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La voiture électrique a-t-elle échoué ? Les constructeurs changent de stratégie

Honda, Mazda, Volkswagen, Stellantis, Ford et Porsche relancent les hybrides, l’essence et le diesel

La voiture électrique a-t-elle échoué ?
Photo: Motor1 Italia visual (AI-assisted)

Jusqu’à récemment, la voiture électrique « était » au cœur de la stratégie produit. Aujourd’hui, marque après marque, on observe un net retour en arrière. Et pour être clair : en décembre 2025, la Commission européenne a annoncé un assouplissement des objectifs d’émissions de CO2 prévus pour 2035.

La baisse ne serait plus de 100 %, mais de 90 %, ouvrant la possibilité de continuer à vendre un nombre limité de voitures à moteur thermique, y compris certaines hybrides, après cette date (parmi les conditions évoquées figure aussi l’utilisation d’acier vert dans la production des véhicules).

Les ventes de voitures électriques progressent, mais beaucoup moins vite qu’anticipé. Par ailleurs, les coûts de développement sont très élevés et, dans de nombreux pays, les infrastructures de recharge restent insuffisantes.

S’y ajoutent des prix élevés pour les clients et des marges réduites pour les constructeurs. Résultat : une révision générale des stratégies industrielles, qui touche des marques européennes, japonaises et américaines.

Honda, Mazda et Volkswagen lèvent le pied sur l’électrique

L’un des exemples les plus marquants de ces derniers jours est celui de Honda, qui a enregistré sa première perte économique depuis son introduction en Bourse en 1957. L’entreprise a bouclé son dernier exercice fiscal sur une perte opérationnelle d’environ 2,59 milliards de dollars, après avoir cumulé près de 10 milliards de dollars de dépréciations liées à ses projets électriques.

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Honda N-ONE e, le teaser

Photo : Honda

Dans ce contexte, le constructeur japonais a décidé de changer de cap : plus d’objectif de gamme 100 % électrique d’ici 2040, et développement de 15 nouveaux modèles hybrides d’ici 2030. Le CEO Toshihiro Mibe a résumé la situation de manière très directe :

« Nous devons stopper l’hémorragie le plus vite possible et ouvrir la voie à une croissance future ».

Mazda a également revu sa feuille de route, en misant moins sur les 100 % électriques et davantage sur les hybrides. La marque confirme l’arrivée de trois nouveaux modèles entre 2028 et 2030, en plus de la future génération du CX-5 dotée d’une technologie full hybrid attendue dès l’an prochain.

Volkswagen, de son côté, doit composer avec le retard de la future Golf électrique, un modèle clé dans le plan EV du groupe allemand. Dans le même temps, MINI a abandonné son projet de devenir une marque entièrement électrique d’ici 2030. 

<p>Honda N-ONE e, le teaser</p>

Volkswagen ID. Golf, le premier teaser

Photo : Volkswagen

Ford prépare des nouveautés à moteur thermique pour certains marchés et, en parallèle, un pick-up électrique abordable qui promet des performances de Mustang, développé avec l’appui d’experts issus d’Apple et de Tesla, avec l’objectif de rivaliser directement avec la Chine).

Ford prépare un pick-up électrique low cost qui se comporte comme une Mustang
Photo : Motor1 Italia visual (AI-assisted)

Dans le même temps, Stellantis a annoncé le retour du diesel sur certains modèles vendus en Europe dès cette année (parmi les modèles concernés : Peugeot 308, DS N°4, Opel Astra, Combo, Peugeot Rifter et Citroën Berlingo. Sont également confirmés des diesels pour DS N°7 et Alfa Romeo Tonale, Stelvio et Giulia). L’approche est multi-énergies, afin de mieux s’adapter à la demande réelle des clients et aux différences entre pays.  Concrètement, Stellantis a mis en place une architecture industrielle permettant d’utiliser une même base technique pour plusieurs motorisations, de l’essence à l’électrique, en passant par les mild hybrid, full hybrid et hybrides rechargeables.

Toyota suit une logique proche, mais construite historiquement autour de l’hybride : le full hybrid constitue le cœur de son offre européenne, aux côtés des hybrides rechargeables, des électriques et encore de certaines versions essence, afin de proposer des solutions adaptées selon les marchés et les infrastructures.

C’est ainsi que, par rapport à d’autres groupes, comme Renault (qui mise surtout sur l’électrique avec le plan « futuREady »), Stellantis et Toyota apparaissent aujourd’hui plus complets dans la couverture des différentes énergies, tandis que plusieurs marques premium revoient elles aussi les plans « tout électrique » annoncés ces dernières années.

<p>Plateforme APP Alpine</p>

Plateforme APP Alpine

Photo : Alpine

Les marques premium revoient elles aussi leur copie

Le ralentissement de l’électrique concerne en effet également les marques de luxe et sportives. Porsche a confirmé qu’elle continuerait à produire des voitures à moteur essence après 2030. Parmi les projets majeurs figure une nouvelle Macan thermique, aux côtés d’un SUV sept places, d’abord proposé avec des motorisations traditionnelles.

Rolls-Royce a ralenti ses plans d’électrification et continuera de miser sur le V12, tandis que Bentley a décidé de limiter son programme à un seul modèle électrique d’ici 2030.

<p>Les nouveautés Mercedes pour 2026 et 2027</p>

Les nouveautés Mercedes pour 2026 et 2027

Photo : Mercedes-Benz

De son côté, Mercedes prépare plus de 30 nouveautés d’ici 2027, dont beaucoup continueront d’utiliser des motorisations hybrides ou thermiques. BMW lancera quant à lui six nouveaux modèles en 2026, en maintenant une stratégie qui inclut essence, diesel, hybride rechargeable et électrique.