Avec un style assez clivant et l'accent clairement mis sur le confort, la Citroën C4 ne va pas forcément plaire à tout le monde.

Lancée en 2004, la Citroën C4 n'a cessé d'évoluer, parfois en s'assumant pleinement, parfois en se cherchant un peu plus. Mais une chose est sûre, les dernières générations n'ont pas forcément laissé indifférent. La première jouait sur deux tableaux avec une version cinq portes tout en rondeur, tandis que le modèle coupé apportait un style un peu plus dynamique.

Puis il y a eu la seconde génération qui est apparue en 2010, un modèle beaucoup plus consensuel et presque un peu trop sage. Pas vraiment "Citroën" en somme. En 2014, la C4 "classique" a vu une cousine débarquée, la C4 Cactus, une voiture à la croisée des chemins entre berline et SUV, même la marque avait un peu de mal à la positionner dans un segment. Puis il y avait ce style, très clivant, qui a sûrement rebuté plus de clients qu'il en a séduit, en témoignent les chiffres de ventes pas franchement en corrélation avec ceux espérés.

En pratiquement six ans de carrière, Citroën aura écoulé 440'000 C4 Cactus à travers le monde, bien loin des plus de 600'000 C4 de seconde génération vendues entre 2010 et 2018. En 2020, tout change, le Cactus disparaît, l'ancienne C4 n'est plus au catalogue depuis deux ans, et une nouvelle mouture pointe le bout de son nez.

Essai Citroën C4 (2021)

Une Citroën dans l'âme... et dans le style !

Cette nouvelle Citroën C4, aussi bien disponible en thermique qu'en électrique, vient, comme le Cactus, inaugurer le style des prochaines Citroën, sans toutefois trop bouleverser les codes esthétiques de la marque. Son dessin est aujourd'hui plus assumé, les designers ont ressorti les règles et les équerres pour donner un peu plus de caractère à cette Citroën par rapport au reste de la gamme.

Le résultat est une nouvelle fois assez clivant. Certains y verront un petit côté torturé dans les lignes, un peu comme certaines voitures japonaises, notamment avec ces optiques arrière très travaillées, d'autres y verront encore une voiture à la croisée des chemins entre SUV et berline. Sauf que cette fois-ci Citroën l'affirme : c'est bien une berline compacte. Puis, comme nous l'a signalé de manière amusante l'un des designers de cette Citroën C4 pendant la présentation, "si nous voulons en faire une version SUV, nous n'avons qu'à y rajouter des barres de toit !".

Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)

En attendant donc les barres de toit et une version plus baroudeuse, car il suffirait de pas grand-chose pour y arriver, la nouvelle C4 n'a rien à voir avec le Cactus. Sa longueur pointe à 4,36 mètres, soit 19 centimètres de plus que le Cactus. La hauteur culmine quant à elle à 1,52 mètre, c'est un peu plus haut qu'une berline compacte traditionnelle, ce qui lui donne donc cette impression de robuste que les clients apprécient tant.

Mais pour ne pas tomber dans le même piège que le Cactus, les designers ont intégré une chute de pavillon plus prononcée lui donnant petit un aspect dynamique. La voiture bénéficie d'ailleurs d'un aéro très travaillé avec un Cx de seulement 0,29, une caractéristique aujourd'hui indispensable pour gagner le moins gramme de CO2 et quelques kilomètres d'autonomie pour la version électrique.

Essai Citroën C4 (2021)

Un habitacle qui souffle le chaud et le froid

À bord de la Citroën C4, c'est plutôt mitigé avec une présentation générale un peu triste, beaucoup de matériaux sombres et des plastiques de qualité moyenne. Globalement, une Peugeot 308 âgée aujourd'hui de sept ans est plus soignée. L'ergonomie est en revanche bien travaillée avec le retour des commandes de climatisation physiques et de petites molettes en lieu et place de l'ancien système où il fallait tout régler avec l'écran tactile peu réactif.

L'écran justement, lui aussi gagne en ergonomie avec des menus nettement mieux rangés. Il est aussi un peu moins lent que sur les autres modèles du groupe PSA, mais le GPS accuse toujours quasiment dix ans de retard. Nous retrouvons, en lieu et place du système d'instrumentation classique, un écran de cinq pouces qui nous donne la vitesse, la consommation et... c'est à peu près tout.

Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)

En termes d'habitabilité, la Citroën C4 fait office de bon élève avec beaucoup de rangement, 16 zones au total, et quelques éléments pratiques comme un porte tablette digitale face au passager. À l'arrière les occupants seront bien traités avec pas mal d'espace aux jambes grâce à un empattement étiré. La garde au toit est en revanche un peu plus discutable en raison de la chute du pavillon, mais elle ne dérangera que les plus grands. Le coffre est annoncé à 380 litres, soit dans la moyenne du segment, et peut culminer jusqu'à 1280 litres. Bonne nouvelle, la version 100 % électrique bénéficie de la même contenance.

