Malgré l'image globalement néfaste des voitures...

La France est souvent perçue comme un pays peu enclin à mettre en avant l'automobile, mais le Festival automobile international a mandaté l'institut Elabe pour réaliser une enquête sur l'image de l'automobile auprès des Français, nommée "Les Français et le design automobile". La réalité est finalement plutôt positive, car au-delà de l'aspect pratique de la voiture pour une grande quantité d'usagers, elle conserve aussi une part émotionnelle énorme chez les conducteurs de l'Hexagone.

Certes, ils sont 84 % à la considérer comme un moyen de relier un point A à un point B, mais il y a tout de même 62 % des Français qui voient l'automobile comme un objet attachant. Et ce chiffre grimpe à 77 % chez les 18-25 ans, et 76 % chez les 25-34 ans. Plus de 60 % des jeunes voient également leur voiture comme un moyen d'exprimer leur personnalité, un chiffre qui tombe à 49 % chez l'ensemble des sondés. Sur la totalité des personnes interrogées, 63 % pensent que la voiture permet de facilité les liens sociaux.

Et cela passe notamment par le design, puisque les trois quarts des personnes interrogées sont sensibles à l'apparence de la voiture, et 74 % pensent d'ailleurs que les lignes des voitures ont positivement évolué en une décennie. Outre la forme, 46 % des personnes interrogées portent un intérêt particulier à la couleur, 40 % au design intérieur, et notamment celui de la planche de bord, tandis que 31 % des jeunes font très attention au design des sièges et à la présence d'écrans. Il y a également un jeune automobiliste sur cinq qui prête attention au design de la calandre, contre seulement un sur dix lorsque l'on regroupe toutes les tranches d'âge.

Dans l'esprit des Français, l'automobiliste est connotée positivement, puisqu'une majorité assure qu'elle est liée aux notions de praticité et de liberté. Un peu moins de la moitié y voient la possibilité de rapidité et de confort, tandis qu'un Français sur trois y voit la notion de plaisir. Julien Bouchigny, directeur associé de l'institut Elabe, explique ce phénomène : "Pour les Français, la voiture n’est pas un objet comme les autres. Au-delà de sa fonction première de mobilité, elle répond à des besoins symboliques et émotionnels (liberté, plaisir, protection, lien avec les autres, expression de sa personnalité) pour lesquels le design peut jouer un rôle important."

Bien sûr, l'automobile a aussi des connotations négatives, puisque 50 % des Français voient en elle un poste de dépense élevé, ainsi qu'un objet polluant (28 %), dangereux (22 %) et source d'embouteillages (20 %). Mais malgré cette part de désamour, qui crée certainement la relation presque conflictuelle qui lie l'Hexagone à l'automobile, elle a le mérite de provoquer des réactions, puisque seulement 6 % des sondés se disent indifférents face à elle, et ce chiffre ne monte qu'à 12 % pour les non-automobilistes.