La course allemande fait profiter de son atmosphère, unique.

G.N., Nürburgring - En France, il y a les 24 Heures du Mans. En Allemagne, ce sont les 24 Heures du Nürburgring. Ne nous méprenons pas, les deux courses sont incomparables, tant sur le plan du plateau, du tracé que des enjeux. Toutefois, elles ont une chose en commun, l'ambiance sur le bord de la piste.

 

Le Nürburgring, dans le massif de l'Eifel, tient ici son rang de grande kermesse du sport automobile en Allemagne. Avec son tracé de 25,3 km de long, sinueux, rapide, le Ring force l'admiration, d'autant plus lorsque 200 voitures y courent, et pas n'importent lesquelles. On retrouve ainsi des Ferrari, Bentley, Aston Martin, mais surtout, et évidemment, les constructeurs allemands. Porsche, Audi, BMW, Mercedes sont présents en nombre via leurs écuries semi-officielles.

Ambiances - 24 Heures du Nürburgring
Ambiances - 24 Heures du Nürburgring

Des équipes qui engagent les pilotes usines : ainsi Romain Dumas (double vainqueur des 24 Heures du Mans), Bruno Spengler (champion du DTM), Augusto Farfus, Marcel Fässler sont au départ de l'épreuve. "C'est le rendez-vous de l'année", explique Romain Dumas. Surtout pour les constructeurs allemands, qui s'affrontent indirectement. "C'est sûr que pour les constructeurs allemands, cette course se situe vraiment au niveau du Mans", précise Patrick Pilet, pilote officiel Porsche. "D'autant qu'elle est populaire ici, c'est un événement ultra important. Sportivement, c'est clairement la course où il y a le plus de niveau. C'est la seule de l'année où vous avez une trentaine de voitures qui peuvent se battre pour la victoire au général."

Des écuries très professionnelles, qui se retrouvent à partager leurs stands avec les pilotes amateurs. Avec près de 200 partants, et une ligne droite des stands pas non plus infinie, il faut se serrer un peu. Ce qui donne des associations parfois savoureuses, comme celle de l'équipe, très amateur, de l'Opel Manta, avec les très efficaces mécaniciens du Schnitzer Motorsport, qui fait courir des BMW M6 soutenues par l'usine. Un écart dans l'approche, dans l'organisation... "On est surpris au début", avoue Bruno Spengler, habitué aux stands très cloisonnés du DTM. "Mais très vite, on s'habitue à ce partage."

Ambiances - 24 Heures du Nürburgring
Ambiances - 24 Heures du Nürburgring

On retrouve également d'autres constructeurs dans des programmes officiels. C'est le cas de Subaru, Hyundai, Toyota, Glickenhaus, ou par le passé Peugeot… Enfin, les amateurs sont aussi très nombreux, et parfois surprenants, comme ce concurrent qui s'aligne en Opel Manta depuis bientôt 30 ans, ou son homologue au blitz engagé avec une Calibra. Bien sûr, pour les pilotes "c'est la galère avec le trafic, on doit prendre des trajectoires assez bizarres avec toutes ces voitures en piste", analyse Bruno Spengler. "Mais quand on descend à Adenau, c'est la folie, il y a du monde partout."

Ambiances - 24 Heures du Nürburgring

Ce qui reste dans les esprits en effet, c'est le public massé le long du ruban de bitume de la Nordschleife. Souvent installés dès le lundi, l'ambiance est d'abord à la débrouille, avec des installations ingénieuses, comme ces échafaudages improvisés, ces terrasses ou ces constructions dignes de certains festivals. On passera sur la musique techno, souvent présente, tout en mettant en avant l'esprit détendu qui règne, sur fond de barbecue.

À Adenau, samedi soir, pendant la course, c'était le festival son et lumière, avec un parfum de grillades et de vacances d'été. D'un côté, les voitures, passant à plus de 150 km/h, entre les rails. De l'autre, le public, massé, profitant d'un feu d'artifice, d'un cornet de frites, ou d'une ambiance boîte de nuit improvisée. Une expérience à faire une fois dans sa vie de passionné d'automobile. Pour le Ring, et pour ce qui l'entoure.

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