Renault poursuit sa série de vidéos sur ses voitures des records. Le constructeur au losange met en scène, dans ce troisième court métrage, son ultime voiture des records, l’Etoile Filante. En 1956, cette voiture expérimentale a atteint les 308 km/h sur le lac salé de Bonneville, dans l’Utah américain.

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Renault a beaucoup joué sur le domaine de l’onirique, du rêve dans ces dernières vidéos. Ainsi, pour la 40CV des records, c’était autour d’un jeune garçon s’imaginant au volant de l’énorme voiture bleue que se tournait l’intrigue.

1956 - Renault Étoile Filante
1956 - Renault Étoile Filante
1956 - Renault Étoile Filante

Cette fois-ci, le héros mis en scène pour l’Étoile filante est Nicolas Prost, le pilote de l’écurie Renault e.dams en Formule E. Au volant de sa Renault Mégane GT, s’imagine au volant de la voiture qui a atteint les 308,85 km/h, en 1956, sur le lac de Bonneville, temple des records de vitesse. D’ailleurs, la voiture bleue ira en décrocher un, de record. Celui de la voiture à moteur à turbine à gaz, dans la catégorie des autos de moins de 1000 kg. Record qu’elle détient encore aujourd’hui, 60 ans après l’exploit.

Une certaine idée de Renault

En 1954, la France se remet à peine de la deuxième guerre mondiale, et le conflit en Algérie commence à prendre forme. La misère sociale est encore bien là. L’appel de l’Abbé Pierre, en faveur des sans-abris, pendant le difficile hiver en est un exemple. Néanmoins, industriellement, la France commence son essor.

Socema Gregoire
Socema Gregoire

En automobile, en aéronautique, le pays refait son retard, et cela passe par le lancement de grands projets, révolutionnaires, à l’image du moteur à turbine. Pour beaucoup d’ingénieurs, c’est la solution d’avenir. L’exemple de la Socema Grégoire, en 1953, démontre l’intérêt qui est porté sur cette technologie. Dans les bandes dessinées, aussi, on y croit. Franquin imagine la Turbotraction de Spirou avec un tel moteur !

À la direction de la Régie Renault, à défaut de lire le Journal de Spirou, on réfléchit à ces solutions pour la voiture du futur. Pierre Lefaucheux, patron de la marque française, se laisse convaincre par les ingénieurs de Turboméca, une entreprise qui fabrique des turbines pour les hélicoptères.

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Lefaucheux se voit bien prouver l’efficacité de ces moteurs en allant battre un record à Bonneville. C’est ainsi que, dès 1954, le projet est lancé. Il est confié à Fernand Picard, directeur des études, Albert Lory, motoriste hors pair et Jean Hébert, ingénieur et pilote.

Étoile filante

Ils construisent autour d’une turbine développant 270 chevaux à 28 000 tours/minutes, un châssis tubulaire, et lui offrent une carrosserie en polyester profilée. Au total, la voiture ne pèse que 950 kg, et utilise le kérosène comme carburant.

1956 - Renault Étoile Filante
1956 - Renault Étoile Filante
1956 - Renault Étoile Filante

Le record est battu en 1956, avec cette pointe de vitesse chronométrée à 308,85 km/h. L’exploit est relayé par la presse du monde entier. Aux États-Unis, cela assoit la réputation de Renault, idéal, au moment d’y lancer la Dauphine.

Technologiquement, l’aventure s’arrêtera là. Très vite, on se rendra compte que les contraintes d’une turbine sont trop importantes pour une industrialisation. Comme son nom l’indique, la carrière de cette voiture, désormais légendaire, fut brève. Comme une étoile filante.

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1956 - Renault Étoile Filante