Le Japon aurait voulu anticiper un potentiel effondrement de l'Alliance et ainsi protéger Nissan.

L'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est actuellement dans la tourmente avec des résultats loin d'être bons et une crise en interne amorcée publiquement avec l'affaire Carlos Ghosn. C'est dans ce contexte que le gouvernement japonais a cherché à trouver une issue pour son constructeur national, Nissan, qui pourrait se retrouver en grande difficulté en cas d'effondrement de l'Alliance.

En effet, d'après des informations publiées par le Financial Times, des conseillers proches du premier ministre Shinzo Abe auraient encouragé Honda et Nissan à parler d'une éventuelle fusion en fin d'année dernière. Une suggestion qui aurait été rejetée par les deux parties pour le moment, notamment par Honda qui aurait jugé la situation trop complexe en raison de la structure administrative et financière de Nissan avec Renault.

Outre les obstacles administratifs et financiers, celui de l'ingénierie est aussi à prendre en compte. Les technologies employées par Honda sont souvent bien spécifiques, ce qui peut rendre difficile le partage de pièces et des plateformes avec Nissan. Les deux marques ont également des stratégies commerciales très différentes. L'activité principale de Nissan se concentre autour de l'automobile, tandis que du côté de chez Honda les produits sont plus diversifiés avec de l'automobile, de la moto, des outils électriques ou encore des équipements de jardinage.

Pour autant, l'idée d'une fusion ne peut pas forcément paraître si saugrenue, surtout dans un contexte difficile et une concurrence toujours plus forte. Récemment, de nombreux groupes et constructeurs se sont rapprochés, sans forcément parler de fusion, à l'image de Volkswagen et Ford par exemple.

Certains analystes parlaient déjà d'un potentiel rapprochement début 2020 entre Nissan et Honda : "Honda n'a jamais été du genre à s'engager dans des fusions et acquisitions agressives et une fusion entre Honda et Nissan devrait être impensable, mais avec la compétitivité croissante de Toyota, nous pensons que si Nissan souhaitait un partenaire d'alliance pour remplacer Renault, Honda ne serait pas entièrement contre l'idée".