L'illusion parfaite ?

Le monde de l'automobile est actuellement à un carrefour de son histoire. À l'heure où les normes environnementales sont de plus en plus strictes, les constructeurs recèlent de stratagèmes et de nouvelles technologies afin de pouvoir prospérer. Toyota, et donc indirectement Lexus, a été l'un des précurseurs dans le domaine de l'hybridation. Aujourd'hui, la marque japonaise bénéficie d'un savoir-faire et d'une technologie éculée dans ce secteur. De ce fait, l'hybride se retrouve pratiquement dans toutes les gammes de voitures commercialisées par le constructeur, y compris les plus confidentielles.

Nous nous sommes penchés sur la Lexus RC 300h, la seule et unique déclinaison hybride de ce coupé aux allures de sportive qui est également décliné en version 200t (245 chevaux) et F (477 chevaux). Notre version 300h est la moins puissante sur le papier avec ses 223 chevaux au cumulé, mais elle est certainement la plus sobre et la plus respectueuse de l'environnement en matière d'émission de CO2. Que vaut donc ce coupé équipé d'un moteur thermique classique secondé par un moteur électrique, le tout, sous ses airs de pistard ? C'est ce que nous allons découvrir à travers cet essai.

Lexus RC 300h (2017)

Une stature d'athlète

Il n'y a pas à dire, que l'on aime ou que l'on aime pas le style de cette Lexus RC : elle en impose. Son large museau étayé d'une immense calandre caractéristique des Lexus lui confère une allure de véritable sportive. Les lignes sont très tendues, comme taillées à grands coups de serpe, des optiques acérées, une double sortie d'échappement... Globalement tous les attributs d'un coupé sportif sont réunis.

En termes de dimensions, la Lexus RC 300h culmine à 4,70 mètres en longueur, 1,84 mètre en largeur et 1,40 mètre en hauteur. Vous l'aurez compris, il ne s'agit pas de la plus compacte des hybrides et son gabarit l'empêchera parfois d'être à l'aise en milieu urbain. Néanmoins, celle-ci bénéficie d'un excellent diamètre de braquage puisque Lexus annonce 10,4 mètres. Largement de quoi compenser ses dimensions.

Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)

Il fait bon voyager à son bord

À l'intérieur, on remarque d'emblée de très bonnes choses, puis de moins bonnes. Parmi les bons côtés, on peut par exemple citer les excellents sièges de notre version d'essai qui bénéficient d'une assise moelleuse et d'un maintien tout à fait correct. On peut également citer l'instrumentation, claire et précise, qui nous permet même parfois de jouer avec la pédale de droite afin d'essayer d'être le moins polluant possible grâce à plusieurs indicateurs liés au système d'hybridation. L'insonorisation à bord est quasiment parfaite et contient magnifiquement bien les envolées lyriques du moteur et de sa boîte à variation continue.

Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)

Malheureusement, tout n'est pas rose. La console centrale est très chargée, étagée et trop anguleuse, ce qui nous fait perdre à peu près tous nos repères. La commande de l'écran centrale matérialisée par un pavé tactile est bien trop sensible, surtout quand l'ergonomie des menus de ce même écran n'est franchement pas au top. Les matériaux sont corrects mais sans plus, c'est en deçà de ce que nous présente d'une manière générale ses concurrentes allemandes.

En termes d'habilité, il ne faut pas s'attendre non plus à quelque chose d'extraordinaire étant donné la catégorie de la voiture. Les choix architecturaux des designers empiètent forcément sur l'espace à bord avec des places assises à l'arrière assez étroites. Elles conviennent pour des enfants en bas âge, mais certainement pas pour deux adultes. Le coffre bénéficie d'un volume de 340 litres. C'est faible pour une voiture de 4,70 mètres de long mais cela s'explique par la présence des batteries. Pourquoi ne pas avoir fait comme la Toyota Yaris en les plaçant sous le banquette arrière dans ce cas ? Tout simplement car un tunnel de transmission vient s'immiscer à cet endroit.

Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)

Pas sportif pour un sou

Bien qu'on pourrait croire le contraire, cette Lexus RC 300h n'est pas une sportive, loin de là. Elle laisse ça à ses deux frangines, les variantes 200t et F. Il n'y a qu'à regarder la fiche technique pour s'en rendre compte. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 8,6 secondes tandis que la vitesse maximale est de 190 km/h. Bien maigre donc pour un coupé de cette allure. Sous son capot se cache un bloc quatre cylindres 2,5 litres de 181 chevaux et 221 Nm de couple associé à un moteur électrique synchrone à aimant permanent qui développe 143 chevaux et 300 Nm de couple. Au cumulé, cela nous donne la bagatelle de 223 chevaux.

Cette Lexus RC 300h se conduit à l'allure d'un sénateur, c'est-à-dire qu'elle s'apprécie vraiment à faible vitesse ou bien à allure stabilisée.

