Véritable icône dans l'univers des berlines de luxe, la Classe S revient sur le devant de la scène, au grand dam de ses concurrentes.

La Mercedes Classe S est l'une des rares voitures indissociables de l'histoire de l'automobile, comme peut l'être une Porsche 911 par exemple. Son histoire débute dans les années 50, avec la Type 220 produite à 16'154 exemplaires entre 1951 et 1955. Elle s'impose déjà comme l'une des références en termes de raffinement à son époque. S'en est suivi ensuite six générations de Mercedes Classe S, jusqu'à cette septième présentée aujourd'hui.

La Mercedes Classe S, dont le "S" signifie "Spécial", a toujours été le porte-étendard de la marque. Plusieurs technologies, aujourd'hui démocratisées, ont été inaugurées sur la Classe S, à commencer par l'ABS en 1978, le premier airbag en 1981, le premier ESP en 1995 ou encore le premier régulateur de vitesse adaptatif en 1998. La Classe S symbolise l'ultra-luxe chez Mercedes, et malgré un prix d'entrée élevé, la voiture rencontre toujours un joli succès, en témoignent les trois millions d'exemplaires écoulés dans le monde depuis ses débuts et les 500'000 unités vendues de la précédente génération.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

En France, il s'écoule entre 500 et 650 Mercedes Classe S par an, 80 % de diesel, 10 % d'essence et 10 % d'hybride. Mercedes s'appuie également sur un taux de fidélité exceptionnel, avec plus de 80 % des clients qui signent pour sa remplaçante. Et comme vous devez vous en douter sur ce type de voiture, c'est souvent les modèles les plus haut de gamme qui rencontrent le plus de succès. Il se vend d'ailleurs plus de versions limousines que de berlines.

Le premier marché pour Mercedes et sa Classe S dans le monde, c'est évidemment la Chine, talonnée par les États-Unis et la Corée du Sud. La Classe S est un marqueur social de réussite dans ces pays, comme dans tous les autres cela dit, et Mercedes doit évidemment proposer le meilleur pour satisfaire ses clients. Comme nous allons le voir, cette septième génération ne déroge pas à la règle.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Évolution plus que révolution

Esthétiquement, la Classe S n'a jamais vraiment bouleversé les codes esthétiques de la marque. Elle s'inscrit globalement dans la lignée du style des autres modèles, un style inauguré en 2018 avec la dernière CLS et qui s'est démocratisé sur les nouvelles Classe E, les SUV ou encore les modèles plus compacts. La Classe S se distingue surtout par un aérodynamisme particulièrement travaillé pour réduire sa traînée et donc ses émissions polluantes. Mercedes annonce un Cx de seulement 0,22, tandis que la Tesla Model S, l'une des références en la matière, revendique 0,24.

Comme vous pouvez le voir, notamment avec ces poignées de porte rétractables, tout a été travaillé pour rendre la Classe S la plus aérodynamique possible. En termes de dimensions, la voiture est plus longue que sa devancière et culmine à 5,18 mètres pour la version courte et plus de 5,29 mètres pour la version longue. L'empattement a également été allongé de cinq centimètres et les voies avant et arrière sont aussi plus larges.

Notre modèle d'essai est une version limousine équipée de la finition "Executive", soit le niveau le plus feutré en comparaison de l'autre finition "AMG Line", dont le traitement des éléments lui permet d'afficher un style plus sportif.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

La voiture des technophiles ?

Ce n'est bien évidemment pas à l'extérieur que les évolutions sont les plus impressionnantes, mais plutôt à l'intérieur, avec une planche de bord complètement inédite. Vous aimez les Tesla avec leurs grands écrans ? Vous allez adorer la nouvelle Mercedes Classe S et son nouvel écran tactile de 12,8 pouces. Cet écran a notamment permis de retirer jusqu'à 27 boutons et cadrans physiques par rapport à la précédente génération.

Le volant est lui aussi nouveau avec un système de reconnaissance capacitive, comme sur l'Audi e-tron, permettant ainsi de simplement garder les mains sur le volant lorsque vous activez la conduite automatisée, sans avoir besoin de signaler votre attention à la voiture par un léger coup de volant. Pour régler vos rétroviseurs, vous n'aurez qu'à poser vos yeux sur celui que vous souhaitez régler pour que la voiture le détecte afin de modifier ensuite l'inclinaison du miroir. C'est inutilement indispensable et on adore.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Le conducteur profitera également d'un combiné d'instrumentation digital avec un affichage 3D, qu'il sera possible de désactiver car, dans notre cas, cela nous faisait plus mal aux yeux qu'autre chose. La Classe S intègre également l'affichage tête-haute avec la réalité augmentée et complète le champ visuel du conducteur avec des indications virtuelles sans le déconcentrer. C'est plutôt bien fait et intuitif, beaucoup plus en tout cas que le premier système intégré à la base dans l'écran tactile sur les plus petites Mercedes.

