Pour le tester pleinement, nous l'avons même emmené à Spa !

Chez Škoda, on a décidé d'enrager le Kodiaq. Avec le label RS, pour Rallye Sport, le Kodiaq RS compte sur son style et son moteur pour terrifier un segment bien particulier. C'est un SUV qui est avant tout familial, mais pour montrer sa toute-puissance, le Kodiaq RS clame haut et fort qu'il est le plus rapide sur la Boucle Nord du Nürburgring ; dans la catégorie particulière des SUV sept places (9'29"84 minutes). Alors nous nous sommes rendus en Belgique, à Bruxelles puis sur le circuit de Spa-Francorchamps, afin de l'essayer et de vérifier de quoi il est (vraiment) capable.

Skoda Kodiaq RS
Skoda Kodiaq RS

Est-il vraiment plaisant à conduire ? 

Avant d'aborder le style et la praticité du Kodiaq RS, entrons directement dans le vif du sujet, à savoir, la conduite. Que cela soit bien clair dès le début, le Kodiaq RS n'est pas une voiture de sport ! Pour le qualifier, nous dirons que c'est un véhicule familial et dynamique. Sous son capot, on retrouve un moteur bien connu au sein du groupe Volkswagen (Tiguan, Arteon, Passat etc.). C'est un bloc diesel quatre-cylindres 2.0 Bi-TDI. Ce moulin développe 240 ch pour 500 Nm de couple maximal. Cela semble suffisamment costaud, mais il faut garder en tête que le Kodiaq RS joue dans la catégorie des poids lourds puisqu'il pèse 1,8 tonne à vide (c'est moins qu'un BMW X5). Škoda nous dit que le 0 à 100 km/h est réalisé en 6.9 s (7.0 s dans la configuration 7 places) et nous n'avons aucun doute là-dessus. Les accélérations (lors des premiers passages de rapports) sont assez puissantes, et le Kodiaq RS nous a même un peu étonnés lors de sa prise en main. Sur routes ouvertes, on ne ressent pas tellement son poids, d'autant plus que la direction est (trop) souple... mais superficielle. Cela dit, en activant le mode sport, la direction devient plus consistante, et notre critique tombe à l'eau.

Skoda Kodiaq RS

En conduite dynamique, ce Škoda n'est jamais vraiment dépassé. Il accélère assez bien et respecte les trajectoires dictées par son conducteur. Il est équipé de quatre roues motrices, mais il est typé traction. Ainsi, c'est seulement lors des enchaînements rapides et serrés, que les roues arrière entrent en action pour que la caisse reste sur la route et ne sous-vire pas. Le Kodiaq RS est largement assisté par ses aides à la conduite : il pardonne beaucoup les erreurs de pilotage.

Skoda Kodiaq RS
Skoda Kodiaq RS

Sur le circuit de Spa en revanche, le Kodiaq RS est largement dépassé par les événements. C'est d'ailleurs sur la piste qu'il a montré de quoi... il n'était pas capable. Tous ses défauts vous sautent à la figure, à commencer par ses accélérations qui ne sont finalement pas si folles. Au-dessus de 100-120 km/h, la vitesse monte beaucoup moins vite, et même sur une longue ligne droite (après le virage du raidillon), nous n'avons même pas pu atteindre les 190 km/h. De plus, dans les courbes, le Kodiaq RS a tendance à affaisser un peu trop sur ses appuis extérieurs, et nous avons la sensation au volant qu'il peut décrocher à tout moment (son centre de gravité est haut et nous avions des pneus neige). Fort heureusement, l'électronique veille au grain et le SUV finit toujours par retrouver son équilibre.

Skoda Kodiaq RS

Son freinage est plutôt bon (il a les mêmes freins qu'une SEAT Leon Cupra ou qu'un Cupra Ateca), mais il n'y a pas de miracle, avec son poids, et après seulement quelques tours, les disques commençaient à dégager de la fumée et l'efficacité du freinage devenait moins satisfaisante (sans parler de la pédale soudainement spongieuse). Le Kodiaq RS a la boîte DSG 7. En situation normale, elle fait impeccablement bien son job. On regrette que sur le circuit, et après le passage en mode manuel, cette transmission finit toujours par passer au rapport suivant (un peu tôt) lorsque l'on accélère jusqu'au rupteur sans passer la vitesse.

