Les constructeurs avaient réclamé auprès de la Commission européenne un ajournement de l'entrée en vigueur de la norme Euro 6d ISC-FCM.

À chaque jour suffit sa peine pour les constructeurs automobiles européens. En plus des restrictions sur plusieurs marchés spécifiques, en France notamment, avec la future taxe indexée sur le poids des voitures, il faut aussi conjuguer avec les objectifs environnementaux européens et la mise en application des nouvelles normes. Un sacré casse-tête pour l'industrie automobile européenne, qui aurait d'ailleurs souhaité une petite bouffée d'oxygène.

Pour cela, les constructeurs avaient adressé une demande d'ajournement de six mois concernant l'entrée en vigueur de la norme Euro-6d ISC-FCM. Il s'agit de l'ultime évolution de la norme initiale Euro 6d, introduite le 1er septembre 2017. Au lieu d'une entrée en vigueur le 1er janvier prochain, les constructeurs avaient demandé une mise en application au 1er juillet prochain, notamment pour écouler des stocks de véhicules qui deviendraient invendables en Europe à partir du 1er janvier prochain. Des stocks pour la plupart invendus à cause du premier confinement.

Qu'importe visiblement pour la Commission européenne, qui vient de rendre un verdict négatif : il n'y aura pas de délai supplémentaire pour l'entrée en vigueur de la norme Euro-6d ISC-FCM. Pourtant, dans un courrier adressé aux autorités européennes, Mike Manley, président de l’ACEA et PDG de FCA, avait expliqué que 600'000 véhicules déjà produits ne respecteraient pas cette norme. Ce dernier a également souligné que la Chine avait déjà reporté de six mois l’entrée en vigueur du nouvel objectif de réduction des émissions, tout comme le Japon qui avait également retardé de trois mois la transition à son cycle d’essai JC-08 vers la norme WLTP.

Mike Manley avait averti aussi des conséquences sur l'emploi dans l’industrie automobile, si l'Europe n'accédait pas à cette demande. Sauf que ces arguments n'ont pas convaincu la Commission européenne, qui a d'ailleurs rejeté d'emblée l’impact sur l’emploi, précisant que les plans de relance européens et nationaux contribuent à mobiliser les investissements pour soutenir l'industrie automobile.

"La Commission a clairement indiqué à l'industrie que la flexibilité réglementaire ne devrait pas entraîner de retard ou de recul dans l'ambition environnementale de l'Union européenne et dans nos engagements concernant l'accord de Paris sur le climat et les objectifs du "Green Deal" européen", a-t-elle déclaré, selon nos confrères d’Automotive News Europe. "Une législation environnementale stricte est le meilleur moyen de promouvoir la compétitivité et l'innovation. Il est également important de garantir la confiance des citoyens dans la capacité de l'Union européenne à améliorer leur santé et leur environnement".