Evans aurait pu "accélérer et détruire la course pour tout le monde"
Un tour supplémentaire aurait-il provoqué une hécatombe ?
Disputé samedi sur le Circuito Cittadino dell'EUR, l'E-Prix de Rome 2019 a tenu toutes ses promesses avec un duel de haute volée pour la victoire entre André Lotterer et Mitch Evans, ce dernier ayant pris l'avantage grâce à un dépassement au chausse-pied – non sans le concours du mode attaque, qui offrait 25 kW de puissance supplémentaire pendant quatre minutes.
Le nouveau format de '45 minutes + 1 tour' pour la saison 2018-19 signifie toutefois que la durée de la course est légèrement variable, ce qui a représenté un casse-tête pour de nombreux pilotes et en particulier Evans. Son ingénieur chez Jaguar lui a en effet demandé de ralentir le rythme afin de ne pas engendrer un tour supplémentaire à parcourir, alors que les niveaux d'énergie étaient critiques pour la plupart des concurrents. Au moment d'entamer le dernier tour, tous les pilotes présents dans le top 10 disposaient de 3% ou moins, à l'exception d'Oliver Rowland crédité de 5% – c'est dire ce qui aurait pu se produire avec une boucle supplémentaire !
Il n'empêche que cette consigne de ralentir n'était pas particulièrement bienvenue pour un Evans qui défendait désespérément la victoire face à Lotterer. "Je me suis dit : 'Quoi ? Ce n'est pas ce dont j'ai besoin, là'", admet le Néo-Zélandais pour InsideEVs. "J'avais déjà eu un moment de stress quand j'ai manqué [la zone d'activation de] l'attack mode, ce qui n'était pas nécessaire. Devoir ralentir quand on a quelqu'un comme André juste derrière, c'est la dernière chose que l'on souhaite."
"Mais nous étions très rapides, et j'aurais facilement pu – une fois le mode attaque activé – accélérer, prolonger la course et la détruire pour tout le monde, car nous aurions tous abandonné. C'était extrêmement important de gérer cette communication, mais c'était une situation assez inhabituelle, que je n'avais jamais connue de toute ma vie. Nous avons bien géré ça, mais c'était assez bizarre."
Il s'agissait en tout cas de la première victoire de Mitch Evans et de Jaguar Racing en Formule E, les deux parties ayant rejoint le championnat tout électrique ensemble au début de la saison 2016-17.
Propos recueillis par Alex Kalinauckas
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