La sonorité du Kodiaq RS est très correcte pour un diesel, il faut dire que Škoda semble avoir trouvé la parade. En mode sport, un son artificiel est émis dans l'habitacle (rien de nouveau jusque-là). Mais Škoda est allé beaucoup plus loin dans sa démarche puisqu'un amplificateur de son a été greffé dans le silencieux de la voiture. Pour cela, les ingénieurs ont étudié la bande-son des sportives (à essence) et ont fait en sorte que le son à l'échappement du Kodiaq RS (diesel) ait le même timbre de voix. Cet amplificateur de son accentue les basses fréquences ; c'est assez malin. De l'extérieur, et même à l'arrêt, le SUV de Škoda fait assez de bruit. Mais parfois, en forte accélération, le son s'apparente à celui d'une soucoupe volante (j'exagère un peu)...

Skoda Kodiaq RS
Skoda Kodiaq RS

Un style qui ne fait pas dans la demi-mesure 

Pour sa finition RS, Škoda a mis les bouchées doubles. Le Kodiaq RS reçoit une calandre, des rails de toit et des coques de rétroviseurs noirs, de belles jantes de 20" (à l'intérieur desquelles on retrouve des étriers rouges) ainsi que quelques ajouts dans les boucliers avant et arrière. Le SUV "sportif" de Škoda est surtout reconnaissable grâce à ses canules d'échappement (et ses jantes). Il y en a deux, mais sa sortie d'échappement de droite est factice ; il n'y a aucun tuyau d'échappement à l'intérieur. 

Ce SUV a fier allure, mais ce qui nous a le plus marqués se trouve dans son habitacle. En effet, l'intérieur du Kodiaq RS est franchement une belle surprise. Il y a beaucoup d'espace, et le design ainsi que les matériaux et les finitions sont remarquables. Le constructeur tchèque lui a ajouté des sièges sport, spécifiques à cette version, qui offrent un très bon confort et un bon maintien latéral dans les virages. 

Skoda Kodiaq RS

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le tableau de bord est entièrement digital, et le graphisme de ses différentes interfaces sont clairement premium. Il rappelle beaucoup le Virtual Cockpit d'Audi, et nous avons été séduits par la clarté des informations affichées et la possibilité de passer d'une fenêtre à une autre sur simple pression de bouton. La console centrale du Kodiaq RS n'est pas en reste, puisque là encore, on retrouve un écran tactile offrant une fluidité de navigation remarquable. Pour le reste, les finitions sont plus que correctes, et on apprécie l'effort consenti par Škoda pour insuffler une ambiance sportive grâce aux surpiqûres rouges et à la planche de bord façon carbone.

Skoda Kodiaq RS
Skoda Kodiaq RS

Pour conclure

Si l'on devait décrire le Kodiaq RS en deux mots, on dirait dynamique et familial. Le blason RS n'est pas vraiment approprié, peut-être qu'il aurait fallu le remplacer par GT. Il en demeure pas moins que le Kodiaq RS n'est pas du genre à se traîner dans la circulation, bien au contraire. Quand bien même ce n'est pas du tout un véhicule de sport, ses prestations sont tout à fait honnêtes et correctes pour un SUV familial.

 
Les points positifs Les points négatifs
Aspect sportif non exagéré Direction trop souple (mode normal)
Habitacle à la frontière du premium Le son artificiel dans l'habitacle (mode sport)
Qualités dynamiques évidentes  

 

 
'

Škoda Kodiaq RS

Motorisation Quatre-cylindres 2.0 Bi-TDI
Puissance 240 ch / 500 Nm
Transmission DSG 7
Type de transmission Quatre roues motrices
0-100 km/h 6,9 secondes
Poids 1838 kg à vide
Volume de coffre 720 L (configuration 5 places)
Places 5 ou 7 places
Economie de carburant Urbain : 7,4 l/100 km / Extra-urbain : 5,8 l/100 km / Mixte : 6,4 l/100 km
En vente 2019
Prix de base 50'940 euros
Prix de la version testée 51'920 euros

Galerie: Essai Skoda Kodiaq RS à Spa-Francorchamps