La collaboration devrait prendre fin d'ici 2021.

Si, aujourd'hui, les alliances franco-japonaises semblent prendre du plomb dans l'aile, surtout dans le domaine de l'automobile, celle entre le groupe PSA et Toyota fait tout de même beaucoup moins de bruit que celle entre Renault et Nissan. En effet, PSA et Toyota ont noué un partenariat en 2001, renouvelé en 2013, mais qui devrait prendre fin en 2021 concernant les petites citadines. En effet, selon des informations relayées par nos confrères des Echos, la firme japonaise et PSA ont décidé de revoir en long en large et en travers les contours de leur association.

Le trio de petites citadines Citroën C1 / Peugeot 108 / Toyota Aygo ne reposeront plus sur les mêmes bases pour leur future génération, si elle perdure cela dit. Au sein de la coentreprise existante, Toyota va racheter les parts du groupe PSA et récupérera l'usine tchèque de Kolin, qui appartenait aux deux groupes. Cette usine peut fabriquer environ 300'000 unités par an et produit les actuelles Citroën C1, Peugeot 108 et Toyota Aygo. Avec seulement 108'927 véhicules assemblés en 2017, contre 132'130 en 2016, l'usine ne tourne pas à plein régime. Pour PSA, "abandonner" cette usine n'est pas vraiment une grande perte en soi puisque le groupe a mis la main sur les usines d'Opel, elles aussi très loin de tourner à 100 % de leur capacité.

Si Toyota devrait reconduire l'Aygo, quid de PSA avec la C1 et la 108 ? Opel, qui vient tout juste d'intégrer le groupe pourrait être une bonne alternative au développement d'une nouvelle petite citadine, d'autant plus que ses deux citadines actuelles, l'Adam et la Karl, ne seront pas renouvelées. Néanmoins, les petites voitures de segment A ont du mal à s'écouler en Europe. Preuve en est, en France, où en octobre dernier, Peugeot a écoulé 1822 108, Citroën 1875 C1 et Toyota 1310 Aygo. Dans l'ensemble, en moyenne, cela représente cinq fois moins de volume qu'une citadine de segment B, à savoir une Peugeot 208, une Citroën C3 ou une Toyota Yaris. De plus, cela ne colle pas vraiment avec les ambitions de Carlos Tavares, le patron du groupe PSA, qui souhaite avant tout vendre des produits capables d'être commercialisés dans le monde entier.

Le divorce n'est cependant pas encore consommé entre les deux groupes. En effet, leur relation prend une autre tournure et leur union concernant les utilitaires va être élargie. L'usine PSA située à Vigo, en Espagne, va bientôt assembler les nouveaux utilitaires de chez Toyota. Pour le moment, cet établissement usine les Citroën Berlingo et Peugeot Rifter. PSA Sevelnord continuera à assembler le Toyota Proace, cousin technique des Citroën Jumpy et Peugeot Expert. Multiplier les silhouettes de marques différentes pour minimiser les coûts ? Une stratégie qui a déjà fait ses preuves à de nombreuses reprises.

Source : Les Echos