Après un tour du monde, le Renault Arkana arrive enfin sur notre sol et se présente comme le premier SUV coupé français.

Les SUV coupés occupent le paysage automobile premium depuis maintenant quelques années. Cette carrosserie, démocratisée majoritairement grâce au BMW X6, est désormais plébiscitée par des SUV de quasiment tous les segments.

Le dernier à avoir dégainé, c'est Volvo avec le C40, un modèle dérivé du XC40 que nous connaissons déjà. Mais avant lui, nous avons eu le droit aux Audi Q3 et Q5 Sportback, aux Mercedes GLC et GLE coupés ou encore aux BMW X2 et X4.

Tous ces modèles appartiennent à la catégorie des véhicules premium, et nous en venions à nous demander quand cette mode allait arriver du côté des constructeurs généralistes, notamment chez les Français. Si Citroën et Peugeot semblent prendre leur temps, Renault ne s'est pas non plus pressé, mais la marque dégaine enfin son premier SUV coupé, à savoir le Renault Arkana.

Essai Renault Arkana (2021)

Après un tour du monde, direction la France

C'est à se demander pourquoi la marque a tant tardé à proposer ce type de carrosserie en France, notamment pour contrer un Peugeot 3008 qui enterre littéralement le Renault Kadjar en termes de ventes depuis bientôt cinq ans. Le Renault Arkana est déjà disponible depuis 2019 en Russie, son marché de prédilection, mais il ne s'agit pas vraiment du même produit vendu chez nous.

L'Arkana russe repose sur une plateforme de Dacia Duster avec une fabrication locale pas vraiment aux standards de ce qu'attendent les clients européens. D'ailleurs, Renault nous précise qu'il n'y a que 5 % de pièces communes entre l'Arkana vendu en Russie et celui vendu dans nos contrées. Les 5 % étant le pavillon et quelques autres éléments infimes.

Essai Renault Arkana (2021)
Essai Renault Arkana (2021)

Après la Russie, le Renault Arkana a continué sa tournée mondiale avec une industrialisation et une commercialisation en 2020, en Corée-du-Sud, sous le nom "Samsung XM3", une marque du groupe Renault. Cette version n'a plus rien à voir avec l'Arkana russe, puisqu'elle repose sur la plate-forme moderne CMF-B de l’alliance Renault-Nissan, la même que sur le récent Renault Captur. Et c'est ce modèle, rebadgé Renault, pour le Vieux Continent qui est aujourd’hui importé en Europe depuis Busan, en Corée-du-Sud, au même titre que le Koleos, avec quelques légères modifications pour satisfaire à la clientèle européenne. Quelle aventure.

Si l'Arkana repose sur une plateforme de Captur, il est tout de même plus long de huit centimètres par rapport au Kadjar et culmine à 4,57 mètres. Il se démarque du Kadjar par une silhouette de SUV coupé, et même s'il repose sur une plateforme du segment inférieur (étirée de 34 centimètres), ce modèle viendra jouer des coudes sur le segment très concurrentiel des SUV compacts généralistes. Malgré tout, en dépit des effets de style pour jouer sur le segment du dessus, il ne peut pas cacher le fait qu'il soit un peu plus étroit que la concurrence.

Essai Renault Arkana (2021)

À bord du Renault Arkana

À l'intérieur, la planche de bord est reprise du Captur et non pas du Kadjar. Et même si le Captur occupe le segment du dessous, c'est une bonne nouvelle puisque le petit SUV tricolore est plus récent que le Kadjar. Il est surtout aussi mieux fini, ce qui octroie donc à l'Arkana une présentation plutôt flatteuse, comme en témoigne notre version d'essai "R.S. Line" aux attributs légèrement sportifs. L'ergonomie est plutôt correcte, on apprécie la commande de climatisation encore physique et non pas cachée dans de multiples sous-menus de l'écran tactile.

Essai Renault Arkana (2021)

L'écran tactile "Easy Link" de 9,3 pouces offre une ergonomie relativement correcte avec des menus assez intuitifs. Les graphismes sont de qualité moyenne et la navigation entre les menus est assez lente, mais rien d'insupportable en comparaison du système proposé sur certains modèles PSA. Un deuxième écran de 10,25 pouces vient se positionner sous les yeux du conducteur et permet d'avoir accès aux informations de conduite, comme sur le Captur.

