus loin que le bout de son nez ?

De ce fait, pour trouver ce que l'on recherche, peut-être faut-il se tourner vers des marques qui ne font pas comme les autres ? Elles ne sont pas nombreuses cela dit, notamment parce que, souvent, la réalité les rattrape, notamment ces fameuses normes environnementales à respecter. Néanmoins, pour la recherche de notre compacte plaisante à conduire, il ne nous a pas fallu longtemps avant de trouver ce qu'il nous fallait. En réalité, compte tenu du fait que nous avons l'opportunité d'essayer très régulièrement des nouveautés, nous savions globalement vers quoi nous tourner.

Celle qui fut l'objet de nombreux essais depuis son lancement et qui aujourd'hui nous intéresse plus globalement par ses qualités intrinsèques, c'est la Mazda3. Entre toutes les compactes que nous avons pu prendre en main, de la très convaincante mais vieillissante Peugeot 308 à la très technologique Mercedes Classe A, la Renault Mégane, la Toyota Corolla, la Volkswagen Golf, l'Audi A3, la Seat Leon, la Ford Focus ou encore la BMW Série 1, la Mazda3 les supplante absolument toute dans un domaine : le plaisir de conduire.

Mazda3 2,0 litres Skyactiv-G 122 chevaux

Les choses simples sont souvent les meilleurs

Notre plaisir de conduire est-il également le vôtre ? Rien est moins sûr. Toujours est-il qu'il se dégage une tendance assez universelle pour ceux qui aiment un tant soit peu l'automobile. Le moteur, de préférence atmosphérique pour ses vocalises et son tempérament rageur haut dans les tours, jumelé à une boîte manuelle bien étagée et à un châssis qui allie à la fois deux qualités antinomiques, à savoir le confort et le dynamisme. Voici, à peu près, la recette d'une voiture plaisante à conduite.

Des ingrédients aujourd'hui rares dans la voiture de "monsieur tout le monde", le moteur étant souvent gavé d'un turbo pour améliorer les performances et réduire les consommations. Sans oublier la boîte automatique qui est de plus en plus privilégiée à la boîte manuelle, et le châssis qui est agrémenté de centaines de capteurs pour ne pas vous faire dévier d'un millimètre de votre trajectoire.

Mazda3 2,0 litres Skyactiv-G 122 chevaux

La Mazda3 peut bien entendu être équipée d'une boîte automatique, d'un moteur essence révolutionnaire aussi sobre qu'un diesel (et toujours sans turbo) et de multiples aides à la conduite. Sauf que l'accent a été clairement mis sur les sensations de conduite, comme si les ingénieurs de la marque avaient voulu insuffler un peu de MX-5 dans cette Mazda3.

Pourtant, la fiche technique et les chiffres avancés n'ont rien de vraiment différents des autres modèles, à ceci près que le moteur quatre cylindres Skyactiv-G 2,0 litres de 122 chevaux et 213 Nm est atmosphérique. Un moteur associé à un système d'hybridation léger de 24 volts. Le petit moteur électrique épaule le moteur thermique et permet de minimiser les consommations.

Mazda3 2,0 litres Skyactiv-G 122 chevaux

L'alterno-démarreur intégré convertit l'énergie cinétique récupérée à la décélération en électricité et la stocke au sein d'une batterie lithium-ion. Une technologie complètement imperceptible à la conduite mais un peu plus lorsqu'il faut relever les consommations après 3500 kilomètres à son volant, dont quelques centaines sur des routes de montagne : 6,4 l/100 kilomètres

Un chiffre insignifiant compte tenu du fait que nous nous intéressons au plaisir de conduite, mais qui est à mettre en relief avec certains chiffres de consommations relevés sur des moteurs annoncés comme plus sobres, notamment ces fameux trois cylindres turbo, qui rejettent effectivement moins de CO2 d'après les normes d'homologation, mais qui s'avèrent bien plus gourmands en carburant.

Une approche bien différente des autres

Quoi qu'il en soit, c'est bien à l'approche des virages que l'on ne regrettera pas le choix d'une Mazda3, même avec "seulement" 122 chevaux sous le capot. 122 chevaux disponibles à 6000 tr/min, ce qui nous oblige à rester assez haut dans les tours pour avoir l'intégralité de la puissance disponible.

L'amortissement, non piloté, est ferme comme il le faut et convient parfaitement avec des mouvements de caisse parfaitement maîtrisés. On apprécie également son agilité, notamment grâce à ses 1274 kilos à vide sur la balance. La direction est précise, notamment au niveau du point milieu, et la voiture bénéficie de très bonnes liaisons au sol grâce à un châssis vraiment optimisé et sans artifices.

Mazda3 2,0 litres Skyactiv-G 122 chevaux

La Mazda3 est clairement une voiture différente des autres modèles de son segment, une voiture qui met l'accent sur d'autres qualités qui, aujourd'hui, semblent de plus en plus délaissées. Doit-on se réjouir d'avoir encore une voiture, abordable et polyvalente, capable de nous offrir des sensations ? Ou, à l'inverse, doit-on s'inquiéter de n'avoir plus qu'une seule voiture répondant à ce critère ?

Toujours est-il qu'il s'agit aujourd'hui clairement de la compacte la plus plaisante à conduite, selon nos propres critères du plaisir de conduire bien évidemment. La Mazda3 se démarque clairement dans un segment de plus en plus raisonnable et qui ne laisse quasiment plus de place à la moindre petite extravagance.

Galerie: Essai - Mazda3