Il nous faudrait sans doute bien plus que ces quelques paragraphes pour lister toutes les technologies intégrées à bord de cette Classe S, rien que pour le conducteur qui plus est. Nous pouvons citer la présence d'une authentification biométrique pour choisir son profil de conduite si plusieurs personnes utilisent la voiture, un système Hi-Fi Burmester avec 31 haut-parleurs et une expérience 4D qui pourrait donner l'impression aux passagers arrière d'être dans une salle de cinéma, ou encore la présence du "Pack Energizing" permettant de vous tonifier ou de vous dorloter avec les sièges massants et une musique reposante pour de longs trajets.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Salon 2.0

Les passagers placés à l'arrière sont toujours choyés et ont encore de plus d'espace par rapport à l'ancienne Classe S. Ils pourront bénéficier d'une assise réglable électriquement, de sièges chauffants et ventilés, d'écrans de 11,6 pouces et d'une gestion globale des différentes fonctionnalités de la voiture via un petit écran amovible de sept pouces.

Il permet, entre autres, de gérer l'éclairage d'ambiance, d'avoir des informations sur la conduite, de disposer de la télévision, d'avoir un contrôle sur l'ensemble du système multimédia. Tout est parfait, sauf peut-être la tablette tactile fournie par Samsung, qui était assez capricieuse avec quelques moments de latence au sein de notre modèle d'essai.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Une gamme encore en construction

En France, l'offre autour de la Mercedes Classe S s'articule autour de deux moteurs diesels, l'un de 286 chevaux et l'autre de 330 chevaux. Il s'agit de deux six cylindres en ligne de 3,0 litres de cylindrée. Il n'y a pas de moteurs essence en France, pour des raisons évidentes que nous connaissons tous.

Il y aura, à la rentrée prochaine, une version 580 e hybride rechargeable, avec un moteur essence cette fois-ci, et une autonomie en tout électrique d'environ 100 kilomètres. Une version Mercedes-AMG serait aussi en préparation, mais certainement pas avec un V8 4,0 litres bi-turbo seul, mais plutôt en version hybride, comme la future Mercedes-AMG GT Coupé 4 portes 73 e actuellement en préparation.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Pullman des temps modernes

Pour notre essai, nous avons sélectionné la version 350 d en limousine, c'est-à-dire avec le plus petit moteur diesel qui culmine tout de même à 286 chevaux et 600 Nm de couple. De quoi assurer à notre véhicule des performances plutôt correctes malgré ses plus de deux tonnes sur la balance.

Notre essai s'est déroulé dans l'arrière-pays marseillais, sur de petites routes étroites et sinueuses pas tout à fait propices pour une voiture de plus de cinq mètres de long. D'ailleurs, ce moteur est assez époustouflant avec une consommation moyenne relevée d'environ 7,0 l/100 kilomètres sur nos 300 kilomètres d'essai, avec 70 % de routes départementales et le reste d'autoroute.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Néanmoins, force est de constater que la Classe S sait se montrer dynamique avec des roues arrière directrices qui lui assurent une agilité étonnante. Ces roues braquent jusqu'à 10 degrés pour les modèles équipées des jantes les plus petites et 4,5 degrés pour les plus grosses. Cela lui permet de bénéficier d'un rayon de braquage encore plus petit qu'une Classe A.

Mais malgré des aptitudes dynamiques convenables, la Classe S reste une voiture confortable capable d'avaler le ralentisseur le moins réglementaire du monde sans détruire le dos de ses occupants. Le revers de la médaille en conduite dynamique, c'est évidemment de l'inertie au freinage et un train avant qui a tendance à s'affaisser sur ses appuis. C'est normal, la Classe S n'est pas étudiée pour faire Pikes Peak, mais plutôt pour transporter ses usagers le plus confortablement possible. Et ça, elle le fait à merveille.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

La France, ce pays impitoyable pour Mercedes

Comme vous devez vous en douter, la Mercedes Classe S embarque à peu près tout ce qui existe en matière d'aides à la conduite. Le listing est long comme le bras et comprend, par exemple, le freinage automatique d'urgence, le régulateur de vitesse adaptatif, l'assistance de la direction, l'assistance au maintien dans la voie, l'assistance au changement de voie, la reconnaissance des panneaux de signalisation, la surveillance active des angles morts, etc. Toute cette armada lui permet d'afficher une conduite autonome de niveau trois... mais indisponible en France à cause de la législation en vigueur.