Essai Renault Arkana (2021)
Essai Renault Arkana (2021)

À l'arrière, les passagers seront plutôt bien accueillis avec suffisant d'espace pour les grands gabarits. La garde au toit est bonne, même pour les plus grands, mon mètre 82 était plutôt à l'aise, et même avec quelques centimètres en plus, il y avait encore de la marge. En revanche, l'assise est trop ferme à nos yeux.

Petite astuce également pour compenser le manque de largeur de la voiture souligné plus haut, les ingénieurs ont creusé les panneaux de portes à l'arrière pour laisser plus d'espace aux coudes. Du côté des équipements, pas de faux pas, les passagers au rang 2 ont le droit à des réglages de climatisation et à deux ports USB. Comme pour les Renault Kadjar et Peugeot 3008, oubliez la troisième place au centre, elle vous dépannera sur de cours trajets, mais rien de plus.

Le volume du coffre est plutôt correct pour un SUV coupé de segment C. Il est annoncé à 513 litres pour les versions purement thermiques, soit quasiment autant qu'un Kadjar ou qu'un 3008, et 438 litres pour la version hybride. La modularité est au rendez-vous avec un coffre à double niveau qui permet un plancher affleurant au seuil de chargement.

Essai Renault Arkana (2021)
Essai Renault Arkana (2021)

De l'essence, de l'hybride, mais pas de diesel

Il n'y aura pas de diesel au catalogue, le choix se limitera à deux moteurs au début, à savoir le très classique quatre cylindres 1,3 litre TCe de 140 chevaux qui sera, pour la première fois, doté d'une hybridation légère. L'autre moteur proposé sera hybride, puisqu'il s'agira ni plus ni moins de la version E-Tech que nous avons déjà pu découvrir sur la Clio. Ainsi, un quatre cylindres 1,6 litre atmosphérique est associé à un moteur électrique pour une puissance de 145 chevaux, soit cinq chevaux de plus que sur la Clio E-Tech, et la possibilité de rouler à certains moments en mode tout électrique.

Pour ceux voulant une motorisation plus véloce, l'Arkana sera disponible en France, un peu plus tard, avec un bloc essence 1,3 litre TCe de 160 chevaux qui sera, là encore, disponible avec une micro-hybridation. Si l'Arkana russe, qui repose là-bas sur la plateforme du Dacia Duster, bénéficie de quatre roues motrices, ce ne sera pas le cas en Europe, car la plateforme CMF-B ne peut pas recevoir de transmission intégrale.

Essai Renault Arkana (2021)

Au volant du Renault Arkana

Notre modèle d'essai est donc équipé du quatre cylindres 1,3 litre de 140 chevaux et 260 Nm de couple indexé à une boîte robotisée EDC à double embrayage à sept rapports. Ce bloc est doté d'une micro-hybridation permettant d'assister le moteur sur les phases de relances et d'abaisser, autant que faire se peu, les consommations et les émissions de CO2.

Dans les faits, cette alliance moteur/boîte nous a plutôt convaincus avec du punch à bas et mi-régime, et des performances plutôt correctes pour un SUV. Il faut dire que l'Arkana n'est pas une enclume pour sa catégorie, avec "seulement" 1336 kilos à vide, soit 100 à 200 kilos de moins, selon les équipements et les motorisations, qu'un Kadjar. De ce fait, comme Renault l'a annoncé, l'Arkana est typé plutôt dynamique avec des commandes fermes et consistantes. Les prestations dynamiques de l'Arkana collent plutôt bien à sa silhouette suggestive.

Essai Renault Arkana (2021)
Essai Renault Arkana (2021)

Sans être aussi homogène qu'un Peugeot 3008 en matière de confort et de dynamisme, le Renault Arkana parvient à allier ces deux critères avec, cependant, quelques petites réactions sèches en compression aux saignées un peu trop prononcées. Mais globalement, l'Arkana rompt avec la mollesse d'un Kadjar et sera beaucoup plus sympa à conduire grâce à un roulis mieux maîtrisé et des réactions plus franches.

