Découvrez nos photos de ces monstres de puissance !

Appelée à remplacer les anciens Groupe 4 et Groupe 5, cette nouvelle réglementation permettait tous les excès aux constructeurs, avec des évolutions assez libres, et au final assez éloignées, de leurs modèles de route. Seule contrainte ou presque : les modèles servant de base à la version course devaient être produits à un minimum de 200 unités par an.

Des monstres de puissance, aux performances hors du commun, grâce également à la transmission intégrale autorisée en rallye depuis la fin des années 1970, se lançaient ainsi à l'assaut des routes du rallye mondial, offrant un spectacle éblouissant mais aussi, malheureusement, son lot de drames.

C'est d'ailleurs à l'issue de l'accident ayant coûté la vie à Henri Toivonen, au volant de sa redoutable Lancia Delta S4 au Tour de Corse 1986, que décision fut prise de bannir la réglementation Groupe B du monde des rallyes, après seulement cinq années d'existence. Une catégorie également victime de son succès, avec une sécurité plus qu'aléatoire pour les spectateurs qui s'amassaient de plus en plus nombreux en bord de route.

Audi Quattro S1

Audi avait déjà porté la compétition dans une autre dimension en amenant la technologie quattro au début des années 80 sur ses Groupe 4. Après avoir écrit une première page d'histoire en 1981 avec la victoire de Michèle Mouton, première pilote féminine à s'imposer en mondial de rallye, la marque allemande dominait ainsi la compétition en 1982 avec le sacre de Walter Röhrl devant son équipière tricolore. 1983 voyait l'arrivée de la véritable quattro de réglementation Groupe B (la A1), dominée par les Lancia avant le triomphe de la A2 en 1984 et un nouveau titre, cette fois avec Stig Blomqvist.

Voulant contrer les Peugeot 205 T 16, Audi lançait la Quattro Sport en 1985, avec une puissance moteur portée à 400 chevaux. En 1986, l'Audi E2 (ou S1) constituait une évolution encore plus poussée, avec un monumental package aérodynamique qui plaquait les 1'000 kg de la voiture au sol. Quant à son cinq cylindres lancé avec 475 chevaux, il atteignait la puissance record de 550 chevaux en fin de développement !

Malgré tout cela, la S1 ne décrochait qu'une seule victoire en 1985 avec Walter Röhrl.

Peugeot 205 T16 Evo2

C'est la star du Groupe B. À la tête de l'équipe Peugeot Talbot Sport, Jean Todt réunit les meilleurs ingénieurs, à l'instar de Jean-Claude Vaucard, et développe avec eux cette petite bombe avec un quatre cylindres turbo 1,8 litres, en position centrale arrière. L'auto sera championne du monde en 1985 et 1986 avec des pilotes de la trempe d'Ari Vatanen, Bruno Saby, Juha Kankunnen et Timo Salonen. Elle est présente en deux version Evo2, celle du Safari Rallye Kenya, avec ses protections spécifiques, et la version plus classique. À l'époque, certains concessionnaire disaient : "Une victoire de Vatanen le dimanche, et les 205 se vendent comme des petits pain le lundi."

Citroën BX 4TC

C'est l'échec du Groupe B. En 1986, Citroën veut surfer sur la vague de ce Groupe B qui passent au journal de 20 heures de TF1. Malheureusement, le projet est mal embarqué. Les chevrons veulent mettre en avant la suspension hydropneumatique, une idée pas si bête. Mais la voiture manque de mise au point et, trop lourde, pas assez puissante, elle n'est pas dans le coup. La BX transformée souffre au Monte Carlo, en Suède, puis marque une pause avant de revenir à l'Acropole, où elle n'est pas ridicule, mais est trop fragile. Jean-Claude Andruet et Philippe Wambergue, ses pilotes, n'en reprendront plus jamais le volant en course : Citroën abandonne le programme au soir du rallye en Grèce.