En ville, ce coupé bourgeois se fond admirablement bien dans le traffic et se distingue par une utilisation en tout électrique jusqu'à environ 30 km/h. Une fois les batteries − rapidement − vidées (mais aussi rapidement remplies grâce à la récupération d'énergie au freinage ou à la levée de pied), le moteur thermique reprend le dessus. Celui-ci s'avère assez discret jusqu'au moment où la boîte automatique à variation continue s'octroie quelques pénibles montées en régime quand on souhaite augmenter le rythme. Cette Lexus RC 300h se conduit à l'allure d'un sénateur, c'est-à-dire qu'elle s'apprécie vraiment à faible vitesse ou bien à allure stabilisée. Son excellente confort de suspension (suspensions pilotées de série à partir de la finition F Sport), son châssis relativement bien tenu et son insonorisation permettent vraiment de s'accorder de longs voyages à son bord, sans fatigue apparente.

Une fois que l'on augmente le rythme, ça se gâte un peu. Honnêtement, elle n'est pas vraiment faite pour ça, les modèles 200t et F s'y accordent mieux. Néanmoins, la boîte à variation continue retombe dans ses travers et s'avère complètement dépassée en conduite soutenue avec des montées en régimes sonores et des passages lents. Le tarage des suspensions souple et le moteur de 2,5 litres posé sur le train avant font engendrer à la voiture un léger affaissement sur ses appuis au freinage et en entrée de courbe. Rien de rédhibitoire cela dit.

Lexus RC 300h (2017)
Lexus RC 300h (2017)

Avec 1736 kilos sur la balance, cela annihile toute forme de sportivité. Même avec les modes "Sport" et "Sport +" enclenchés, la Lexus RC 300h reste un coupé embourgeoisé qui n'aime pas vraiment qu'on le malmène. Sa direction bien trop démultipliée ne permet pas d'adopter une allure soutenue comme il se doit, les mains sont encore bien trop souvent braquées en sortie de courbe pour s'autoriser un kick down sur la pédale de droite. Vous l'aurez compris, il ne s'agit pas d'une machine à sensations, loin de là, mais d'une vraie voiture confortable qui conviendra parfaitement à une clientèle ayant la fibre écologique tout en voulant évoluer dans le flux de la circulation avec une auto de caractère.

Conclusion, prix et consommations

Disponible à partir de 52'890 euros, la Lexus RC 300h n'a pas vraiment de concurrence. Ses seules rivales seront l'Audi A5 Coupé, la BMW Série 4 et la Mercedes Classe C Coupé. Toutes plus courtes d'environ huit centimètres en moyenne, la triplette allemande ne bénéficie pas de déclinaisons hybrides pour le moment. Seules leurs variantes diesels peuvent éventuellement concurrencer la japonaise. À ce propos, comme à l'accoutumée chez les marques asiatiques, Lexus propose pratiquement tous les équipements de série suivant les finitions là où les allemandes vont avoir tendance à facturer la moindre petite chose supplémentaire, même en haut de gamme parfois.

Lire aussi :

Autrement dit, pour notre version d'essai équipée de la finition F Sport Executive facturée un peu plus de 60'000 euros, il ne restera plus grand chose à ajouter en termes d'équipements supplémentaires. En moyenne, la Lexus RC s'affiche 10% en dessous de ses principales concurrentes à niveau d'équipements quasiment équivalent. Seule l'Audi fera mieux en raison de son récent renouvellement et de ses technologies plus avancées. Concernant les consommations, c'est une nouvelle fois en l'avantage de notre RC avec une moyenne relevée autour de 6,0 l/100 km, sans vraiment ménager notre monture. Sans compter notre utilisation en tout électrique pendant la majeure partie de nos trajets urbains.

Vous l'aurez compris, la Lexus RC 300h n'est certainement pas une voiture à oublier malgré un blason bien moins parlant et connu que ceux qui dominent le segment. Cette déclinaison hybride devrait représenter 95% des ventes de Lexus RC en France. Le reste sera partagé entre le modèle 200t qui conviendra aux allergiques à l'hybride et une version F animée par un V8 5,0 litres atmosphérique qui enchantera de par ses vocalises et ses performances les amateurs de GT "à l'ancienne".

Photos : Yann Lethuillier / Motor1.com

 
Points positifs Points négatifs
Design spectaculaire Places arrière exigües        
Confort et insonorisation Ergonomie à l'intérieur
Utilisation en milieu urbain Performances moyennes

Lexus RC 300h F Sport Executive - 2,5 litres Hybride 223 chevaux BVA

Motorisation Essence, 4 cylindres en ligne, 2494 cm³, atmosphérique (181 ch / 221 Nm)
Moteur électrique Synchrone à aimant permanent (143 ch / 300 Nm)
Puissance 223 chevaux
0-100 km/h 8,6 secondes
Vitesse de pointe 190 km/h
Transmission Boîte automatique à variation continue - CVT
Type de transmission Propulsion
Poids 1736 kg
Volume de coffre 340 litres
Places 4
Economie de carburant Urbain : 5,1 l/100 km / Extra-urbain : 5,0 l/100 km / Mixte : 5,0 l/100 km
En vente 2016
Prix de base 52'890 €
Prix de la version testée 61'805 €

Essai Lexus RC 300h (2017)