Renault a également intégré de multiples assistances, notamment sur les finitions supérieures, avec "l'assistance autoroute et trafic" qui associe le régulateur de vitesse adaptatif avec fonction Stop&Start et l'aide au maintien dans la file pour proposer une conduite semi-autonome de niveau 2. Nous retrouvons également la surveillance des angles morts, la caméra à 360 degrés, le détecteur de véhicules en marche arrière ou encore l'aide au stationnement automatique.

Sur notre parcours d'essai d'environ 100 kilomètres, avec environ 30 % d'autoroute, nous avons relevé une consommation moyenne de 7,9 l/100 kilomètres, sans vraiment prêter attention à notre niveau d'éco-conduite. En étant plus attentif, et notamment grâce à la micro-hybridation (qui permet un gain de 8 % sur les consommations annonce Renault) et sa silhouette de SUV coupé (qui diminue de 20 % la résistance aérodynamique par rapport à un SUV classique, toujours selon Renault), il est certainement possible de passer sous les 7,0 l/100 kilomètres sans trop de problèmes. Pas mal pour un SUV avec un moteur essence.

Essai Renault Arkana (2021)
Essai Renault Arkana (2021)

À quels prix ?

Le Renault Arkana est disponible à la commande depuis le 10 mars 2021 et sera, dans un premier temps, proposé en version essence de 140 chevaux. L'hybride sera disponible à partir du mois de juin prochain. Notre modèle d'essai et présenté sur les photos est équipé de la finition "R.S. Line", soit le plus haut niveau de finition avec, de série, la détection d'obstacle latérale, l'aide aux créneaux, les sièges avant chauffants, la sellerie cuir, le pédalier en aluminium, les boucliers et jantes R.S. Line ou encore les rétroviseurs noirs.

  Zen Intens R.S. Line
TCe 140 chevaux EDC 29'700 euros 32'100 euros 34'700 euros
Hybride E-Tech 145 chevaux 31'200 euros 33'600 euros 36'200 euros

Notre version d'essai s'affiche à partir de 34'700 euros, et sans malus écologique à ajouter puisque le modèle est homologué à 131 g/km de CO2, soit juste en dessous du seuil de déclenchement. Tous les tarifs et les équipements du Renault Arkana sont à retrouver au sein de notre article dédié.

Essai Renault Arkana (2021)

Le mot de la fin

Le Renault Arkana aura mis du temps à arriver chez nous, mais force est de constater qu'il ne s'est pas laissé surprendre par la concurrence, une concurrence qui se repose encore visiblement sur ses lauriers. Du côté de chez Peugeot, un SUV coupé serait bien dans les cartons, mais pas avant au moins deux ans et le renouvellement du 3008. Une éternité dans le monde de l'automobile, laissant ainsi tout le champ libre au Renault Arkana.

Et pas de chance pour Peugeot, l'Arkana est en plus de ça plutôt bien fait et ne reproduit pas les erreurs de son cousin Kadjar. Bien fini, assez dynamique, moins quelconque en termes de style... Le SUV coupé au Losange coche pratiquement toutes les bonnes cases, même celle des motorisations avec une offre hybride intéressante. Espérons que Renault ait bien mesuré le futur succès de son véhicule en Europe, au risque de voir les délais de livraison s'allonger du fait qu'il ne soit pas fabriqué vraiment à côté de chez nous.

 
Points positifs Points négatifs
Prestations dynamiques intéressantes Écran tactile un peu trop lent
Places arrière et coffre  Assises arrière trop fermes
Poids plutôt contenu pour un SUV Suspensions un peu sèches en compression

Galerie: Essai Renault Arkana (2021)

Photo: Tibo

Renault Arkana

Motorisation Essence, quatre cylindres en ligne, 1333 cm³, turbo
Puissance 140 chevaux (entre 4500 et 6000 tr/min)
Couple maximum 260 Nm (de 1750 à 3500 tr/min)
Transmission Boîte de vitesses robotisée à sept rapports - EDC
Type de transmission Traction
0-100 km/h 9,8 secondes
Vitesse maximum 205 km/h
Longueur 4,57 mètres
Largeur 1,82 mètre
Hauteur 1,57 mètre
Poids 1336 kg (à vide)
Volume de coffre 513 litres
Places 5
Economie de carburant Consommation moyenne : 5,8 l/100 km
Émissions 131 g/km de CO2
En vente 2021
Prix de base 29'700 €
Prix de la version testée 34'700 €