On a pu s’inquiéter de l’absence de plusieurs marques de renom de l’édition 2016 du Mondial de l’automobile de Paris. Motor1 est allé interroger quelques-uns des constructeurs concernés afin de mieux comprendre leurs motivations.

Ford et Mazda parmi les généralistes, Volvo du côté des constructeurs premium, Aston Martin, Bentley, Lamborghini ou McLaren chez les marques de luxe et de sport, la marque renaissante Alpine du groupe Renault ; les absents de ce Mondial 2016 sont relativement nombreux et ne passeront pas inaperçus des spécialistes ou des amateurs. Derrière ces défections, les explications sont le plus souvent nourries et logiques.

A chacun ses bonnes raisons

Chez Volvo on explique sobrement que l’on souhaite être plus proche de la clientèle pour justifier d’une absence au Mondial malgré une gamme en plein renouveau, notamment du côté du haut de gamme, S90 et V90, modèles qui certes ne représenteront probablement pas des ventes importantes dans l’Hexagone. La filiale française avance des "choix stratégiques de la direction de la marque" tout en précisant que cette absence ne préjuge en rien du Mondial de "dans deux ans".

Mazda est déjà plus prolixe. Clotilde Journé, attachée de presse de la marque japonaise en France, insiste sur "la non remise en cause de l’événement, lequel constitue une vitrine". Mazda a fait des choix en fonction des continents parmi l’offre de salons automobiles et, cette année, le Mondial de Paris n’a pas été retenu puisque l’agenda des nouveautés produit de la marque ne coïncide pas avec celui du salon automobile qui reste le plus fréquenté au monde. Mazda France cherche en outre "une autre manière d’entrer en contact avec ses clients et ses prospects, notamment à travers une opération intitulée 'Drive to store' d’abord ciblée sur Internet". Ce dispositif, dont le détail doit encore être communiqué, doit viser à sensibiliser les internautes aux atouts des véhicules de la marque et proposera ensuite diverses animations et opérations en concessions.

Clients et prospects comme leitmotiv

Une démarche à laquelle Ford n’est pas étranger non plus. Fabrice Devanlay, directeur de la communication et des relations extérieures de Ford France, rappelle que la marque américaine ne se présente plus comme un constructeur mais plutôt comme "un fournisseur de mobilité". A ce titre, la stratégie à l’égard des salons automobiles a été redéfinie. Fabrice Devanlay explique qu’en France "Ford éprouve des difficultés à mettre en avant ses forces et ses avantages et que, pour convaincre le grand public, il faut faire essayer les voitures". Ce que le Mondial ne permet pas selon Ford. "Des centres délocalisés sont mis en place afin de permettre sans pression commerciale à des clients et à des prospects de tester l’expérience de la marque", avance-t-il. Se référant à une récente opération montée par le concessionnaire de Forbach (57) avec une association caritative, il justifie d’un chiffre impressionnant d’essais en deux jours seulement : 481. Avec un taux de satisfaction à la sortie de 81 %. Il conclut, tout en excluant pas lui non plus un retour de la marque en 2018 : "le Mondial n’est pas l’outil dont Ford a besoin en France".

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Le déficit d’image, un risque calculé

Etre absent d’un Mondial, à moins d’un battage médiatique, n’est pas un gros risque, d’autant que l’exposition bénéficie avant tout, dans le cadre d’un Mondial, aux constructeurs nationaux présents dans le hall 1 du Palais des expositions de la Porte de Versailles. Chez Mazda, constructeur qui se trouve dans une position de challenger, le risque d’un déficit d’image n’est pas craint. Pour Ford, Fabrice Devanlay admet "faire un test, essayer d’être différent avec pour objectif d’améliorer la perception de la marque", sachant que c’est évidemment seulement a posteriori que les mesures d’image pourront être effectuées. Mais Fabrice Devanlay se veut rassurant : "l’absence de la marque des salons automobiles régionaux ne s’est pas traduite par un déficit d’image".

"Un salon est une plateforme"

McLaren sera également absent, "faute de nouveauté produit", justifie Amel Boubaaya, manager presse pour l’Europe. Elle pointe en outre la nécessaire adéquation entre surface proposée et emplacement dans le salon pour une marque comme McLaren en comparaison de l’investissement financier demandé. Il est vrai que la marque anglaise bénéficie par exemple au salon de Genève d’un stand plus avantageux qu’à Paris. Elle ajoute qu’un salon "est une plateforme parmi d’autres qui permet d’activer des événements afin de servir la notoriété d’une marque". 

Quelle évolution pour le Mondial ?

Entre le besoin d’être proche des clients et des prospects pour les constructeurs généralistes et un nécessaire retour sur investissement, un salon tel que le Mondial, situé presqu’en plein cœur d’une grande capitale, n’offre peut-être tout simplement plus les services et les infrastructures pour satisfaire les attentes de l’ensemble des marques. Alors que des salons tournés vers la technologie ou l’expérience se multiplient, sans doute le Mondial a-t-il besoin de se réinventer à quelques années de l’arrivée de la voiture autonome et alors que l’usage de l’automobile est en pleine mutation.

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