Volkswagen Fuscão Safari, la grand-mère de la Polo Robust
Volkswagen a conçu une coccinelle tout-terrain à l'époque des travaux de l'autoroute transamazonienne.
Volkswagen a discrètement dévoilé la Polo Robust, destinée au marché brésilien. Une version qui, selon le constructeur, a été "développée et testée avec des clients du secteur agricole". Cette Polo destinée au tout-terrain peut être équipée de panneaux plus résistants et, surtout, d'une suspension plus haute. Ce qui n'est pas sans rappeler une étude réalisée par la firme allemande au Brésil en 1972 : la VW Safari, une version tout-terrain de la Coccinelle.
L'idée était de vendre la Safari à des organismes gouvernementaux tels que l'Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (Incra) et le Département national des autoroutes (DNER), dans des régions où les engins de terrassement n'étaient pas encore arrivés.
L'une des Safari s'est rendu sur les chantiers de l'autoroute transamazonienne, les entrepreneurs étant également des clients potentiels. À l'époque, la devise du gouvernement militaire était "intégrer et ne pas livrer", envoyant des milliers de colons du sud et du nord-est dans la région amazonienne. Au Brésil, chaque arbre à noix géant abattu était présenté comme une victoire du progrès dans la lutte contre la jungle. La forêt était "l'enfer vert" et devait être conquise à l'aide de tronçonneuses, de tracteurs et (pourquoi pas ?) de Coccinelle. À l'époque, Volkswagen a même fait une publicité à ce sujet.
La jeep Kübelwagen (Typ 82) et l'amphibie Schwimmwagen (Typ 166)
Des pièces d'étagères
Depuis la Seconde Guerre mondiale, la Coccinelle a toujours été un tout-terrain par excellence, métamorphosée en jeep Kübelwagen (Typ 82), en amphibie Schwimmwagen (Typ 166) et en Coccinelle Kommandeurswagen (Typ 87) utilisées par les troupes allemandes aussi bien dans le désert d'Afrique du Nord que sur le front glacial de l'Union soviétique.
C'est peut-être dans cette optique que la filiale brésilienne a voulu renforcer la vocation tout-terrain de sa coccinelle et a réalisé les trois prototypes de la "Fuscão Safari", en utilisant presque exclusivement des "pièces d'étagère" déjà disponibles pour d'autres modèles de la gamme.
Dotée d'une suspension avant provenant du Combi 1500, la voiture avait une garde au sol de 21,5 centimètres, soit 6 cm de plus que la Coccinelle normale. À l'arrière, la suspension était celle de l'ancien Combi 1200 (avant 1967), avec des boîtes de vitesses montées sur les moyeux de roue. Il y avait également un blocage de différentiel commandé par câble (et un levier sur le tunnel central, juste derrière le frein à main). Un voyant rouge au milieu du tableau de bord avertissait le conducteur lorsque le blocage était enclenché.
Le fond lisse aidait à surmonter les tourbières. Même en cas de problème, il était facile de sortir une voiture de 885 kilos de l'ornière.
Moteur 1500
Le moteur est le même boxer de 1 493 cm³ et 42 ch (DIN) que la Coccinelle ordinaire, mais le rapport de différentiel est plus court. Ceci, ajouté aux boîtes de vitesses, donne à la voiture beaucoup de puissance pour sortir des marécages, mais limite sa vitesse finale à 110 km/h environ. Les roues étaient des roues de Combi (14"), équipées de pneus ville et campagne 7.00-14. Il y avait également un coffre en acier à l'avant et des renforts pour les béquilles.
À l'intérieur, la plus grande différence est que la banquette arrière peut être transformée en plateforme de chargement. Bien que la Safari soit équipée du moteur, du capot arrière et des phares de la Coccinelle, la finition est simplifiée comme celle du VW-1300 standard, avec des détails peints au lieu d'être chromés.
Démonstrations au Brésil
Les prototypes ont parcouru le Brésil pour des essais et des démonstrations. Dans le Minas Gerais, par exemple, ils ont passé une semaine dans la municipalité de Santa Luzia, dans la région métropolitaine de Belo Horizonte, pour être testés dans la ferme d'un concessionnaire Volkswagen local.
Au volant, le pilote d'essai, João Soares, a montré tout ce que la voiture pouvait faire : il a escaladé des ravins, sauté à cinq mètres de haut et fait rouler la voiture au milieu de la forêt. Les curieux ont été ravis de voir avec quelle facilité la Coccinelle franchissait les pentes abruptes et les barrières. Le tout avec plus de confort et d'économie qu'une Jeep CJ-5 (fabriquée à l'époque au Brésil par Ford).
Et la demande ?
Bien avant que l'on ne parle de "crossover" et de "version aventure", la VW Safari occupait une position intermédiaire entre les voitures normales et les Jeep. Son prix devait être supérieur d'environ 2 000 Cr$ aux 18 000 Cr$ demandés pour une Coccinelle conventionnelle.
La date de lancement était toutefois incertaine. Au moment des essais, il avait été dit que cette version serait mise en vente si les résultats de la recherche indiquaient une demande minimale de mille exemplaires par an. Apparemment, cela n'a pas été le cas, car la Safari n'a pas dépassé la phase de conception.
Quelque temps plus tard, Volkswagen a même testé au Brésil sa Type 181 "Thing" (fabriquée au Mexique, où elle s'appelait... Safari !), mais le modèle n'est pas arrivé sur le marché brésilien non plus. Ceux qui possédaient des Coccinelle et des Combis VW ordinaires pensaient que leurs voitures étaient plus que suffisantes pour affronter la boue, la saleté, le sable et les broussailles sans avoir à payer un supplément pour une préparation tout-terrain.
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