Luca de Meo, le nouveau patron du groupe Renault, va dévoiler la nouvelle stratégie de l'entreprise d'ici moins d'un mois.

Branle-bas de combat chez Renault. En nous rendant dans l'un des bureaux du groupe il y a quelque temps pour récupérer une voiture issue du parc presse afin de réaliser un sujet, nous croisons la route de nos interlocuteurs habituels, mais aussi de nouvelles têtes déjà connues dans le monde de l'automobile, dont Christian Stein, le nouveau directeur de la communication des marques du groupe Renault.

Ce dernier vient de chez Seat et occupait le poste de directeur général de la communication et des relations institutionnelles au niveau international. Avant lui, c'est Alejandro Mesonero-Romanos qui avait rejoint le groupe en provenance de chez Seat, tout comme Sébastien Guigues, l'ancien patron de Seat en France, qui arrive maintenant à la tête de la direction générale de Renault Ibéria.

Et le jeu des chaises musicales ne s'arrête pas là avec l'arrivée surprise de Gilles Vidal, l'ancien directeur du design de Peugeot, mais aussi d'un certain Arnaud Belloni, bien connu chez Citroën, puisqu'il a été directeur marketing pendant de nombreuses années. Il occupera désormais le même poste chez le Losange. Et avec tout ça nous aurions presque oublié le principal acteur de cette valse des talents : Luca de Meo, l'ancien patron de Seat, qui a été propulsé à la tête du groupe Renault il y a maintenant quelques mois.

Bientôt la "Renaulution"

Il fallait bien tout ce beau monde pour redresser un groupe à la dérive depuis bientôt deux ans, notamment par la disgrâce de son mentor, Carlos Ghosn, et par une dégradation de sa rentabilité. En effet, Renault a accusé une perte nette record de plus de sept milliards d'euros au premier semestre 2020. Pour redresser la barre, le nouveau capitaine italien du navire français va présenter un nouveau plan stratégique le 14 janvier prochain. Un plan stratégique baptisé "Renaulution".

Ce plan, nous en connaissons déjà les principaux contours, puisque Luca de Meo distille quelques informations au compte-gouttes depuis déjà quelques mois. Parmi celles qui ont fait le plus de bruit, nous pensons notamment au remaniement des marques, avec Alpine qui deviendra la firme sportive du groupe grâce à de nouveaux modèles en préparation, mais aussi un nouveau label pour les Renault sportives. Ce qui engendre, par conséquent, la "disparition" de Renault Sport. Ce sera d'ailleurs effectif en Formule 1 dès la saison prochaine.

À l'assaut de nouveaux segments ?

Du côté de chez Renault, même si la gamme est bien armée aujourd'hui avec une Zoé qui cartonne sur le Vieux Continent, un Arkana qui arrive bientôt en Europe et des Clio et Captur hybrides qui rencontrent un franc succès, Luca de Meo entend bien profiter de cette vague ascendante pour faire grimper Renault d'un étage via une montée en gamme. Un peu comme a pu opérer Carlos Tavares avec Peugeot il y a quelques années et son plan de relance "Back in the Race".

"J'aimerais faire monter un petit peu Renault en gamme, en suivant ce qui s'est passé chez PSA durant les cinq dernières années. Ils se sont beaucoup renforcés sur le segment C où l'on a à la fois des volumes et des marges. Quand on regarde la rentabilité à l'échelle mondiale, celle du segment C est trois fois celle du segment B", précisait il y a quelques semaines Luca de Meo à nos confrères d'Automotive News. Dans le même temps, il n'a pas caché sa volonté de privilégier d'abord les marges aux volumes.

La fin des Dacia badgées Renault sur certains marchés ?

Visiblement, le groupe PSA est une belle source d'inspiration pour Luca de Meo, qui continue dans les comparaisons en évoquant le cas de Dacia : "De l'autre côté, nous voulons que Dacia s'épanouisse comme une marque à part entière plutôt que comme sous-marque de Renault", tout en précisant que "Dacia doit rivaliser avec Citroën tandis que Renault se positionne face à Peugeot".

Tous les tenants et les aboutissants de cette nouvelle stratégie seront donc présentés au milieu du mois de janvier prochain, avec des décisions fortes permettant au groupe de redresser la barre, et surtout, à certaines marques, nous pensons notamment à Alpine, de prendre enfin un véritable envol après un merveilleux produit sorti en 2017, mais qui, depuis, attend péniblement d'autres camarades de jeux dans sa gamme.