Le directeur du groupe Renault apprécie notamment la récente politique opérée par Peugeot et sa montée en gamme.

D'ici quelques semaines, Luca de Meo, le nouveau patron du groupe Renault, dévoilera sa feuille de route pour les années à venir. Le dirigeant italien a déjà donné quelques indices concernant sa stratégie, notamment au niveau des marques, avec Alpine par exemple, qui deviendra la firme sportive du groupe grâce à de nouveaux modèles en préparation et un nouveau label pour les Renault sportives.

Du côté de chez Renault, même si la gamme est bien armée aujourd'hui avec une Zoé qui cartonne en Europe, un Arkana qui arrive bientôt en Europe et des Clio et Capture hybrides qui rencontrent un franc succès, Luca de Meo entend bien profiter de cette vague ascendante pour faire grimper Renault d'un étage.

Le groupe PSA comme modèle ?

En effet, dans à une interview accordée à Automotive News, le dirigeant souhaite une légère montée en gamme pour Renault, un peu à l'image de ce qu'est parvenu à faire Carlos Tavares avec Peugeot, en se hissant, comme Volkswagen, entre le segment des généralistes et du premium.

"J'aimerais faire monter un petit peu Renault en gamme, en suivant ce qui s'est passé chez PSA durant les cinq dernières années. Ils se sont beaucoup renforcés sur le segment C où l'on a à la fois des volumes et des marges. Quand on regarde la rentabilité à l'échelle mondiale, celle du segment C est trois fois celle du segment B", précise Luca de Meo qui, d'ailleurs, n'a pas caché sa volonté de privilégier d'abord les marges aux volumes.

Une gamme profondément remaniée ?

Qui dit montée en gamme dit évidemment nouvelles finitions, et visiblement, la gamme "Initiale Paris", qui symbolise le haut du panier chez Renault aujourd'hui, n'est pas forcément du goût du patron italien puisqu'il faudrait, selon lui, pousser le curseur un peu plus loin.

"Mon expérience m'a montré que les niveaux d'équipement qui ont une allure plus dynamique ou sportive sont plus populaires sur le marché. Je pense donc que nous devons aller dans cette direction. Une gamme Alpine pourrait être un moyen pour nous d'augmenter notre offre dans des niveaux d'équipement élevés, là où l'on gagne de l'argent. La gamme d'un modèle Renault pourrait ressembler à un 'Y' (...) avec une finition de base bien équipée qui fait beaucoup de volumes, une version d'entrée de gamme pour les flottes, puis une version sportive sur l'une des deux branches du 'Y' et une version classique et élégante sur l'autre", a détaillé Luca de Meo.

En d'autres termes, Renault pourrait s'inspirer de Mercedes et sa gamme française avec des finitions simplifiées qui s'articulent autour d'une gamme business avec la version "Business Line", un modèle aux accents sportifs avec la finition "AMG Line" et un modèle plus cossu avec la finition "Avantgarde Line". Pour ce qui est de la firme au Losange, la finition avec un look plus dynamique existe déjà avec les modèles "RS Line", mais cette version devrait rapidement changer de nom et se renommer "Alpine Line" en référence à la marque sportive du groupe.

Une nouvelle politique pour Dacia également ?

Visiblement, le groupe PSA est une belle source d'inspiration pour Luca de Meo qui continue dans les comparaisons en évoquant le cas de Dacia : "De l'autre côté, nous voulons que Dacia s'épanouisse comme une marque à part entière plutôt que comme sous-marque de Renault", tout en précisant que "Dacia doit rivaliser avec Citroën tandis que Renault se positionne face à Peugeot".

Le groupe Renault compte bien se remettre sur de bons rails avec une stratégie plus claire qu'aujourd'hui, inspirée de celle de Carlos Tavares et du groupe PSA, Luce de Meo ne s'en cache pas, et pour cela Renault a déjà entamé les grandes manœuvres en allant tout simplement piocher à la source même de son inspiration, c'est-à-dire chez PSA. Gilles Vidal, après plus de 20 ans chez PSA et dix ans à la tête du style chez Peugeot, a rejoint le groupe Renault, tandis que l'ancien directeur du marketing de Citroën, Arnaud Belloni, a suivi le même chemin.