La dernière chance avant de grosses difficultés ?

Après de nombreuses années de difficultés économiques et structurelles, la faute notamment à une gamme à l'avenir assombri par des normes écologiques d'avenir importantes, Bentley avait espéré trouver en son premier SUV, le Bentayga, la solution à ses problèmes en bénéficiant d'un boom des ventes grâce au modèle, comme d'autres marques ont pu le vivre, à l'image de Porsche ou Lamborghini, lorsqu'elles sont arrivées sur ce segment.

Malheureusement, le miracle attendu n'a pas eu lieu malgré des ventes correctes et bien que la Continental GT ait réalisé de beaux scores récemment. La marque ne s'est pas non plus préparée assez à l'arrivée des normes écologiques imposées par l'Europe, comme l'admet volontiers Adrian Hallmark, le PDG de la marque, lors d'une réunion avec le comité britannique des constructeurs (SMMT), devant lequel il a décrit les trois crises qu'il a traversé au sein de la marque, depuis son arrivée il y a deux ans. 

"La première est de notre responsabilité, nous n'étions pas assez préparés pour supporter les normes WLTP, la seconde est le Brexit, et nous sommes dans la troisième actuellement avec le COVID-19", juge-t-il. "Ce qu'il faut en retenir en premier, c'est qu'on peut se préparer à affronter des crises, même si elles ne se succèdent normalement pas aussi rapidement, et la clé pour s'en sortir est de faire preuve de flexibilité en se montrant innovant et en faisant face aux nouvelles réalités."

Et parmi les réalités que décrit Hallmark, il y a celle de l'électrification, dans laquelle Bentley s'est lancé récemment avec son premier modèle hybride rechargeable. Pour le premier électrique, la marque voulait attendre 2025 au plus tôt, mais la crise a fait réaliser à ses dirigeants, et notamment Adrian Hallmark, que le temps presse et que la firme au logo ailé doit faire sa révolution plus vite que prévu si elle ne veut pas s'effondrer, alors qu'elle a déjà dû licencier un quart de ses effectifs au début du mois.

"Nous devons tout faire pour contrôler les coûts, toutes nos dépenses ont été consacrées au moteur thermique et, en faisant ça, nous avons repoussé ou interrompu la création d'alternatives", admet aujourd'hui le PDG de la marque, qui arrête d'ailleurs la production de son vénérable V8 de 6.75 litres. "Aujourd'hui, les véhicules hybrides rechargeables et électriques sont au centre de notre attention. Nous devons considérer la pandémie comme un accélérateur naturel vers les technologies vertes."

En conclusion, Hallmark a clairement associé la survie de sa marque avec l'avenir électrifié du marché de l'automobile, et semble sceller un destin vers le 'zéro émission' comme seule solution à une sortie de crise, pour Bentley, mais aussi de manière plus générale : "Nous sommes à un tournant et non dans une impasse. Nous pouvons entrevoir un bel avenir après cette crise et nous pensons que développer l'électrification de nos véhicules tout en renouant avec le profit est possible, mais surtout ce qu'il y a de mieux à faire. Nous nous engageons à le faire le plus rapidement possible."