Les modèles les plus haut de gamme sont concernés, notamment la nouvelle Mercedes Classe S.

Si vous suivez avec assiduité l'actualité automobile, vous n'êtes sûrement pas sans savoir que le monde de l'automobile subit de plein fouet la crise liée aux semi-conducteurs, ces petites pièces indispensables pour le bon fonctionnement de certaines technologies embarquées au sein de nos voitures les plus modernes.

Certains modèles qui regorgent de technologies en sont bardés, mais avec la pénurie actuelle de ce type de composants, les constructeurs sont obligés de revoir leur stratégie et leur mode de production. Ainsi, plusieurs constructeurs ont déjà dû mettre certaines de leurs lignes de production à l'arrêt, comme ce fut le cas de Stellantis il y a quelques semaines. Pour assurer la fin de la production de l'ancienne 308, Peugeot a même dû revoir certains éléments de sa voiture, avec un retour aux aiguilles de compteur classiques, faute de puces électroniques pour les écrans.

Les autres constructeurs ne sont pas épargnés non plus par cette crise, puisque Mercedes a été contraint de stopper la production de ses modèles Classe S, Classe E et EQS, trois véhicules fabriqués au sein de la fameuse Factory 56 de Sindelfingen, une usine flambant neuve accueillant la production des modèles les plus haut de gamme de la marque. La suspension de la production d'un véhicule n'est jamais une bonne nouvelle, surtout quand il s'agit d'un modèle aussi important que la Classe S, qui fait face à une très forte demande, notamment venue de Chine.

Il en va de même pour la Mercedes EQS, le nouveau porte-étendard 100 % électrique de la firme allemande, et qui doit arriver sur nos routes d'ici la rentrée prochaine. Pourtant, Mercedes met les petits plats dans les grands pour tenter de gonfler son stock de semi-conducteurs, en acheminant notamment les puces directement par avion afin de gagner du temps. Mais la pénurie démarre dès la sortie des usines asiatiques, et notamment en Malaisie, où sont fabriquées la plupart du temps ces puces.

"Il y a du chaos partout. Je suppose que les incertitudes dureront jusqu'à la mi-2022", a commenté l'un des dirigeants de Daimler à nos confrères d'Automobilwoche. Du côté de chez Volkswagen, même son de cloche, puisqu'on pense que la crise est loin d'être terminée et qu'elle "durera encore deux ans". Cette pénurie aurait déjà coûté à l'industrie automobile mondiale un déficit de cinq millions de voitures en 2021 selon une étude, sur un prévisionnel à 74 millions d'unités d'ici fin décembre.