Alpine devrait hériter de la partie sportive du groupe.

L'année est pour le moins mouvementée pour le groupe Renault et même pour l'Alliance d'une manière générale. Pour remettre un peu d'ordre au sein du groupe français, Luca de Meo a été nommé comme directeur général, lui qui arrive de chez Seat.

Ce dernier a déjà réalisé quelques coups d'éclat en ramenant notamment l'ancien directeur du design de Seat au sein du groupe Renault, mais aussi en débauchant Gilles Vidal, l'ancien patron du style chez Peugeot. Mais outre ces mouvements à la tête des différentes directions du groupe, Luca de Meo planche également sur la future stratégie du groupe, et notamment la réorganisation de l'entreprise autour des marques qui la composent.

Au sein d'une interview au Point publiée le mercredi 2 septembre 2020, Luca de Meo donne plus d'indications concernant l'avenir du groupe : "J'ai décidé d'organiser le groupe Renault autour de quatre marques et non plus par zones géographiques. Il y aura la marque Renault, que je gérerai en direct, mais aussi Alpine, Dacia, et une marque inédite en charge des nouvelles mobilités", a-t-il déclaré dans cet entretien.

"Il y aura un patron par marque. Cela va nous permettre d'être plus focalisé sur le client", a expliqué Luca de Meo. "La marque Alpine a une identité très spécifique de niche, très sportive, très française. Nous ne resterons pas forcément dans le registre seulement rétro et classique de l'Alpine A110", a-t-il détaillé. Concernant Dacia, "sa proposition dans le low cost est très forte. La marque ne doit pas s'éloigner de ce positionnement originel, mais il faut lui donner une image plus cool", a estimé le dirigeant. Voici en tout cas les contours qui dessineront le plan stratégique du groupe présenté officiellement en janvier 2021.

Alpine aura donc un rôle important à jouer sur la partie sportive, de ce fait, la place de Renault Sport pourrait évidemment être redéfinie. Pour le moment, Luca de Meo ne semble pas avoir tranché sur cette entité à part qu'est Renault Sport, mais il semblerait que le dirigeant souhaite regrouper les forces vives du sport automobile chez Renault sous le blason d'Alpine.

Au sein d'un communiqué Renault a précisé comment le travail allait se répartir. Pour la marque Renault, Luca de Meo pilotera la réflexion lui-même. Denis Le Vot, le directeur régions, commerce et marketing du groupe, se penchera sur le cas de Dacia. La marque Alpine sera menée par Cyril Abiteboul, directeur général Renault Sport Racing. Enfin, Clotilde Delbos, directrice générale adjointe et directrice financière, sera en charge de faire fructifier la quatrième marque dédiée aux nouvelles mobilités.

"Le gros sujet, c'est évidemment le positionnement de Renault (...). Je suis convaincu que l'âme de Renault est dans ses racines françaises. Cette marque a toujours été plus créative que les autres, c'est dans sa culture. Elle doit jouer la modernité et l'innovation. Renault peut incarner la nouvelle vague de l'industrie automobile", a-t-il affirmé, soulignant "vouloir donner un nouveau souffle" à son design. 

"On va changer toute l'organisation pour passer d'une politique de volumes à celle de la valeur. Ce sont les marges qui permettent d'investir et de se développer", a expliqué le directeur général, disant vouloir "la qualité pour les produits et de la rentabilité". Selon lui, "Renault doit se développer sur les segments de véhicules plus rémunérateurs que les petites voitures" en s'inspirant de son grand rival français. "Carlos Tavares chez PSA a fait un travail extraordinaire avec une belle montée en gamme des véhicules, avec les Peugeot 3008 et 5008 ou la gamme Citroën Aircross", a-t-il ajouté.

Luca de Meo a aussi laissé entendre que Renault pourrait se retirer de certains marchés étrangers : "l'internationalisation (...) si ce n'est pas rentable, quel est l'intérêt ? Il faut être à l'international sur les marchés qui rapportent". De là à quitter la Chine, une zone où le groupe a accumulé les pertes sans réussir à vraiment s'imposer ? "C'est le premier marché au monde et un des centres de l'industrie automobile pour les innovations majeures que sont l'électrique, la connectivité et les voitures autonomes. Je crois qu'il faut être où la musique se joue. Après, tout est une question de timing et de priorité", a-t-il estimé.