C'est en tout cas ce que semble dire le document de 714 pages sur la naissance de Stellantis. Et d'un strict point de vue comptable.

Vous vous ennuyez ne ne pouvoir sortir de chez qu'un minimum ? Vous cherchez une lecture qui vous tiendra jusqu'à la fin du confinement ? Alors nous avons pour vous un magnifique rapport de 714 pages sur la fusion entre PSA et FCA. C'est sûr, il y a plus léger comme littérature, mais le texte cache quelques détails intéressants. Très intéressants. 

Comme vous pouvez l'imaginer, la fusion de deux grands groupes automobiles n'est pas chose aisée. C'est pourquoi nous sommes très reconnaissants à l'équipe d'Automotive News Europe d'avoir trouvé une aiguille dans cette botte de foin littéraire. Écoutez plutôt : la fusion PSA-FCA n'est pas vraiment une fusion. C'est plus une acquisition. Et c'est PSA qui prend le dessus. Tout au moins d'un point de vue comptable.

Il faut un acquéreur et un acquis

Ce que nous avons ici est un prospectus de 714 pages sur la de cotation des actions Stellantis qui est rempli de mots comme "recettes", "actions", et de phrases comme "profit et perte", "conformément à"... Et, puisque c'est le sujet de préféré, "les dépenses d'investissement". Un document financier formel vous l'aurez compris, présenté par une société qui met en avant la sécurité financière. Le document est ainsi rempli d'arguments techniques, mais il est également divisé en plusieurs sections qui sont plus faciles à digérer pour les investisseurs.

L'une de ces sections est un résumé, et en haut de la page 23, sous la rubrique "Traitement comptable", vous trouverez le passage suivant :

La fusion sera comptabilisée selon la méthode de l'acquisition conformément à l'IFRS 3, Regroupements d'entreprises ("IFRS 3"), qui exige l'identification de l'acquéreur et de l'entreprise acquise à des fins comptables. Sur la base de l'évaluation des indicateurs selon la norme IFRS 3 et de la prise en compte de tous les faits et circonstances pertinents, la direction de FCA et de PSA a déterminé que PSA est l'acquéreur aux fins comptables et qu'à ce titre, la fusion est comptabilisée comme une acquisition inversée.

Actions, conseil d'administration... La balance penche vers PSA

Voilà qui n'est en fait pas si difficile à comprendre. D'autant que le document explique aussi que six des onze membres du conseil d'administration de Stellantis seront liés à PSA. Cela place FCA en minorité, et le premier PDG de Stellantis sera l'actuel PDG du groupe PSA, Carlos Tavares.

Quant aux actions détenues dans Stellantis, il est vrai qu'Exor, la holding néerlandaise de la famille Agnelli, sera le principal actionnaire avec une participation de 14,4% (avec John Elkann comme président). Mais il est également vrai que la famille Peugeot n'est pas la seule à détenir 7,2%.

Il y a en fait 6,2% entre les mains de l'Etat français et 5,6% du groupe chinois Dongfeng, tous deux actionnaires actuels de PSA, ce qui théoriquement  fait pencher la balance en faveur de PSA avec un total de 19%. Parmi les autres grands actionnaires figureront également de grands groupes d'investissement tels que Tiger Global, UBS Securities et Vanguard.

Et pour l'avenir ?

Qu'est-ce que cela signifie pour FCA à l'avenir ? Difficile à dire pour l'heure, mais nous avons déjà fait état de rumeurs selon lesquelles certaines marques de FCA et/ou de PSA pourraient être supprimées à la suite de la fusion. Chrysler est depuis longtemps sur la sellette, sans parler de Lancia. Pour commencer à en savoir plus, il faudra au moins attendre le 4 janvier 2021, date à laquelle les assemblées des deux groupes devront approuver la création du maxi groupe de 38 milliards d'euros.

Et au fait, si vous souhaitez vous plonger dans le prospectus complet de 714 pages, on a pensé à vous, vous pouvez le télécharger à partir du lien source ci-dessous !