Véhicule à vocation mondiale, que vaut le nouveau SUV au losange ?

Présenté au Salon de Tokyo l'année passée, Renault nous présente aujourd'hui son nouveau Koleos, celui de deuxième génération, qui vient remplacer une version ayant peu convaincu l'Europe. Dans tous les cas, le Vieux Continent n'est clairement pas son marché de prédilection. Il s'agit d'un produit mondial, celui-ci sera d'ailleurs commercialisé dans 80 pays et sur cinq continents. Toutefois, répond-t-il aux exigences européennes ? Renault peut-il se permettre de commercialiser une voiture sous son badge en offrant des prestations aux antipodes des nouveaux standards européens ?

Pour un produit à vocation mondiale, étonnamment, le Renault Koleos nous a plutôt bluffé. Le marché européen étant un marché réputé difficile et exigeant, la marque au losange et ses divers collaborateurs ont su avec habileté marier la nouvelle demande mondiale avec les standards européens. Le résultat semble prometteur, sur le papier tout du moins, c'est pourquoi nous avons voulu le mettre à l'épreuve, sur les superbes routes finlandaises, afin de déterminer si oui ou non, le Koleos peut rivaliser avec les stars du segment D des SUV.

Essai Renault Koleos

Une identité affirmée

Si le Renault Koleos ne pourra dissimuler ses gènes partagés avec le Nissan X-Trail tout au long de notre essai, esthétiquement parlant, force est de constater qu'il rompt clairement avec le japonais. Avec ses 4,67 mètres de long, le Koleos vient marcher sur les plates-bandes des nouveaux Škoda Kodiaq, Peugeot 5008, ou encore des Hyundai Sante ou autre Kia Sorento. Celui-ci se démarque par un style plus marqué, bien plus affirmé que ses concurrents, hormis le Peugeot 5008 peut-être, avec une face avant et un arrière-train très robustes, qui en font sûrement l'un des SUV si ce n'est le SUV le plus statutaire du marché.

On y retrouve forcément tous les nouveaux codes de la marque au losange, initiés par le designer Laurens van den Acker. Globalement, tout y est : large calandre verticale, logo proéminent, optiques avant en forme de C, ou encore feux arrière horizontaux. Bien dessiné et surtout bien équilibré, seuls quelques détails nous font peut-être tiquer, en particulier la présence de nombreux éléments chromés - maladie des nouveaux SUV tricolores -, avec des joncs qui viennent cercler toute la partie vitrée latérale, les poignées de porte, au niveau des antibrouillards, ou encore dans le prolongement des optiques avant, jusqu'aux portières.

Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos

Un intérieur en net progression

Concrètement, Renault accuse, ou bien accusait, un sérieux retard au niveau des intérieurs par rapport à ses concurrents, même français. Il fallait réagir, cela a été fait sur les récents restylages des Clio et Captur, et il fallait confirmer sur ce Koleos. C'est chose faite, même si d'emblée nous préférons vous dire qu'il reste encore quelques plastiques durs, notamment au niveau des parties basses. L'ensemble est plutôt correct. Nous avons noté la présence de plastiques moussés sur les parties supérieures et de quelques éléments en cuir, notamment sur une de nos versions d'essai dotée de la finition "Initiale Paris" (illustrée par le Renault Koleos blanc sur nos photos).

Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos

L'ensemble est en net progrès, seul l'assemblage de quelques éléments nous a paru parfois un poil approximatif. Nous retrouvons également le système R-Link 2 au niveau de la console centrale, et contrôlable via cet écran tactile de 8,7 pouces. Si le système R-Link était reconnu comme étant l'un des meilleurs du marché, c'est un peu moins le cas sur ce Koleos. Nous avons noté quelques approximations du GPS, et la navigation entre les menus n'est pas des plus fluides. Globalement, cela reste tout de même mieux que la majorité des systèmes embarqués proposés à l'heure actuelle.

Au niveau de l'habitabilité, le Koleos fait fort, notamment pour ses occupants à l'arrière. En dépit de proposer une troisième rangée comme la majorité des SUV de segment D, aujourd'hui, Renault a fait le choix de privilégier l'espace à bord, notamment pour la seconde rangée. L'équation est d'ailleurs plutôt simple : à quoi bon proposer encore un véhicule sept places quand la gamme Renault en propose déjà deux, à savoir les Renault Grand Scénic et Espace. De ce fait, l'espace pour les passagers arrière est gigantesque, un adulte de plus d'1,80 mètre peut s'y loger largement et sans difficulté. Le coffre propose quant à lui un volume de 663 litres, soit 57 litres de moins qu'un Škoda Kodiaq (720 litres) et 117 litres de moins qu'une Peugeot 5008 (780 litres).

Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos

Sur la route : prestations mitigées

Lors de notre session d'essai, nous avons pu prendre en main les deux seules motorisations proposées au catalogue pour le moment. Le petit diesel 1,6 litre dCi de 130 chevaux associé à une boîte mécanique à six rapports, et le bloc diesel 2,0 litres de 175 chevaux, jumelé à une boîte automatique X-Tronic. À noter que le moteur de 175 chevaux peut aussi être associé à une boîte mécanique et à une transmission intégrale 4x4.

Le premier, la version de 130 chevaux, présentée en finition "Intens", est à notre goût peut-être la meilleure alternative. D'une part par son prix d'entrée plutôt flatteur, sous la barre des 30'000 euros, et par ses prestations routières plutôt correctes dans l'ensemble avec un moteur volontaire, loin d'être un foudre de guerre, mais faisant le job et se montrant assez polyvalent. En revanche, il perd un peu de son enthousiasme en raison d'une boîte de vitesses manuelle, commune au Nissan X-Trail, peu convaincante avec des verrouillages très moyens et un guidage imprécis.

Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos

En termes de confort, avec ses jantes de 19 pouces en option, le Koleos n'est clairement pas des meilleurs de son segment. Les suspensions sont assez fermes, notamment en compression, et l'assise des sièges n'arrange pas le tout puisqu'elle ne participe pas non plus au confort. En revanche, et logiquement, le Koleos prend moins de roulis en virage et s'affaisse un peu moins de l'avant par rapport à certains de ses concurrents. Concernant la tenue de route, c'est là aussi assez mitigé. Cependant, nous avons sûrement été influencés par une monte pneumatique (Goodyear Efficiency 225/55R19 99V) peu convaincante et qui manquait surtout d'un peu de grip à notre goût. Du moins pour s'affranchir des routes scandinaves.

Concernant la version de 175 chevaux, présentée en finition "Initiale Paris", et associée pour notre essai à une boîte X-Tronic (il s'agit d'une boîte à variation continue dont les rapports sont simulés en réalité), le Koleos nous a plutôt convaincus, même si l'écart de 45 chevaux entre les deux moteurs ne se fait pas vraiment ressentir, la faute aussi aux 120 kilos supplémentaires sur la balance. La bonne surprise vient de la boîte de vitesses qui, étrangement pour une boîte à variation, ne bénéficie pas de cet effet "mobylette" et s'avère plutôt souple et agréable. Globalement, nous n'avons pas noté de réelle différence avec une boîte automatique classique à convertisseur de couple ou à double embrayage.

Même s'il n'est pas parfait sous tous les angles, le nouveau Koleos répond clairement à la demande européenne

Le Renault Koleos nous a aussi étonnés en tout-chemin, avec sa version 4x4, que nous avons pu brièvement prendre en main. Sa garde au sol haute (21 centimètres), son sabot de protection à l'avant, ses porte-à-faux courts qui ouvrent ses angles (26° d'angle d'attaque, 19° d'angle de fuite) lui permettent de s'affranchir de quelques obstacles. La voiture bénéficie d'une transmission intégrale enclenchable manuellement et auto-adaptative. Comprenez par là qu'elle renvoie jusqu’à 50% du couple vers les roues arrière quand elle détecte des pertes de motricité à l'avant. S'agit-il donc d'une transmission semi-intégrale dans ce cas ? Pas vraiment, car elle permet également le blocage du différentiel afin de figer la répartition de 50% à l'avant et de 50% à l'arrière, et ce jusqu’à 40 km/h.

Essai Renault Koleos
Essai Renault Koleos

Conclusion

Disponible à partir de 29'900 euros, il faudra forcément compter un peu plus si l'on souhaite s'offrir quelques équipements supplémentaires. Concernant la version qui nous semble la plus pertinente, et qui se vendra très certainement le plus dans l'Hexagone, notre modèle d'essai s'affiche à partir de 35'600 euros avec son moteur 1,6 litre de 130 chevaux, ses deux roues motrices, et sa boîte de vitesses manuelle. Il s'agit d'une version "Intens", la finition la plus élevée disponible avec ce moteur. La finition "Initiale Paris", représentant le fleuron de la gamme, n'est disponible qu'avec le plus gros moteur de 175 chevaux.

Lire aussi :

Notre finition "Intens" offre toutefois une jolie dotation avec, de série, un écran multimédia de 8,7 pouces, une instrumentation sur écran de 7 pouces, deux prises USB, des phares 100% à diodes adaptatifs, la sellerie cuir, des sièges avant électriques, la surveillance des angles morts, ou encore la caméra de recul. Du côté des consommations, nous avons relevé une moyenne de 6,9 l/100 km avec notre modèle de 130 chevaux. Une donnée tronquée par des routes avec quelques reliefs et une conduite parfois peu conventionnelle. Gageons que l'on peut très certainement passer sous la barre des 6,0 l/100 km de moyenne en situation normale.

Quoiqu'il en soit, pour un véhicule à vocation mondiale, le Renault Koleos de seconde génération se débrouille plutôt bien et s'extirpe quelque peu des nouvelles normes européennes du segment. Il ne faut pas non plus s'attendre à un énorme bouleversement, Renault, d'ailleurs, ne compte certainement pas sur lui pour augmenter ses chiffres de vente de manière significative en France. Il offre dans tous les cas une belle alternative au Renault Kadjar. Plus soigné, mieux fini, et surtout plus habitable, le Koleos devrait sans doute convaincre quelques personnes et cannibaliser quelques clients à son petit frère.

Photos : Yann Lethuillier / Motor1.com

 

 

Points positifs Points négatifs
Boîte automatique douce et agréable Boîte manuelle imprécise
Habitabilité Quelques ajustements à l'intérieur
Moteur de 130 chevaux Suspensions assez fermes

Renault Koleos II 1,6 litre dCi 130 chevaux energy Intens

Motorisation Diesel dCi, 4 cylindres en ligne, 1598 cm³, turbo
Puissance 130 chevaux / 320 Nm
0-100 km/h 11,4 secondes
Vitesse de pointe 183 km/h
Transmission Boîte manuelle à six rapports
Type de transmission Traction
Poids 1615 kg
Volume de coffre 663 à 1677 litres
Places 5
En vente 2017
Economie de carburant Urbain : 5,1 l/100 km / Extra-urbain : 4,2 l/100 km / Mixte : 4,6 l/100 km
Prix de base 29'900 €
Prix de la version testée 35'600 €

Faites partie de quelque chose de grand