Face à la hausse généralisée des prix du carburant, certains pays ont du faire face à des grèves dans le domaine du transport routier. Ce fut notamment le cas en Italie il y a quelques semaines. En France, le gouvernement a rapidement réagi grâce à une aide de 0,18 euro sur le litre de carburant, évitant ainsi, pour le moment, toute forme de protestation.

Mais à l'heure de la mondialisation, ce qui ne s'est pas produit chez nous peut se produire ailleurs. C'est le cas en Corée du Sud, où, depuis près d'une semaine, les chauffeurs routiers font grève contre le prix élevé du carburant avec un impact très significatif sur la chaîne logistique locale, mais aussi mondiale.

1,2 milliard d'euros déjà perdus

En effet, l'industrie sud-coréenne, outre l'automobile, sur laquelle les conséquences mondiales s'accumulent avec celles déjà présentes, est très importante dans le secteur de l'acier, la pétrochimie, le pneumatique, les semi-conducteurs, le ciment ou encore les batteries, pour n'en citer que quelques-uns.

Dimanche 12 juin, selon Reuters, qui cite des sources gouvernementales sud-coréennes, les pertes estimées dues à la non-livraison de marchandises s'élevaient à 1,2 milliard de dollars.

Les conséquences pour l'industrie automobile

Encore un coup dur pour l'industrie automobile donc, qui, entre la pandémie et la guerre en Ukraine, souffre peut-être plus que d'autres secteurs des récents problèmes d'approvisionnement. La grève des routiers a déjà coûté à l'industrie automobile sud-coréenne quelque 5 400 véhicules en termes de perte de production, pour une valeur estimée d'environ 200 millions de dollars.

L'usine Hyundai d'Ulsan, qui produit environ 6 000 véhicules par jour, a entamé des négociations avec les syndicats. Jusqu'à vendredi dernier, la grève avait coûté au constructeur plus de 3 800 voitures pour une valeur d'environ 93 millions de dollars.

L'industrie du pneumatique souffre également

Toujours dans le domaine de l'automobile, Hankook Tire&Technology Co Ltd, fournisseur de Volkswagen et Mercedes-Benz notamment, a vu ses exportations quotidiennes chuter d'environ 50 %, selon un porte-parole également cité par Reuters.

Le ministère de l'industrie coréen a estimé qu'environ 640 000 pneus, pour une valeur d'environ 44 millions de dollars, n'ont pas pu être expédiés.

L'industrie électronique aussi en danger

Les batteries et les semi-conducteurs, composants clés pour l'automobile désormais, ne sont pas à l'abri des conséquences de la grève. Un fabricant de batteries, qui a souhaité conservé l'anonymat, a déclaré qu'il avait effectué plusieurs livraisons avant la grève par précaution, se doutant que cette grève allait encore donner du fil à retordre aux entreprises du secteur.

L'entreprise en question n'a pas subi d'interruption de sa production la semaine dernière, mais elle réévaluera le traitement de ses expéditions si la grève se poursuit. Pour ne citer que quelques chiffres : LG Energy Solution Ltd, la division batteries de SK On, SK Innovation Co Ltd et Samsung SDI Co Ltd contrôlent ensemble plus d'un quart du marché mondial des batteries pour véhicules électriques.