Réputés pour leur maîtrise des moteurs diesels, les constructeurs français n'investiront bientôt plus dans ce domaine.

Pendant un temps adulé par le législateur, au point d'être fiscalement soutenu, le diesel n'est plus en odeur de sainteté aujourd'hui. La poule aux œufs d'or des constructeurs pendant des décennies est en train peu à peu de se déplumer, notamment suite au scandale du Dieselgate, où le groupe Volkswagen a avoué avoir utilisé un logiciel pour falsifier les émissions polluantes de ses motorisations diesels afin de passer les normes d'homologation.

Le diesel a énormément perdu sur le terrain politique ces dernières années, malgré des avancées technologiques sans précédent pour rendre ces motorisations encore plus efficientes. La nouvelle norme antipollution Euro 7, qui doit normalement être votée d'ici l'automne prochain par l'Europe pour une intronisation en 2026, devrait définitivement condamner le diesel. Pour les véhicules particuliers, les coûts astronomiques pour la mise aux normes des moteurs et la baisse des ventes de diesel, incitent les constructeurs à ne plus investir dans cette énergie.

Concernant les utilitaires, le cas est un peu plus épineux, car si des alternatives, notamment 100 % électriques, commencent à fleurir, reste à savoir si elles pourront vraiment se substituer au diesel, que cela soit en matière d'autonomie ou de prix d'achat.

Renault fait le ménage

Toujours est-il que chez nos constructeurs français, la messe est dite. Du côté de chez Renault, on mise sur la gamme E-Tech qui intègre des motorisations hybrides, hybrides rechargeables et 100 % électriques. Ainsi, la gamme de moteurs diesel Renault passera de trois familles (1,5 litre, 1,7 litre et 2,0 litres Blue dCi) aujourd'hui, à une seule à partir de 2025 (Renault devrait conserver le 2,0 litres pour ses utilitaires). Luca de Meo a d'ailleurs affirmé lors de l’assemblée des actionnaires qui s'est tenue en avril dernier, que Renault n’investira pas dans le développement d’un nouveau moteur diesel et qu’il adaptera la version existante.

D'une manière générale, la voilure a déjà été fortement réduite ces derniers mois, puisque de nombreux modèles n'ont déjà plus le droit au diesel, dont certains best-sellers. On pense notamment à la troisième génération de Dacia Sandero, au Renault Captur qui mise tout sur l'hybride, et, plus étonnant, le Renault Scénic, un modèle pourtant amené à parcourir de nombreux kilomètres sur une année. La prochaine génération du Renault Kadjar se privera quant à elle complètement de motorisations diesels.

Même combat chez Stellantis

Du côté de chez Stellantis, la stratégie est à peu près similaire, puisque le quatre cylindres 1,5 litre BlueHDI disparaîtra des véhicules particuliers à l'horizon 2026, tandis que le 2,0 litres BlueHDI devrait être conservé sur les utilitaires. Cependant, quand Renault réduit drastiquement sa gamme de véhicules diesels, chez Citroën ou encore Peugeot, nous retrouvons du diesel sur les Citroën C3, Peugeot 208 et autres 2008.

Néanmoins, les dernières berlines du groupe font l'impasse sur cette énergie, à l'image de la nouvelle DS 9, routière par excellence, ou encore la Citroën C5 X. Ce choix est aussi lié au lieu de production des deux modèles, à savoir la Chine, qui n'a jamais vraiment été le marché de prédilection du diesel.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, Stellantis n'a pas encore annoncé officiellement l'arrêt du diesel. Les marques du groupe devraient donc encore proposer cette énergie au sein de leur catalogue jusqu'à l'entrée en vigueur de la norme Euro 7, une norme qui devrait néanmoins condamner définitivement les moteurs diesels pour les véhicules particuliers, que cela soit chez Stellantis ou ailleurs.