La firme japonaise pourrait réduire drastiquement sa gamme sur le Vieux Continent et privilégier la vente de ses SUV.

Longtemps, nous nous sommes demandé s'il y avait une réelle synergie entre les marques de l'Alliance. La stratégie de développement en matière d'électrification du côté de chez Renault et de chez Nissan semble différente et nous nous étonnons toujours de la pluralité de certains modèles sur le même segment, là aussi sans réelle synergie, et sur plusieurs marchés.

Nissan est en difficulté depuis quelques années, notamment en Europe, et a d'ores et déjà annoncé des mesures de relance économique. En juillet 2019, la firme japonaise avait confirmé l'objectif de réduire ses capacités de production de 10 % et son intention de supprimer quelques 12'500 emplois dans le monde d'ici quatre ans, soit jusqu'en 2023. Des objectifs plus que jamais d'actualité et certainement encore renforcés avec la crise sanitaire qui sévit actuellement dans le monde.

Un catalogue réduit pour l'Europe ?

Le 28 mai, l'Alliance devrait présenter ses nouveaux plans stratégiques. Renault et Nissan devraient ainsi réorganiser leurs activités. Si, du côté de chez Renault, on devrait se recentrer vers les véhicules électrifiés et les utilitaires, ainsi que réduire la voilure en Chine, du côté de chez Nissan les attentes seront différentes.

En effet, selon Reuters, Nissan pourrait réduire très fortement sa présence sur le Vieux Continent, notamment en retirant de nombreux modèles de son catalogue. Toujours d'après Reuters, Nissan pourrait alors conserver au sein de sa gamme seulement quelques produits, dont les SUV, en particulier le Juke et le Qashqai, les deux best-sellers de la marque en Europe. En revanche, des modèles comme la Micra ne devraient pas être conservés. La Leaf, quant à elle, devrait logiquement être maintenue en Europe.

Un changement de statut en perspective ?

Nissan devrait ainsi recentrer ses efforts sur d'autres marchés, à savoir la Chine, les États-Unis ou encore le Japon et pourrait ainsi se retirer d'autres secteurs pour laisser plus de place à Renault, notamment en Russie et en Amérique Latine, là où le Losange est déjà plutôt bien implanté.

"Ce n’est pas seulement un plan de réduction des coûts. Nous rationalisons les opérations, refixons les priorités et recentrons nos activités pour semer des graines pour l’avenir", a déclaré l’une des sources proches du dossier à Reuters.

Nissan souhaite également changer de statut et ne plus être vu comme un constructeur généraliste pratiquant des prix attractifs. En d'autres termes, enterrer les années Carlos Ghosn et repartir de l'avant. Dans le cadre de sa nouvelle stratégie, Nissan veut rétablir les liens avec les concessionnaires et rafraîchir sa gamme de produits afin de pouvoir relever ses prix et augmenter sa rentabilité.