En juillet 1989, Peugeot présente la 605 comme successeur de la 604, qui avait déjà disparu du programme en 1986. En même temps, la 605, longue de 4,72 mètres, doit également remplacer la 505. D'une manière ou d'une autre, le 6 comme premier chiffre manifeste l'ambition de se placer tout en haut de la gamme. 

En tant que berline classique à hayon, typique de Peugeot, la 605 devait à l'origine être dessinée par Pininfarina, mais l'apparition de la Renault 25 restylée oblige Peugeot à lancer son modèle haut de gamme plus rapidement que prévu, on abandonne donc la collaboration. On retrouve cependant une petite touche de Pininfarina dans la carrosserie par la ligne latérale, très proche de celle de l'Alfa Romeo 164 dessinée par l'entreprise italienne.

Peugeot 605 (1989-1999)

Peugeot 605 (1989-1999)

Des influences de la Peugeot 405 sont également visibles (également un design Pininfarina) et la partie avant ressemble à l'étude Oxia de 1988. De plus, la 605 partage la plateforme avec la Citroën XM.

Problèmes de qualité

Pour la 605, Peugeot mise comme souvent sur le confort et la qualité de conduite, le châssis conventionnel de la 605 étant loué par la presse. Cependant, Peugeot ne tarde pas à ruiner elle-même cette bonne réputation : Dans les premiers mois, la 605 connaît de gros problèmes de fiabilité, notamment au niveau des fonctions électriques (problèmes que l'on retrouve également sur les Citroën XM). Avec son équipement complet (direction à assistance variable évoluée, sièges électriques chauffants, suspensions pilotées, OBD, etc.), la 605 établit un record de longueur de faisceaux électriques et de câblage.

Le bon démarrage commercial de la grande Peugeot part en vrille et ses défauts de fabrication ne font pas bonne impression auprès des clients sur un marché conservateur dominé par les Allemands. Peugeot s'efforce de rectifier le tir, mais trop tard : l'étiquette de voiture à problèmes colle à la 605, qui ne se vendra finalement pas très bien. Son excellente plateforme sera toutefois en grande partie reprise pour la 607 qui lui succèdera. 

Peugeot 605 (1989-1999)

Peugeot 605 (1989-1999)

Au milieu de l'année 1994, les airbags, les tendeurs de ceinture et les protections contre les chocs latéraux font leur entrée dans la série. Début 1995, Peugeot remanie l'avant et l'arrière de la 605. Le véhicule reçoit ainsi des phares avant qui semblent plus grands et des feux arrière plus sombres.

V6 européen, prototype avec V8 et 605 présidentielle

La version la plus puissante de la 605 a sous le capot un moteur V6 de 3,0 litres de cylindrée, 24 soupapes et 147 kW (200 ch). Le moteur PRV dit « V6 européen », développé en collaboration avec Renault et Volvo. Ce moteur existe également dans une version à 12 soupapes et 167 CV. Les signes distinctifs du modèle haut de gamme sont en revanche l'inscription SV24 à l'arrière et des jantes spéciales de 16 pouces.

À partir de 1997, les deux moteurs sont remplacés par un V6 3.0 plus récent avec courroie de distribution, qui ne développe plus que 190 ch. La 605 dispose également d'un moteur diesel turbocompressé à chambre de turbulence de 2,1 litres qui produit 80 kW (109 ch) avec refroidissement intermédiaire, et plus tard d'un turbodiesel de 2,5 litres développant 95 kW (129 ch). Parmi les autres moteurs figurent un moteur à essence de 2,0 litres avec turbocompresseur développant 108 kW (147 ch) et le moteur à essence atmosphérique de même cylindrée développant 89 kW (121 ch).

Peugeot 605 (1989-1999)

Que dit la presse contemporaine ? En 1990, l'ADAC fait l'éloge de l'espace disponible et du cockpit fonctionnel, ainsi que du six cylindres de la 605 SV 3.0, facile à tourner et silencieux. À l'époque, la consommation de 12,9 litres n'est pas encore critiquable. En revanche, la carrosserie peu lisible vers l'arrière et le réglage sport des amortisseurs, ajustable par simple pression sur un bouton.

En 1991, la 605 avec un V8 de 4,0 litres et une puissance de 380 ch n'est qu'un prototype. La même année, l'Elysée fait l'acquisition d'une Peugeot 605, prolongée et blindée par la société bretonne Labbé, qui deviendra plus tard Centigon. La 605 présidentielle est équipée d'un moteur V6 de 167 chevaux et dispose d'un blindage en acier à haute résistance et de vitres composées d'un mélange de verre pare-balles et de polycarbonate.

Cela se répercute sur le poids : 2 500 kg, soit 1 000 kg de plus que le modèle standard 605 V6. La berline est principalement utilisée par les chefs d'Etat invités en France, comme Mikhaïl Gorbatchev, Hosni Moubarak et le pape Jean-Paul II.

En septembre 1999, Peugeot arrête la production de la 605 après avoir produit exactement 254 461 exemplaires. Le modèle qui lui succède apparaît au printemps 2000 sous le nom de 607.