Une somme qui est sortie directement du portefeuille des clients !

C'est une révélation qui pourrait faire beaucoup de bruit dans les prochains jours, et qui ressemble à s'y méprendre aux premières révélations du Dieselgate, le scandale des logiciels truqueurs de Volkswagen et Audi. Yann Philippin, journaliste à Mediapart, a mené une enquête dont il a révélé des résultats ce matin, alors qu'il était l'invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Le journaliste a rendu publique l'existence d'un logiciel truqueur utilisé par Renault et PSA pour augmenter le prix des pièces détachées, qui serait utilisé depuis une dizaine d'années.

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Le marché des pièces détachées a toujours été quelque peu incontrôlé, notamment du fait l'existence de trop nombreuses références qui empêchent d'avoir un véritable indice de prix fiable les concernant. Avant l'existence de ce logiciel, il est estimé que les constructeurs français vendaient leurs pièces détachées environ cinq fois plus cher que leur coût. En revanche, après l'utilisation de ce logiciel, les groupes français avaient l'occasion de vendre ces pièces jusqu'à sept fois plus cher !

Le logiciel provient d'une société de consulting montée par un Français, Laurent Boutboul, qui a d'abord vendu ses services, en l'occurrence ce logiciel, à Renault, avant d'être racheté par l'Américain Accenture il y a huit ans. C'est même lui qui a lancé la procédure judiciaire devant le tribunal de commerce de Paris, estimant que l'utilisation de son logiciel par Renault et PSA se faisait "en violation des règles de la concurrence."

Au final, les deux géants de l'automobile auraient réussi à augmenter les tarifs de 15% sur les pièces détachées à partir de la fin des années 2000, pour enregistrer environ 100 millions d'euros de profits par an chacun. Bien évidemment, ce sont les automobilistes qui ont réglé la note, puisque cette augmentation, en dix ans, aurait coûté aux usagers la modique somme d'un milliard et demi d'euros.

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Il faudra également juger de l'existence d'une réunion de coordination, citée par un témoin et démentie par Renault. Les deux groupes ont, en tous cas, réussi à afficher une hausse similaire sur l'ensemble de chacun des catalogues. Pour Yann Philippin, cela cache une entente illégale : "Quand vous avez 30'000 pièces du côté de Renault et 45'000 côté PSA, avec autant de hausses et de baisses des prix, moi je voudrais qu’on m’explique comment c’est possible d’arriver exactement à la même hausse de chaque côté."  

Source : Mediapart