Pour compenser la perte de ces places de stationnement, la mairie compte miser sur les parkings souterrains.

Fraîchement réélue à la tête de la mairie de Paris, Anne Hidalgo compte bien continuer ce qu'elle avait commencé lors de son premier mandat, en donnant plus de place aux piétons et aux cyclistes dans les rues de la capitale et un peu moins aux automobilistes. Après un passage, quasiment entériner, de toutes les rues de la capitale à 30 km/h au lieu de 50, c'est un nouveau coup dur pour les automobilistes qui se préparent.

En effet, pour "débitumer" la ville, David Belliard, l'adjoint à la mairie de Paris, explique vouloir supprimer des places de stationnement et miser plutôt sur les parkings souterrains. Ainsi, sur les 140'000 places de stationnement en surface que compte la ville, la mairie souhaite en supprimer 70'000. Une consultation a même été lancée à ce sujet, comme pour les 30 km/h, avec comme accroche : "Que feriez-vous de 10 m² en bas de chez vous". Effectivement, à plus de 10'000 euros le m2 dans certains quartiers de la capitale, ça a sûrement le mérite d'interpeler certains résidents.

Les habitants peuvent donc faire leurs propositions pour modifier ces places de stationnement. En parcourant le listing des idées déjà déposées, nous en avons déjà trouvé quelques-unes, parmi lesquelles : "des espaces pour faire du compost en bas de chez soi", "la pérennisation des terrasses éphémères", "des bornes de recharge pour vélos et scooters électriques". Au total, la suppression de 70'000 places en surface pourrait libérer environ 65 hectares. 

Pour justifier cette suppression, la mairie explique dans son communiqué que "pour un usage de courte durée, le coût de stationnement est globalement plus avantageux dans la rue que dans les parkings souterrains, avec une différence notable entre le centre et les arrondissements périphériques. Au-delà de deux heures, il est plus avantageux de stationner en sous-sol."

"Les tarifs très bas dans les rues dissuadent les résidents de se garer en sous-sol. Un tarif unique d’environ 40 euros par mois est très éloigné des prix pratiqués en sous-sol, en moyenne 154 euros par mois, avec de fortes disparités suivant les arrondissements". De ce fait, la différence de prix des places de parking amène à une sur-utilisation des rues de Paris.

La capitale compte environ 520'000 places de parking souterraines, appartenant à des sociétés privées, et elles sont loin d'être toutes occupées. La mairie va d'ailleurs engager une discussion avec les gestionnaires de parkings. "J'ai bon espoir que des tarifs abordables seront proposés à une partie des clients, notamment pour le résidentiel", précise David Belliard.

Après le 20 décembre, la mairie assure que des collectifs de quartier seront créés pour discuter des propositions et décider du devenir des places de stationnement. Une chose est sûre néanmoins, malgré la consultation lancée, les 70'000 places de stationnement vont bel et bien disparaître de la surface de Paris.