Ce site, qui était menacé selon les syndicats, assemblera un nouveau moteur essence, en plus de la production de batteries d'ici 2023.

Stellantis, issu de la fusion des groupes PSA et FCA, avait annoncé fin février la délocalisation en Hongrie d'un moteur essence (EP) produit à Douvrin, l'une de ses implantations industrielles historiques.

De quoi susciter l'indignation des salariés et des syndicats, puisque 800 personnes ont manifesté dans cette ville du Pas-de-Calais pour défendre l'emploi et obtenir des garanties sur l'avenir du site. L'usine risquait de ne plus avoir de production d'ici à 2025, et l'usine de batteries n'absorberait pas les emplois perdus, selon eux.

En effet, le groupe a lancé sur ce site la construction avec Total, dans le cadre d'une entreprise baptisée ACC, d'une usine de batteries pour voitures électriques. Mais au-delà de cette production de batteries qui démarrera, selon Carlos Tavares, en 2023, "nous avions décidé que la future génération du moteur essence EB de génération 3 le sera sur ce site, qui a co-construit sa performance avec les partenaires sociaux", a révélé le patron de Stellantis au Figaro.

Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, dans la même interview, a salué "une excellente nouvelle pour les salariés du site". "Je tenais en effet à ce que la production du moteur EB de génération 3 soit localisée à Douvrin et à ce que les emplois industriels soient préservés sur le territoire", a-t-il ajouté.

Fondée en 1969 sous le nom de Française de Mécanique par Peugeot et la Régie Renault, Douvrin a produit plus de 40 millions de moteurs en 50 ans, dont dans les années 1970 et 1980 le célèbre moteur V6 PRV (Peugeot-Renault-Volvo).

Laurent Dubois, secrétaire de la CFTC (premier syndicat du site) et secrétaire adjoint du CSE, s'est réjoui d'une "très bonne nouvelle, car, sans cela, le site aurait été condamné en 2025, puisque nous n'aurions plus pu faire de moteurs""Cela nous permet de continuer à fabriquer des moteurs thermiques encore quelques années. On avait peur que ça s'arrête trop vite", a-t-il déclaré à l'AFP, espérant "une transition moins brutale" vers ACC. "Avec soulagement", la CFE-CGC a également salué dans un communiqué une "décision socialement responsable (qui) va permettre d'amortir le choc de la transition énergétique".

Carlos Tavares s'est voulu rassurant, affirmant au Figaro que le mouvement vers des voitures électriques représentait "en réalité une énorme relocalisation d'activité vers la France puisque ce sont des moteurs électriques, des boîtes de vitesses, des batteries qui représentent à elles seules 35 % de la valeur d'une automobile et que nous n'importerons plus d'Asie".

De son côté, Bruno Le Maire a défendu la stratégie du gouvernement, soit "des aides aux industriels en échange d'engagements de relocalisation. C'est ce que fait Stellantis à Douvrin, à Tremery ou encore à Metz ; Carlos Tavares tient ses engagements et je sais qu'il continuera à les tenir".