À peine élu, le nouveau maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, annonce déjà la couleur concernant sa vision de la mobilité en milieu urbain.

Les élections municipales ont rendu leurs verdicts le week-end dernier pour les villes et villages de France qui restaient encore dans l'incertitude après le premier tour mené avant le confinement. Nous connaissons désormais les nouveaux maires et les nouvelles tendances politiques qui émergent, notamment cette nouvelle vague menée par le parti "Europe Écologie Les Verts" qui s'empare de quelques grandes villes, parmi lesquelles Bordeaux.

Bordeaux était une ville traditionnellement et historiquement ancrée à droite. Avec ces nouvelles élections et l'arrivée de Pierre Hurmic, un avocat et homme politique français membre du parti EELV. Ce dernier s'est livré, comme beaucoup d'autres de ses confrères, à diverses interviews pour présenter sa vision des choses concernant la ville où il venait d'être élu, en abordant notamment le délicat sujet de la mobilité. Un sujet auquel se frotte Anne Hidalgo, l'actuelle maire de Paris, et dont les décisions sont régulièrement critiquées, ou bien encouragées, tout dépend du camp où l'on se trouve.

Dans une interview accordée au média 20 Minutes, Pierre Hurmic n'y va pas par quatre chemins concernant sa vision de la mobilité à Bordeaux : "Dans les aménagements urbains, 70 % de la voirie est consacrée à la voiture, or elle représente 29 % des déplacements à Bordeaux. Je ne veux pas interdire la voiture, mais rééquilibrer les choses même si, à terme, je pense qu’on ira vers une interdiction. Le piéton a le droit de marcher au milieu de la route et la voiture s’adapte. Par ces mesures, vous pouvez dégoûter progressivement l’automobiliste d’emprunter ces chaussées".

Le dégoût, voici donc une technique pour le moins équivoque pour éviter de voter des décrets visant à interdire peu à peu, voire totalement, les voitures de Bordeaux. Comme au sein de nombreuses grandes villes françaises, Bordeaux est souvent saturé aux heures de pointe. Certains habitants ne seraient sans doute pas contre l'interdiction des voitures à Bordeaux, mais la plupart pestent contre un service de transport en commun peu adapté avec des tramways souvent en panne ou encore des bus saturés.

Pierre Hurmic a toutefois tenu à relativiser ses propos, tout en ajoutant qu'il travaillerait sur le développement du réseau de transport en commun de la ville et sur d'autres aspects visant à améliorer la mobilité. Il est également revenu sur ses propos cités plus haut, jugés "mal compris", au sein d'un communiqué.

"Les propos rapportés par le 20 Minutes Bordeaux et repris dans d’autres médias sont approximatifs et mal compris. L’interdiction de la voiture dans les centres-villes correspond à une vision de long terme et sur certains périmètres urbains, vision qui est déjà partagée par de nombreuses villes européennes. Pour nous, l’urgence est de mettre tout en œuvre pour proposer aux habitants des solutions alternatives."