Nous retrouvons également les excellents sièges "Advanced Confort", matelassés en surface, qui bénéficient d'une mousse de quinze millimètres d'épaisseur. Au cœur des sièges, les ingénieurs ont intégré une mousse à haute densité permettant de garantir un confort optimal dans le temps et en évitant l'effet de tassement après de longues heures de conduite. Le confort postural est aussi un élément soigné par Citroën grâce à une assise et un dossier larges bénéficiant d'un maintien renforcé. Seul défaut, le maintien latéral est assez moyen, notamment en conduite dynamique.

Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)

Primauté au confort

Et ça tombe presque bien parce que la Citroën C4 n'est pas une voiture dynamique. En tout cas sa version thermique l'est moins que le modèle électrique que nous avons essayé également. Pour retrouver toute la gamme des moteurs et les finitions de la Citroën C4, n'hésitez pas à consulter notre article dédié.

Pour notre essai à l'ouest de Paris, nous avons eu le droit à une version essence trois cylindres 1,2 litre PureTech de 155 chevaux et 240 Nm de couple associée à une boîte automatique EAT à huit rapports. Avec notre finition "Shine Pack" et quelques options, notre modèle d'essai s'affiche à plus de 30'000 euros, sans oublier un malus d'une centaine d'euros à ajouter. Il s'agira, or électrique, de la version la plus onéreuse de la C4. Les clients français se tourneront plutôt sur un modèle essence de 130 chevaux avec une boîte manuelle, plutôt bien équipé, qui s'échange contre environ 27'000 euros.

Le moteur de notre version d'essai est plutôt convaincant, comme tous les trois cylindres il a du punch à bas régime mais s'essouffle rapidement au-delà de 5000 tr/min. D'une manière générale personne ne l'emmènera jusqu'ici puisqu'il est assez bruyant et, comme nous allons le voir, contrairement à une Peugeot 308, la C4 n'aime pas forcément qu'on la cravache. Sur notre parcours d'essai, en adoptant une conduite plus souvent coulée que dynamique, nous avons relevé environ 7,5 l/100 kilomètres.

Essai Citroën C4 (2021)
Essai Citroën C4 (2021)

En effet, chacun son territoire chez PSA. Quand Peugeot fait l'éloge du dynamisme, Citroën préfère jouer la carte du confort, une caractéristique ancestrale qui colle à la peau de la marque depuis des décennies. Et dans ce domaine la C4 ne déçoit pas, c'est clairement la voiture la plus confortable de sa catégorie grâce notamment à ses fameuses suspensions à butées hydrauliques, qui ne sont pas pilotées, et qui offrent un confort absolument remarquable.

Le revers de la médaille c'est évidemment le dynamisme, et malgré un mode "Sport" qui semble vouloir camoufler le tout en rendant la direction plus précise, beau subterfuge, les suspensions n'étant pas pilotées, elles restent typées confort.

Et il suffit de rentrer un peu trop fort dans un virage pour que le train avant soit vite dépassé. Étrange pour une voiture qui ne souffre pas d'un poids conséquent, avec 1299 kilos à vide sur la balance en l'occurrence. La prise de roulis est prononcée, la direction tente tant bien que mal de donner du ressenti à son conducteur mais rien n'y fait, la C4 est faite pour évoluer à un rythme de sénateur.

Essai Citroën C4 (2021)

Positionnement marqué et prix attractifs

Disponible à partir de 20'900 euros, la Citroën C4 est affichée à des prix plutôt attractifs pour ce qu'elle propose. À environ 28'000 euros, vous aurez le droit à une version bien équipée avec pas moins de 20 aides à la conduite, un moteur plutôt convaincant et une boîte automatique plutôt bien gérée. Et surtout à la berline compacte la plus confortable du marché

Le plus malin dans tout ça, c'est que cette Citroën C4 va devenir la parfaite alternative à la prochaine Peugeot 308. L'une jouera sur le tableau des berlines qui se la jouent baroudeuses, tandis que la seconde, qui sera présentée d'ici le début de l'année prochaine, misera sur le dynamisme et le plaisir de conduire. Et en matière de motorisations alternatives, la C4 sera celle sur qui il faudra se tourner pour un modèle 100 % électrique, tandis que la 308 endossera le rôle de la compacte hybride rechargeable.

 
Points positifs Points négatifs
Confort absolument remarquable Ambiance à l'intérieur un peu triste
Habitabilité au rendez-vous Manque de maintien latéral pour les sièges
Tarifs plutôt attractifs Interface de l'écran un peu datée

Galerie: Essai Citroën C4 (2021)

Citroën C4

Motorisation Essence, 3 cylindres en ligne, 1199 cm³, turbo
Puissance 155 chevaux
Couple maximum 240 Nm
Transmission Boîte automatique à huit rapports - EAT8
Type de transmission Traction
Longueur 4,36 mètres
Largeur 1,80 mètre
Hauteur 1,52 mètre
Poids 1299 kg (à vide)
Volume de coffre 380 à 1280 litres
Places 5
Economie de carburant Consommation moyenne : 7,5 l/100 km
Émissions 141 g/km de CO2
En vente 2021
Prix de base 20'900 €
Prix de la version testée 31'750 €