Tout le monde pourrait y gagner !

Les tensions entre Renault et Nissan autour de la volonté de fusion du constructeur français, que son homologue japonais rejette en bloc, vont certainement prendre une autre dimension dans les prochains jours et les prochaines semaines avec la possibilité de fusion du groupe Renault et de Fiat Chrysler Automobiles. Dans le cas d'une telle alliance, cela ne comprendrait pas Nissan et Mitsubishi, qui font partie de l'alliance Renault-Nissan mais pas du groupe au Losange.

"Il y a eu des discussions franches et transparentes sur la récente proposition de FCA à Renault", a déclaré la marque dans un communiqué. En effet, les deux parties ont tenu un Conseil opérationnel au siège de Nissan, situé à Yokohama en banlieue de Tokyo. Jean-Dominique Senard, président du Conseil d'administration du Losange, se veut optimiste quant à l'issue des discussions : "Je pense que tous ces événements récents sont très bons pour l'alliance, et je vais veiller à ce que Nissan et Mitsubishi en tirent pleinement parti."

Une fusion compatible avec le redressement de Nissan

Le PDG de Fiat Chrysler Automobiles, pour sa part, a estimé qu'une fusion serait d'autant plus bénéfique si elle s'étendait à toutes les marques de l'alliance, pour former ainsi le plus grand groupe automobile au monde avec plus de 15 millions de véhicules, et non le troisième mondial : "Nous pensons que les bénéfices s'étendront aussi aux partenaires de l'Alliance, Mitsubishi et Nissan", a-t-il déclaré, ajoutant que "si cette fusion se concrétise, ça pourrait prendre un an" pour qu'elle soit effective.

Ce conseil effectué dans l'urgence a en effet été organisé pour faire comprendre à Nissan, décidé à se concentrer sur son propre redressement, que celui-ci ne serait pas impacté par la fusion avec Renault si elle est suivie de celle avec FCA. En effet, de nombreux avantages seraient possibles pour la marque japonaise avec un tel plan, et notamment une puissance triplée pour l'approvisionnement auprès de fournisseurs. Un argument qui aura du poids sur le marché de l'électrique, où les batteries sont achetées auprès d'équipementiers.

Parmi les autres avantages, Nissan récupérerait un droit de vote pour l'avenir de la marque et de l'alliance, droit que le constructeur ne possède plus depuis 2002. Le compromis serait de faire redescendre la part de Nissan à 7,5 % dans les actions de Renault, mais d'autoriser la marque japonaise à s'exprimer. Des arguments qui semblent peser dans la balance puisque Hiroto Saikawa, actuellement à la tête de Nissan, s'est dit ouvert avant même la réunion : "Je veux regarder de près le projet en ayant à cœur les intérêts de Nissan." Tout ne semble donc pas perdu et la création de ce mastodonte pourrait bien avoir lieu dans les prochains mois.

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