"C’est la promesse d’une meilleure qualité de l’air dans la capitale britannique" : voilà ce qu’affirme la maire londonien, Sadiq Khan depuis mardi. Alors que la vie devient de plus en plus chère et compliquée au Royaume-Uni, la zone ULEZ (ultra low emission zone soit zone à très faibles émissions en français) qui a fait son apparition à Londres en 2019 s’était déjà bien étendue deux ans plus tard. Dorénavant, elle va concerner tout le Grand Londres, ce qui concerne une zone de 9 millions d’habitants.

Depuis mardi, Les conducteurs de voitures à essence fabriquées avant 2006 (norme Euro 4) et de véhicules diesel fabriquées avant 2015 (norme Euro 6) doivent débourser 14,80 euros, par jour, pour entrer dans la zone ULEZ, sous peine de payer une amende de 210 euros. Pour les camions et les cars, il faut débourser 116 euros par jour mais les taxis sont exemptés. Au total, plus de 700 000 véhicules sont touchés par cette norme.

Le maire se félicite de ce projet qui va permettre "à 5 millions de Londoniens supplémentaires de respirer un air plus propre." En effet, selon un rapport datant de 2022, la pollution de l’air a été à l’origine de 1 700 hospitalisations à Londres entre 2017 et 2019. 

Cependant, la mairie de la ville a mis en place un programme d’aide pour permettre aux habitants de changer leurs voitures actuelles pour des véhicules moins polluants, avant l’entrée en vigueur de la taxe. Mais dans une interview accordée à l’agence PA dimanche dernier, Sadiq Khan a admis sa déception quant au fait que le gouvernement conservateur n’ait pas financé une partie de ce programme  comme il l’a fait pour d’autres villes du pays. 

Les applaudissements de Greenpeace contre la colère des riverains

Évidemment, l’association Greenpeace n’a pas manqué de vanter les louanges de cette nouvelle taxe dans un communiqué :

"La ville de Londres peut être fière d’elle aujourd’hui. Au lieu de jouer à la politique sur des enjeux si vitaux, Rishi Sunak (le premier ministre), devrait travailler avec le maire de Londres pour apporter un véritable soutien financier pour les gens qui travaillent et qui veulent se débarrasser des véhicules les plus vieux et les plus polluants."

Du côté des habitants, la nouvelle a été accueillie avec beaucoup moins de sympathie. La police affirme même que des centaines de caméras ULEZ ont été vandalisées au cours des derniers mois. Un étudiant britannique, rencontré par les équipes de France 3, explique la raison de ce mécontentement général qui est de toute façon évidente.

"Dorénavant, je dois m’acquitter d’une amende de 15 euros, ce qui représente 400 euros par mois alors que je finance mes études avec un petit boulot à côté. Les gens comme moi doivent payer la taxe et je ne peux pas me permettre d’aller au travail, ni à l’université dans ces conditions."

Pour le moment, une loi aussi "extrême" n’est pas prévue à Paris (même si des taxes arrivent) mais si cela devait se produire, nul doute qu’elle fera couler beaucoup d’encre…