Une Volvo qui s'attaque aux Audi RS et autres Mercedes-AMG ? Pas vraiment, même si la fiche technique est pour le moins alléchante.

Vous êtes à la recherche d'une berline quatre places sportives avec une sonorité rauque et puissante, qui offre des sensations à chaque sortie de virage et qui peut potentiellement faire de la piste ? Passez votre chemin. Volvo n'a pas construit sa réputation autour des voitures sportives, malgré son label Polestar qui, auparavant, caractérisait les voitures sportives de la marque et qui, maintenant, navigue entre deux eaux en étant à la fois une marque à part entière, mais aussi un gage de sportivité électrique du côté de chez Volvo. En attendant que tout cela se lisse un peu, Volvo nous offre aujourd'hui la possibilité de prendre en main durant plusieurs jours sa nouvelle S60 Polestar Engineered, qui n'est autre que la S60 la plus puissante de la gamme avec 405 chevaux sous le capot. Juste en-dessous, il y a un modèle badgé S60 T8, avec la même motorisation, mais avec des réglages moins axés sur la sportivité et 15 chevaux de moins sous le capot.

Volvo n'est pas non plus tout à fait novice en matière de sportivité. Avant cette version S60 Polestar Engineered, la précédente génération a eu le droit à une version Polestar entièrement thermique, mais qui est restée relativement confidentielle en France. Équipée d'un quatre cylindres turbo de 367 chevaux aux vocalises très marquées, elle est aujourd'hui quasiment l'antithèse de la nouvelle S60 Polestar. Encore avant la précédente S60 Polestar, il y a même eu la S60 R de 2003 et son cinq cylindres de 300 chevaux, une auto au fort tempérament qui pouvait même accrocher une Porsche 911 Carrera de l'époque en matière d'accélérations. Mais elle n'a évidemment pas eu le succès qu'elle aurait pu mériter par rapport aux grosses cylindrées allemandes.

Volvo S60 Polestar Engineered
Volvo S60 Polestar Engineered

Un marché encore embryonnaire

À l'heure où nous écrivons ces lignes, la Volvo S60 est la seule voiture de sa catégorie à être proposée en hybride rechargeable. Par catégorie, nous entendons bien là celle des berlines à vocation sportive. Si ce n'était pas le cas, nous aurions pu aussi citer la BMW 330e, mais nous ne pouvons pas vraiment dire qu'elle boxe dans la même catégorie en termes de performances par rapport à notre Volvo. Justement, sous le capot de notre Suédoise, que retrouve-t-on ? Un quatre cylindres de 2,0 litres de cylindrée qui développe pas moins de 318 chevaux grâce à un turbo et un compresseur.

Avec autant d'artifices pour une si "petite" cylindrée, nous nous demandons toujours comment cela va vieillir dans le temps, mais c'est encore trop tôt pour en parler. Le bloc thermique est secondé par un moteur électrique de 87 chevaux, lui-même alimenté par une batterie lithium-ion fournie par LG d'une capacité de 11,6 kWh. L'autonomie en tout électrique est d'environ 50 kilomètres. Dans les faits nous sommes plutôt à 35-40 kilomètres en utilisation classique. Ça reste toutefois convenable pour un usage urbain et même extra-urbain quotidien, sans jamais déclencher le moteur thermique. La petite batterie peut être rechargée en seulement 3 heures sur une prise secteur classique.

Volvo S60 Polestar Engineered

Des réglages spécifiques

Techniquement parlant, la Volvo S60 Polestar Engireered repose sur la plateforme modulaire de la marque, à savoir la CMA avec, à l'avant, du très classique McPherson et à l'arrière du multibras, comme pratiquement toutes les berlines premium du moment. Pour notre version Polestar, il y a eu toutefois quelques améliorations avec des freins Brembo et des amortisseurs Öhlins réglables, mais uniquement en atelier, comme sur l'ancienne S60 R. C'est dommage, et nous pensons que peu de clients auront cette initiative. Volvo oblige, tout ça est jumelé à des systèmes d'aides à la conduite omniprésents : freinage automatique d'urgence, aide au maintien dans la file ou encore régulateur de vitesse adaptatif. Dans les faits cela fonctionne plutôt bien, nous aurions toutefois aimé avoir un système de centrage dans la voie pour éviter cet effet de cymbale dès que nous approchons un peu trop près de la ligne blanche.

Volvo S60 Polestar Engineered
Volvo S60 Polestar Engineered

Sportive ? Dynamique ? Confortable ? Les trois à la fois ?

La Volvo S60 est évidemment une bonne voyageuse, mais est-elle une bonne sportive ? Sportive, ce n'est pas vraiment le mot qui nous viendrait à l'esprit après plus de 1000 kilomètres à son volant. Même avec une fiche technique qui fait envie, grâce notamment à un 0 à 100 km/h abattu en 4,4 secondes et une vitesse maximale de 250 km/h, il manque franchement un petit supplément d'âme pour la caractériser de sportive. Il faut dire qu'avec plus de deux tonnes sur la balance, difficile de faire des miracles, même avec plus de 400 chevaux. En termes de performances, c'est bien évidemment très bon, les accélérations sont franches, les reprises également, dommage que la sonorité du quatre cylindres soit assez quelconque et surtout étouffée par le filtre à particules et le turbo. La précédente Volvo S60 sonnait clairement mieux. Concernant la boîte de vitesses automatique fournie par Aisin, celle-ci fait preuve d'une parfaite douceur en conduite coulée, par contre, elle montrera rapidement ses limites en conduite dynamique et fera preuve d'une certaine lenteur au moment de passer le bon rapport au bon moment.

