Le Cévenol a dessiné sa Norma pour une nouvelle "montée vers les nuages".

Romain Dumas fait partie de ces pilotes qui ne s'arrêtent jamais. Au volant d'une 911 semi-officielle lors des 24 Heures du Nürburgring, il s'apprête à enchaîner les 24 Heures du Mans, dès ce week-end, avec la Journée Test et la préparation de Pikes Peak, la mythique course côte américaine, dans le Colorado.

Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak
Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak
Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak
Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak

Dans la foulée de sa victoire aux 24 Heures du Mans, en 2016, le Cévenol était venu s'imposer à Pikes Peak avec son prototype Norma, une voiture construite et étudiée par son équipe, Romain Dumas Limited. En 2017, il souhaite renouveler l'exploit. "Pikes Peak, j'avais envie d'y retourner", explique Romain Dumas à Motor1.com. "L'an dernier, on gagne, mais on a un problème de turbo, avec l'échangeur, et on ne fait pas aussi bien qu'on le voudrait. On a perdu du temps. Fin d'année dernière, je voulais donc y retourner, et on a lancé le projet juste avant le départ pour le Dakar, et c'était parti."

70% de pièces neuves

Depuis ses débuts comme pilote, la "montée vers les nuages" passionne Dumas. Depuis 2012, le Français s'y rend, avec toujours la même passion : "Pikes Peak, c'est la course magique. Quand j'étais gamin, c'est là où je rêvais d'aller. Ça va faire un peu cliché, mais quand on voit la vidéo sur Vatanen, on n'a qu'une seule envie, c'est d'y aller."

Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak

Aussi, après deux victoires au général, il veut enfoncer le clou une nouvelle fois, et pourquoi pas se rapprocher du record de Sébastien Loeb, réalisé en 2013 avec la Peugeot 208 T16. "J'ai voulu quelque chose de différent de l'année dernière", détaille le Français. "En 2016, la voiture était trop brutale, ça ne me convenait pas. Aussi, j'ai voulu faire pas mal de changements sur la voiture. On a fait dessiner 70% de nouvelles pièces sur la voiture. Au début, ça ne plaisait pas trop à Norbert Santos qu'on change tout sur la voiture, mais je me suis dit qu'il fallait essayer, et ça ne marche plutôt pas trop mal !" S'en sort une voiture radicale, avec une coque en carbone Norma, un moteur Honda HPD de 570 chevaux, une boîte séquentielle à six rapports, sans oublier cette aéro dantesque.

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Architecte et maître d'œuvre

Il ne s'en cache pas, Romain Dumas a passé beaucoup de temps sur la voiture. Dans son rôle de chef d'équipe, il travaille cinq à six fois plus que d'habitude, "mais au final, ça se fait bien ! Sur la voiture, je suis un peu architecte et maître d'œuvre. J'ai apporté mes idées, on a refait l'aéro, elle est monstrueuse !"

Cependant, il a fallu patienter avant que la voiture ne puisse être montée, et enfin réaliser le shakedown, en début de semaine, ce lundi 29 mai. "Finalement, ce n'est pas tant de dessiner la voiture qui est compliqué. C'est d'en faire construire les pièces. On a commandé des pièces en carbone, mais la priorité pour les fabricants, c'était de fournir les équipes LMP1, LMP2. On a reçu les pièces avec un peu de retard." Un premier contact positif, en attendant l'entrée dans le vif du sujet, au mois de juin.

"On est un peu les Pescarolo de Pikes Peak !"

Désormais, la voiture a pris la direction du Colorado. "On a une petite équipe qui a l'habitude désormais d'y aller. On va partir à 14." D'autant que Romain Dumas va devoir multiplier les allers-retours entre Le Mans et le Colorado. L'équipe sera donc en autonomie sur place : "Je peux leur faire confiance, ils ne sont pas désœuvrés sur place, on sait où l'on va, on a nos habitudes. On loue tous les ans la même maison, je tiens à garder cette bonne ambiance. Ce ne sont pas les vacances, mais ce n'est pas la pression."

Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak
Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak

L'objectif sera donc la victoire une nouvelle fois à Pikes Peak, et pourquoi pas après avoir réussi une belle performance avec Alpine au Mans. "Bien sûr, remporter la première fois Pikes Peak a été un grand moment. Probablement l'un de mes meilleurs souvenirs avec Le Mans. L'an dernier, ça s'est bien goupillé avec ma victoire en LMP1 aux 24 Heures, puis celle de Pikes Peak la semaine suivante, ce serait bien de faire pareil cette année."

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Il faudra enchaîner les séances de roulages, qui vont se multiplier avant le 25 juin. Et surtout, garder la voiture sur la route. "Le bémol, c'est la sécurité. Ce doit être la course la plus dangereuse à laquelle je participe. On voit un peu de tout, des choses surprenantes négativement, et des projets extra. Je pense aux voitures électriques de Honda et Toyota. C'est un peu l'esprit garage-bricolage. Et nous sommes dans cet esprit. On est un peu les Pescarolo de Pikes Peak !"

Romain Dumas s'attaque à Pikes Peak