Mais qu'a-t-elle de si spécial pour multiplier son estimation par cinq ?

Si la cote de la célèbre "deuche" ne fait qu'augmenter depuis quelques années, en particulier certains exemplaires très recherchés, en 2016, elle a atteint des sommets : une 2CV Sahara vendue par Artcurial a fait monter la fièvre chez les collectionneurs jusqu'à dépasser largement son estimation initiale, de 60.000 et 90.000 euros. Elle partira en effet pour 172'800 € (frais inclus) !

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Sans monter aussi haut, ce samedi 20 janvier 2018, plusieurs 2 CV passaient sous le marteau des commissaires-priseurs de la maison Osenat, à Fontainebleau. Dont une 2CV Type A de 1949. C'est elle qui a une fois de plus affolé les enchérisseurs, jusqu'à être adjugée bien plus haut que la fourchette d'estimation, entre 12'000 et 15'000 €. En réalité elle atteindra même plus de cinq fois son estimation haute, le marteau tombant finalement, au terme d'une bataille entre deux enchérisseurs, à 75'600 euros ! Et c'est un musée néerlandais qui a emporté la mise et signé ce nouveau record du monde !

Citroën 2CV enchères Osenat

Vous l'aurez sans doute compris, il s'agit ici de l'un des tous premiers exemplaires de la Citroën 2CV. C'est en effet le 7 octobre 1948, au salon de l’automobile de Paris, que la firme aux Chevrons présente la 2CV Type A. Mais il faudra attendre 1949 pour que la production commence. Le véhicule qui était vendu ce 20 janvier faisait partie des 876 2CV qui sortiront des lignes de productions la première année. Il s'agit même précisément du 458ème exemplaire ! D'où son pedigree qui a fait exploser sa cote ! Et l'on comprend que de pouvoir dire que l'on roule dans l'une des 500 premières 2CV produites, alors que plus 5 millions seront produits jusqu'en 1990, puisse faire tourner la tête de certains collectionneurs !

Ce qui est amusant, c'est qu'à l'époque aussi, en 1949, la Citroën 2CV Type A faisait déjà grimper les prix : en effet, au lendemain de la guerre, en raison d'une pénurie d’acier, la production se fait à un rythme réduit. Et les délais pour s'en procurer une sont alors compris entre 3 et 5 ans ! D'où un gonflement des prix, et des 2CV qui se vendaient plus chères en occasion que neuves ! 

Cet exemplaire porte le numéro de châssis #000458 et est à remettre en route, bien que décrite par Osénat comme dans un bon état général.

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Deux autres 2CV vendues

Citroën 2CV enchères Osenat
Citroën 2CV enchères Osenat

Lors de cette vente, Osenat vendait également trois autres 2CV, toutes issues de la même collection. Et que les amoureux de la "deuche" se rassurent, seuls quelques rares exemplaires très spécifiques atteignent des sommets, mais ce n'est pas le cas de tous les modèles. C'est ainsi qu'une Citroën 2CV Fourgonnette de 1966 estimée entre 3000 et 4000 € à restaurer a trouvé preneur pour 6600 €. Une autre 2CV Type A de 1951 portant le numéro de  châssis #19018 quant à elle s'est vendue 17'400 €, un peu au-dessus de son estimation haute de 15'000 €.

Enfin, une quatrième 2CV, et pas des moindres, a trouvé preneur pour 20'400€. Cet exemplaire de 2CV de Type A de 1950 est spécial en ceci qu'il a permis à l’ingénieur Jean Federspiel de mettre au point la première suspension active, le "Servo-frein Federspiel" ! Elle a également été achetée par le musée néerlandais.

Photos : Osenat

Galerie: Citroën 2CV Type A mises aux enchères par Osenat