En usage urbain, la voiture s'avère plutôt confortable de prime abord, mais aux premières compressions nous remarquons rapidement la dureté de l'amortissement qui peut parfois même être un peu cassant. Tout s'adoucit ensuite sur autoroute, mais de toute évidence les amortisseurs ont été réglés de sorte à avoir une voiture plus ferme qui vire à plat à chaque virage. Effectivement, avec, encore en plus, une transmission intégrale en raison d'un bloc thermique qui alimente les roues avant et un électrique situé sur l'essieu arrière qui envoie sa puissance aux roues arrière, nous ne nous attendions pas à une ballerine. Dès les premiers virages, la S60 Polestar s'est voulue rassurante, voire même trop rassurante, puisqu'impossible à prendre en défaut. Et si vous y parvenez, vous aurez le droit à une once de sous-virage. Nous avons connu plus amusant. D'un autre côté, en rentrant un peu fort en courbe, en remettant les gaz un peu trop tôt et un peu trop fort, ou même en freinant bêtement en plein virage, bien malin celui qui arrivera à tromper la vigilance de notre Suédoise.

Volvo S60 Polestar Engineered

De belles prestations mais...

Si nous regrettions les suspensions un peu trop sèches un peu plus haut, en conduite dynamique nous sommes plutôt convaincus, avec des mouvements de caisse bien maintenus, tout ça agrémenté d'un groupe motopropulseur qui ne manque pas de vigueur. Pour stopper nos ardeurs, les freins Brembo assurent un mordant et une endurance rare, très rare d'ailleurs puisque seul Mercedes-AMG propose peut-être un type de freinage aussi convaincant sur une voiture de cette catégorie et de ce niveau de puissance. Parmi les griefs que nous pouvons lui dresser néanmoins, nous pouvons, par exemple, évoquer sa direction bien trop imprécise au niveau du point milieu et surtout trop peu informative pour vraiment donner des sensations à son conducteur. Si, dans une BMW M3, la direction guide avec précision le train avant, à bord de la Volvo c'est plutôt l'effet inverse qui se produit et on se retrouve parfois à surbraquer au moment d'aborder une courbe.

Volvo S60 Polestar Engineered
Volvo S60 Polestar Engineered

La délicate question du prix

Vient alors la question tant attendue : combien ça coûte ? Nous serions tentés de dire qu'elle n'est pas si chère pour une voiture de 405 chevaux et hybride qui plus est. Effectivement, notre version d'essai, bardée d'options, est affichée à 78'030 euros, sans malus écologique à ajouter à la facture finale. Pour avoir accès à ce type de voiture chez un constructeur allemand, avec le malus écologique français, il faut facilement compter sur 15'000 à 20'000 euros de plus.

Qui dit hybridation dit aussi consommations, et au terme de nos 1000 kilomètres d'essai façonnés de 40 % d'autoroute et de 60 % d'urbain et de périurbain, nous avons relevé une consommation moyenne de 9,2 l/100 kilomètres, et c'est franchement raisonnable pour une voiture de plus de 400 chevaux. Finalement, si cette Volvo S60 Polestar Engineered n'est pas une machine à sensations comme peut toutefois laisser présager sa fiche technique, elle est une excellente voiture à tout faire tout en conservant une ligne absolument splendide et un intérieur tout à fait au niveau des standards du premium.

 
Points positifs Points négatifs
Design clairement réussi Confort assez moyen avec les amortisseurs Öhlins
Prix plutôt contenu pour les prestations Direction atone
Performances plus que correctes Comportement dynamique plutôt relatif

Volvo S60 Polestar Engineered

Motorisation Essence, quatre cylindres en ligne, turbo, 1969 cm³
Puissance 318 chevaux (à 6000tr/min) + 87 chevaux
Couple maximum 430 Nm (à 4500 tr/min) + 240 Nm
Batterie Lithium-ion (11,6 kWh)
Distance en mode électrique 48 kilomètres
Type de charge Wallbox / Prise domestique
Temps de charge Prise domestique 230 volts : 3 heures
0-100 km/h 4,4 secondes
Vitesse maximum 250 km/h
Transmission Boîte automatique à huit rapports - Geartronic
Type de transmission Intégrale
Poids 2050 kg (à vide)
Volume de coffre 390 litres
Places 5
Economie de carburant Mixte : 2,1 l/100 km
Émissions 48 g/km de CO2
En vente 2019
Prix de base 67'600 €
Prix de la version testée 78'030 €

Galerie: Essai Volvo S60 Polestar Engineered