Citroën Visa Groupe B

Avant la triste histoire de la BX 4TC, Citroën a travaillé sur une version boostée de sa Visa. Elle reçoit la transmission intégrale, de petits moteurs, mais reste très efficace grâce à son poids mesuré, et sa carrosserie en polyester. La voiture servira notamment au Trophée Citroën. Moins performante que les 205 T16 et autres monstres qui arriveront après, la Visa est, aujourd'hui, encore autorisée à participer aux compétitions historiques.

Lancia Rally 037

L'avènement du Groupe B fut une aubaine pour Lancia, en phase avec cette vision extrême du sport. Contrairement à Audi, la marque italienne, et son directeur technique Cesare Fiorio, firent le choix de la propulsion. Dérivée (très librement) de la Lancia 037 de route, la Lancia Rally 037 était équipée d'un quatre cylindres de deux litres à compresseur développant 320 chevaux, pour un poids total de seulement 800 kg.  

Après une première mise en jambe en 1982, la Lancia Rally 037 devint la référence en rallye dès l'année suivante, avec sa livrée Martini Racing caractéristique, remportant trois victoires avec Walter Röhrl et une avec Marku Alen, alors que la marque italienne s'adjugeait le titre mondial par équipe.

Dominée par les Audi quattro en 1984, puis par les Peugeot T16 en 1985 et 1986, la Lancia Rally 037 laissait la place à la Lancia Delta S4, qui adoptait à son tour la transmission intégrale, mais qui vit sa carrière brisée par l'accident de Toivonen, qui sonnait le glas du Groupe B.

Lancia Delta S4

Dominée par les Peugeot 205 Turbo 16, Lancia se devait de réagir et lançait fin 1985 la Delta S4, appelée à prendre la succession de la 037. Cette fois, Lancia sautait le pas de la transmission intégrale, alors que son moteur quatre cylindres de 1,8 litres atteignait la puissance phénoménale de 460 chevaux, pour un poids total de 970 kg.

Dès ses premières sorties en compétition, la S4 s'impose comme l'une des références du plateau, signant la victoire avec Toivonen dès la première manche du championnat du monde des rallyes au Monte Carlo. Mais, après encore la belle deuxième place de Markku Allen en Suède, l'équipe Lancia vivait la tragédie de la mort de Toivonen en Corse.

MG Metro 6R4

Chez MG-Rover, en 1985, on ne fait pas trop confiance aux moteurs turbo, encore trop violent, peu agréables. Dans sa MG 6R4, petite bombinette à l'empattement très court, on préfère miser sur une grosse cylindrée atmosphérique, plus souple, plus simple à conduire. C'est ainsi que le V8 Rover, amputé de deux cylindres prend place en position centrale arrière de cette Austin Metro totalement modifiée. Moins performante en championnat du monde, elle fera la joie de Didier Auriol en championnat de France.

Ford RS200

La Ford RS200 représente l'arrivée des nouvelles générations de Groupe B sur les rallyes. De véritables prototypes, dessinés et conçus pour le championnat du monde. L'auto arrivera courant 1986, mais ne pourra révéler son potentiel, le championnat étant arrêté fin 1986, suite à l'accident de Toivonen. Cette RS200 annonce les futures Audi Sport Quattro, Mitsubishi Starion, Toyota Twin-Cam, Ferrari 288 GTO et autres Porsche 959 qui devaient arriver en 1987.

Nissan 240SX, Opel Manta 400, Ferrari 308

Moins connues que les 205 T16 et Audi Quattro, ces voitures ont également prit part aux courses du championnat du monde. Avec un certain succès notamment pour Andruet, au volant de la Ferrari. Les Opel et Nissan, plus lourdes, et faisant l'impasse sur les moteurs suralimentés n'ont pas eu l'occasion de vraiment se montrer à très haut niveau. En championnat nationaux, cependant, elles seront redoutables, à l'image de l'Opel Manta.

Photos : Guillaume Nédélec / Motor1.com

2017 - Les Groupe B à Rétromobile