La Classe S, c'est aussi la première voiture à être dotée d'un airbag frontal pour les passagers de la banquette. Un airbag entre le conducteur et le passager est aussi ajouté. Pour parfaire le tout, en cas de choc latéral imminent, la voiture se soulève. Ainsi, l'énergie de l'impact est déviée vers les parties basses de la structure, plus résistantes. Malheureusement, cette dernière technologie n'est pas disponible chez nous puisqu'elle est alimentée par la petite batterie de 48 volts qui équipe les moteurs essence... non disponibles en France.

L'absence d'un réseau 48 volts est préjudiciable à plus d'un titre pour cette Classe S dans l'Hexagone, car les modèles prévus pour notre beau pays sont privés de la suspension "E-Active Body Control" et de son mode "Curve", qui contrecarre le roulis et incline même l’auto vers l’intérieur du virage. Une technologie apparue au restylage de la précédente génération et qui disparaît temporairement d'après Mercedes, tout comme la caméra lisant les déformations de la route pour adapter les réglages d’amortisseurs.

Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)
Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Les prix et la concurrence

Pour profiter de ce qui se fait de mieux chez Mercedes en termes de technologies et de raffinement, il faudra débourser, au minimum 100'600 euros pour une Classe S. Notre version d'essai, limousine, en finition "Executive", avec le moteur diesel de 286 chevaux et quelques options ("Pack Business Class" : 34'500 euros, peinture "Bleu anthracite métallisée" : 1200 euros...) s'affichent à plus de 150'000 euros.

Suivant les motorisations et les équipements sélectionnés, le malus varie de 2700 à 23'000 euros. La version hybride rechargeable est certainement attendue comme le messie par les entreprises voulant s'affranchir du malus et de la TVS. Mercedes estime d'ailleurs que la S580 e représentera 80 % des ventes du modèle en France à terme. Pour les clients en attente de la version coupé et du cabriolet, la marque a fait savoir que ces deux modèles ne seront pas reconduis sur cette septième génération.

Et pour ceux désirants une berline luxueuse et 100 % électrique, il va falloir patienter encore quelques mois et la présentation de la Mercedes EQS. Ce modèle bénéficiera de motorisations allant de 286 à 640 chevaux et jusqu'à 700 kilomètres d'autonomie. Elle sera proposée en deux ou quatre roues motrices et avec un pack batterie allant de 90 à 108 kWh selon les versions. Elle sera commercialisée à la fin de l'année 2021.

BMW 745e iPerformance
Essai Audi A8 (2018)

La Mercedes Classe S est ce genre de voiture qui vous ferait presque oublié qu'il existe des alternatives. Chez Audi, il y a bien évidemment l'A8 qui sera bientôt restylée. Chez BMW, la Série 7, lancée en 2015 et restylée en 2019, symbolise le haut de gamme de la marque, avec beaucoup plus de choix en termes de motorisations, mais moins de technologies. La Classe S s'armera de nouvelles variantes tout au long de sa carrière, et bien malin qui parviendra à contrer sa suprématie dans ce segment.

À ce niveau de prestations, même du côté des marques ultra-luxueuses que sont Bentley ou encore Rolls-Royce, la Mercedes Classe S joue les gros bras, et sans même forcément passer par la case Mercedes-Maybach, qui fait définitivement basculer la marque dans le même univers que les deux firmes britanniques susmentionnées. "God save the queen, the german queen".

 
Points positifs Points négatifs
Confort absolument royal Prix des packs intimidants
Technologies embarquées Pas de système "E-Active Body Control" en France
Espace arrière incroyable Système 3D peu convaincant

Galerie: Essai Mercedes-Benz Classe S (2021)

Mercedes-Benz Classe S

Motorisation Diesel, six cylindres en ligne, 2925 cm³, turbo
Puissance 286 chevaux (à 3400 tr/min)
Couple maximum 600 Nm (de 1200 à 3200 tr/min)
Transmission Boîte de vitesses automatique à neuf rapports
Type de transmission Propulsion
0-100 km/h 6,4 secondes
Vitesse maximum 250 km/h
Longueur 5,29 mètres
Largeur 1,95 mètre
Hauteur 1,50 mètre
Poids 2040 kg (à vide)
Volume de coffre 540 litres
Places 5
Economie de carburant Consommation moyenne : 6,5 à 7,8 l/100 km
Émissions 170 à 204 g/km de CO2
En vente 2021
Prix de base 100'600 €
Prix de la version testée 150'000 €