L'héritage du grand Pierre Bardinon se règle devant la justice...

[MISE À JOUR : Ce sont ces 13 et 14 décembre 2018 que le tribunal de Guéret, dans la Creuse, devra se pencher sur l'affaire opposant les héritiers de la famille Bardinon. Ils se déchirent autour de la vente d'une Ferrari 250 GTO de 1964 à 38 millions d'euros.]

C'était il y a presque 6 ans. En août 2012, le monde de l'automobile apprenait la disparition d'un amoureux de belles mécaniques, et du plus grand collectionneur Ferrari au monde : Pierre Bardinon. Industriel ayant notamment fait fortune dans le cuir, c'est lui qui sera le fondateur du circuit du Mas-du-Clos dans la Creuse, près d'Aubusson. C'est également là que sa collection de bolides marqués du Cheval Cabré se trouvait. Et s'il fallait une preuve de la grandeur de ce que Pierre Bardinon a accompli au cours de sa vie et de sa passion pour la firme de Maranello, c'est Enzo Ferrari lui-même qui la donnera : à la question de savoir pourquoi il n'y avait de musée Ferrari, "il Commandatore" avait répondu "Pas besoin, Bardinon l'a fait pour moi" !

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Si le nom de Pierre Bardinon revient au coeur de l'actualité, c'est pour une triste histoire d'héritage. En effet, la justice doit se pencher ce jeudi 7 juin 2018 devant le tribunal de Guéret sur le sort d'une Ferrari 250 GTO de 1964. Une voiture pour laquelle les enfants de Pierre Bardinon se déchirent. En effet, en avril 2014, elle avait été vendue pour quelques 38 millions d'euros à un riche collectionneur Taïwanais. Une somme ahurissante qui confirme que la Ferrari 250 GTO, produite à seulement 36 exemplaires, est la voiture la plus chère du monde.

Le problème ? C'est que c'est Patrick, l'un des fils, qui a vendu la voiture. Pour lui, la voiture lui appartient, elle serait un cadeau de son père, et la carte grise est à son nom. Ce qui ne plait pas à Anne et Jean-François, sa soeur et son frère. Pour eux, Pierre Bardinon mettait sur les cartes grises les noms de ses enfants de manière aléatoire, sans que ça veuille dire qu'il ne s'agisse pas d'un héritage commun. Pour eux, la vente de l'auto par leur frère relève donc de l'abus de confiance, et aimeraient leur part du gâteau sur la vente de cette 250 GTO. On parle quand même ici de plusieurs millions d'euros chacun !

Pour rappel, la maison de vente aux enchères Artcurial avait vendu en février 2016, lors de Rétromobile, une incroyable Ferrari 335 S de 1957, elle aussi sortie de la collection de Pierre Bardinon. Partie pour 32,1 millions d'euros, elle est rentrée dans le Top 10 des voitures les plus chères du monde.

Quant à la Ferrari 250 GTO, elle attire toujours autant, pour ne pas dire plus, les convoitises ! Il y a quelques jours, l'un de ses exemplaires aurait été vendu pour 80 millions d'euros !

 

 

Galerie: Les Ferrari 250 GTO au Mans Classic 2012