Des ministres sur écoute ? Les services de renseignement français le craignent.

En novembre 2017, le groupe PSA et Huawei signaient un partenariat portant sur la voiture connectée. Un deal concrétisé en avril dernier avec l'arrivée d'un DS 7 Crossback utilisant la plateforme IoT de Huawei appelée CVMP, pour "Connected Vehicle Modular Platform". De quoi s'agit-il concrètement ? La voiture se dote de la technologie Huawei pour bénéficier de nouveaux services connectés, comme la navigation, la reconnaissance vocale en "langage naturel", entre autres. Voire même l’état de maintenance du véhicule, mais aussi l’historique des trajets et des modes de conduite, tous accessibles depuis le smartphone des clients. 

Autant de nouveaux services connectés qui inquiètent les services de renseignement français comme le révèlent nos confrères de l'Express. Selon eux, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, le SGDSN, mais également l'Anssi, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, s'inquiètent de l'arrivée de ces véhicules connectés, notamment dans la flotte de l'État. Si les DS 7 Crossback en sont tous équipés en Chine depuis avril dernier, cette plateforme connectée ne saurait tarder à équiper les nôtres. Ce qui pourrait poser des soucis évident de cybersécurité.

Citée par l'Express, une source proche du dossier, restée anonyme, explique que "ces technologies peuvent permettre aisément d'écouter les conversations ou d'espionner à distance les déplacements d'hommes politiques ou de hautes personnalités". Nos ministres seront-ils sur écoute ?

Si Peugeot, lors de la présentation de son système connecté avec Huawei expliquait que "l'ensemble des interactions numériques entre la voiture et le cloud est sécurisé" et que "les données des clients et de la voiture sont chiffrées et l’intégrité, l’authenticité et la confidentialité de ces données sont garanties", certaines craintes viennent quand même du fait que Huawei soit connu pour être proche du pouvoir en place en Chine. Les États-Unis et l'Australie ont d'ailleurs bannis la firme chinoise de possibles investissements dans le développement d'infrastructures pour la mise en place de la 5G.

 

Galerie: La voiture présidentielle d'Emmanuel Macron