Pour la Chine, l’électricité sera l’énergie du futur !

La Chine change de paradigme. Alors que dans le passé il suffisait de s’associer à un constructeur local pour vendre des voitures souvent démodées mais disposant de chromes et d’une large banquette à l’arrière, aujourd’hui elle est devenue un marché de référence, où se déterminent de nouvelles règles du jeu ainsi que de nouvelles tendances. La Chine n’a dès lors plus rien de l’eldorado qu’elle fut encore il y a peu pour les constructeurs européens et américains.

Aujourd’hui, pas moins de 106 constructeurs y jouent des coudes, contraignant chacun d’entre eux à rivaliser d’imagination pour se démarquer. Une tendance confirmée par le salon de Shanghai, qui a ouvert ses portes le 21 avril dernier, et où, manifestement, l’électricité s’annonce comme l’énergie du futur.

Nombre de constructeurs étrangers (Volkswagen, General Motors ou encore Mercedes-Benz) y ont dévoilé des concept-cars électriques, dont la commercialisation devrait être effective à partir de 2020. Mais attention aux constructeurs locaux ! En effet, les BYD, Geely et autres Chery vont d’ores et déjà lancer des modèles affichant une autonomie de quelque 300 kilomètres !

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Ces derniers répondent en fait aux souhaits du grand public chinois : avec plus de 25 millions d’unités vendues en 2016, la Chine est le pays où l’on vend le plus de voitures électriques dans le monde. Même si cela ne représente qu’1,8 % du marché local, c'est néanmoins nettement supérieur au regard du marché européen (à l’exception de la Norvège).

Et le gouvernement chinois d’en faire son nouveau cheval de bataille, ce que souligne le représentant d’un constructeur français implanté en Chine : "Cela permet de répondre au mécontentement croissant face à la montée de la pollution urbaine, même si la voiture est loin d’en être seule responsable. C’est aussi un moyen de réduire la dépendance aux importations de pétrole et de mobiliser un levier extraordinaire pour l’industrie automobile nationale".

Un engouement sans précédent qui profite donc principalement aux marques locales et qui oblige les constructeurs étrangers à accélérer leur reconversion, sous peine de disparaître du marché chinois.