Avec une puissance cumulée de 306 chevaux et 700 Nm de couple, le SUV hybride diesel étoilé a du répondant. Mais pas seulement.

Sur le papier, l'hybride diesel pourrait s'apparenter à une bien onéreuse usine à gaz, avec deux technologies coûteuses à l'achat et qui, ensemble, n'ont jamais vraiment séduit. Outre la nouvelle gamme "de" chez Mercedes, qui s'immisce sous les capots des Classe C, GLC, GLE et autres Classe E, avant Mercedes, il y a déjà eu quelques tentatives d'association de ces deux technologies chez d'autres constructeurs.

La plus connue, et pas forcément pour le meilleur, c'est l'hybride (non rechargeable) diesel du côté de chez PSA au début de la décennie. Il y avait la Peugeot 508 RXH, le Peugeot 3008 HYbrid4 ou encore la Citroën DS5 HYbrid4 (avant la séparation entre Citroën et DS). Dans les faits, le moteur diesel, positionné sur le train avant, développe une puissance de 163 chevaux, tandis que le moteur électrique disposé sur le train arrière développe une puissance de 37 chevaux. L’ensemble permet ainsi à ces véhicules de développer une puissance maximale de 200 chevaux.

Sauf qu'entre une gestion thermique/électrique calamiteuse, une autonomie en tout électrique qui n'excède pas les trois kilomètres en faisant vraiment attention, un agrément de conduite à revoir et de nombreux problèmes de fiabilité, cette motorisation a vite été rangée au placard.

Essai Mercedes-Benz GLC 300 de

Enfin de l'hybride diesel abouti ?

Quelques années plus tard, revoici donc Mercedes sur ce créneau avec, on l'espère, beaucoup plus de réussite. Déjà, il s'agit d'un diesel hybride rechargeable, la batterie (13,5 kWh) est donc assez conséquente pour évoluer une quarantaine de kilomètres, d'après le cycle WLTP, sans l'usage du moteur thermique. Sur une Wallbox de 7,4 kWh, la recharge complète de la batterie prend à peine deux heures, tandis qu'il faudra une nuit complète sur une prise domestique. Il est donc possible d'évoluer, la majeure partie du temps, sur de courts trajets, en mode 100 % électrique.

Pour notre essai du Mercedes GLC 300 de, nous avons voulu aller un peu plus loin et ne pas seulement nous limiter à un usage purement urbain. S'il y a du diesel sous le capot, c'est aussi fait pour rouler. Nous avons donc parcouru la France du nord au sud, sur environ 2600 kilomètres, pour nous faire un avis sur cette technologie hybride diesel et voir si, vraiment, elle peut être intéressante pour les gros rouleurs.

Sur le GLC, les clients auront l'embarras du choix : essence, diesels, micro-hybridations, sportives, hybride rechargeable essence et, notre modèle d'essai, l'hybride rechargeable diesel. Ce diesel hybride rechargeable exploite un 2,0 litres turbo diesel de 194 chevaux épaulé par un moteur électrique asynchrone de 122 chevaux situé dans la boîte de vitesses automatique à neuf rapports.

Essai Mercedes-Benz GLC 300 de
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L’addition des deux motorisations, qui ne donne pas un résultat parfait, délivre 306 chevaux et 700 Nm, ce qui autorise de meilleures accélérations que le diesel classique 300 d de 245 chevaux. La puissance est répartie aux quatre roues motrices. Le 0 à 100 km/h est annoncé à 6,2 secondes, là encore c'est très correct et similaire à une petite GTI moderne.

Nous avions déjà été séduits lors de notre essai du GLC hybride rechargeable essence il y a quelques années, notamment en matière d'agrément, et nous nous attendions donc à un peu près la même chose pour ce GLC 300 de. Dès les premiers tours de roue, la voiture évolue en mode 100 % électrique dans un silence de cathédrale, l'acoustique étant particulièrement bien travaillée à l'intérieur pour se sentir comme dans un véritable cocon. Et quand le moteur diesel entre en action, la transition est plutôt discrète même si elle se fait davantage remarquer par rapport à un bloc essence.

Les dimensions du GLC sont généreuses avec 4,67 mètres de long, notre version d'essai paraît même robuste avec ses marche-pieds en aluminium, mais notre modèle s'est montré particulièrement agile, des étroites petites ruelles du 17ème arrondissement de Paris au réseau secondaire de l'arrière-pays niçois, où il est compliqué de croiser une autre voiture en sens inverse par moments. Au total, avec la batterie pleine, nous sommes parvenus à parcourir environ 37 kilomètres. Une donnée légèrement en retrait par rapport aux normes d'homologation, mais cela reste toutefois relativement correct.

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Le bon compagnon de voyage ?

