Après la hausse du nombre de morts dans le département.

Après une année 2018 au bilan positif concernant le nombre de morts sur les routes françaises, celui-ci est reparti à la hausse en janvier 2019. Avec 238 décès contre 229 lors du premier mois de l'année dernière (+ 3.9 %), c'est un coup dur pour la Sécurité Routière, et pour la crédibilité de la loi 80 km/h, qui est directement remise en cause par un président de département.

En effet, le président de la Seine-et-Marne, Patrick Septiers, gère le plus grand réseau routier avec 4300 km de routes, sur lesquels il y a eu sept morts en janvier 2019, contre quatre en janvier 2018. Il y a quelques jours, Septiers demandait au Premier Ministre Édouard Philippe de mettre du bon sens dans la loi des 80 km/h, et il explique aujourd'hui qu'il met directement en cause la législation dans les résultats de son département.

"La mesure des 80 km/h a peut-être des impacts positifs au niveau national, mais ce n’est pas le cas en Seine-et-Marne", a déclaré Patrick Septiers. "Ces chiffres nous confortent dans notre demande d’aménagements de la mesure, pour adapter la vitesse au cas par cas, selon les routes, avec pour objectif d’allier la sécurité à la mobilité. Édouard Philippe a fermé la porte à des ajustements aux 80 km/h, alors qu’il paraissait ouvert quelques semaines plus tôt. Les mauvais chiffres annoncés ce matin le convaincront peut-être de laisser décider les collectivités et les élus locaux, ce qui serait une sage décision."

Septiers, seul contre tous ?

L'idée selon lui, est de repasser certains tronçons du département à 90 km/h, tout en luttant contre d'autres causes de mortalité : "Ces nouveaux chiffres montrent une forte hausse du nombre de tués chez les plus de 65 ans et en agglomération, c’est pourquoi il faut relancer un vaste plan pour la sécurité routière, avec plus de répression pour le téléphone au volant, les conduites dangereuses, l’alcool, les stupéfiants. Nous réclamons depuis des mois du gouvernement qu’il lance une vraie action de lutte contre l’insécurité routière, une politique bien plus ambitieuse et efficace que le 80 km/h partout et tout le temps."

Cependant, Patrick Septiers se lance dans une croisade seul, face au Premier Ministre mais aussi à la préfète de Seine-et-Marne, Béatrice Abolliviers, qui a mis le président en garde : "Pour le moment, nous sommes à 80 km/h. Ceux qui réclament un aménagement de la limitation de vitesse en porteront la responsabilité si le nombre de morts sur les routes devait augmenter. Je pense que leurs électeurs s’en souviendront." Une chose est sûre, la lutte s'annonce rude autour de ce malheureux sujet qu'est la mortalité routière, et les 80 km/h sont encore loin de faire l'unanimité, y compris au niveau des autorités locales.