La marque devient un "émetteur spéculatif"...

Le contexte continue de se durcir pour Renault sur le plan économique, après l'annonce des pertes colossales subies en 2019. Consécutivement à ces résultats, l'agence de notation Moody's a immédiatement abaissé la note du constructeur en raison de sa faible performance opérationnelle. Noté à Ba1, le Losange se retrouve maintenant dans la catégorie des émetteurs spéculatifs, et l'agence ne voit pas forcément Renault se reprendre dans l'immédiat, avec une perspective jugée stable.

"Selon les prévisions publiées pour 2020 par l'entreprise, qui anticipe un nouveau recul de la marge opérationnelle du groupe, et la faiblesse de l'environnement de marché, nous ne nous attendons pas à ce que Renault soit capable de retrouver des niveaux corrects de marge opérationnelle à moyen terme", explique Moody's, qui met cette rétrogradation sur un ensemble de choses, dont "l'addition d'un déclin des volumes, d'une augmentation des dépenses de recherche et développement, et d'une évolution défavorable des prix des matières premières".

Les résultats de Renault ont été les pires depuis 2009 avec une perte nette de 141 millions d'euros, et son plan d'économies, qui pourrait engendrer des fermetures d'usines et des suppressions d'emplois, ne plaide guère en sa faveur pour voir sa situation économique remonter à court terme. Cependant, Moody's juge Renault à les capacités pour "faire face au caractère cyclique à long terme du marché mondial de l'automobile et à son environnement difficile du fait des investissements indispensables dans les motorisations alternatives, le véhicule autonome, la connectivité et la réglementation sur la sécurité des véhicules, leurs émissions et une moindre consommation de carburant".

Néanmoins, cette mauvaise nouvelle pourrait être le début d'une phase difficile pour Renault, qu Moody's voit rester "sous pression" pendant plusieurs années, puisque le constructeur va également devoir investir massivement pour préparer la transition vers l'électrique et se conformer au durcissement des normes en termes d'émissions de CO2. La perspective de résultats qui s'annoncent déjà négatifs en 2020 et le lien avec Nissan, en difficulté lui aussi, a également joué dans cette notation, a confirmé l'agence.