Pour rejoindre Nice, nous sommes donc passés par l'autoroute. Par beaucoup d'autoroutes même. Un type de trajet que les hybrides rechargeables n'apprécient guère en général, les batteries étant rapidement vides et le moteur thermique devant tracter tout l'attirail électrique. L'ensemble moteur électrique/batterie représente un surplus d'environ 200 kilos pour notre GLC 300 de (2050 kilos au total) par rapport à un GLC 300 d.

À 130 km/h au régulateur de vitesse, nous avons réalisé une moyenne de 7,5 l/100 kilomètres, une donnée plutôt correcte pour un SUV hybride rechargeable, tout en sachant qu'une version essence aurait sans doute consommé environ 2,0 litres de plus sur ce même trajet. Le petit réservoir de 50 litres (contre 66 litres sur le GLC 300 d), qui a été amputé à cause de l'implantation de la batterie, nous oblige à nous arrêter un peu plus souvent en revanche.

En matière de dynamisme, avec 306 chevaux et 700 Nm de couple, évidemment ça secoue la nuque à chaque grosse accélération. Sur les nombreuses petites routes provençales, notre GLC se débrouille plutôt pas mal en conduite soutenue, avec néanmoins quelques mouvements de caisse inhérents à ce type de véhicule, davantage typé confort, et pas mal d'inertie en raison d'un poids qui dépasse les deux tonnes. Néanmoins, notre GLC s'en sort avec les honneurs et les petites montées de col ne sont qu'une formalité.

Comme énoncé un peu plus haut, c'est bien du côté du confort que notre GLC excelle, même s'il est doté de suspensions raffermies avec sa finition "AMG Line" en plus de jantes de 20 pouces. Les suspensions pneumatiques, en option à 2300 euros, apportent encore un peu plus de moelleux. Dans l'ensemble, ce GLC peut avaler les kilomètres sans déclencher le moindre mal de dos à ses occupants, aussi bien à l'avant qu'à l'arrière.

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À l'intérieur

Avec tout ça, nous aurions presque oublié de vous parler de l'intérieur. Celui-ci n'évolue pas trop par rapport à un GLC classique, seuls quelques sous-menus spécifiques à l'hybridation apparaissent avec, entre autres, la gestion des flux d'énergie et la recharge. L'ensemble est toujours très technologique, bien que le GLC ne soit pas vraiment le dernier modèle présenté par Mercedes. Son restylage de 2019 lui a permis d'opter pour une instrumentation 100 % numérique qui, comme sur la Classe C restylée, a été rentrée au chausse-pied. Malgré le fait qu'il fête ses six ans cette année, le GLC est loin d'être désuet technologiquement parlant.

En termes d'habitabilité, les passagers arrière seront confortablement installés pour les longs trajets. La place du milieu est en revanche toujours un peu spartiate. Concernant le coffre, le système hybride lui fait perdre environ 150 litres par rapport à un GLC 300 d. Ainsi, il culmine à 395 litres pour notre version 300 de. Une contenance plutôt correcte, mais qui occasionnera certainement quelques sacrifices au moment de partir en vacances à quatre.

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Les prix et la concurrence

Disponible, en France, à partir de 64'950 euros, le Mercedes GLC 300 de s'affiche 1800 euros de plus que la version hybride rechargeable essence. Notre version d'essai, avec de nombreuses options, s'échange à environ 80'000 euros. Plus sobre, sans être plus sonore ni même forcément plus lourd, le GLC 300 de devrait sans doute piquer quelques parts de marché à certains SUV hybride rechargeable essence. Ce SUV haut de gamme de plus de 300 chevaux bénéficie, qui plus est, des mêmes avantages, c'est-à-dire qu'il est dépourvu de malus et de TVS pour les sociétés.

Inutile d'aller chercher du côté de la concurrence pour trouver d'autres hybrides rechargeables diesels. Chez Audi, BMW ou encore Volvo, vous ne trouverez que de l'essence hybride rechargeable ou, au mieux, du diesel micro-hybride, mais qui ne vous permettra pas d'évoluer en mode 100 % électrique, ni même d'échapper au malus et à la TVS. Si on reproche souvent à Mercedes sa gamme tentaculaire et sa capacité à un peu trop occuper chaque recoin du marché, force est de constater qu'avec cette technologie hybride diesel aboutie, la marque aurait bien tort de ne pas profiter de l'absence de concurrence dans ce domaine.

 
Points positifs Points négatifs
Consommations maitrisées Réservoir un peu trop petit
Agrément de conduite Volume de coffre un peu juste pour ce type de SUV
Confort dans toutes les situations Quelques mesquineries au niveau des options

Galerie: Essai Mercedes-Benz GLC 300 de

Mercedes-Benz GLC 300 de

Motorisation Diesel, quatre cylindres en ligne, 1950 cm³ + moteur électrique
Puissance 306 chevaux
Couple maximum 700 Nm
Batterie 13,5 kWh
Distance en mode électrique 40 à 45 kilomètres
Type de charge Monophasé AC (7,4 kW)
Temps de charge De 1h45 à 8h00
Transmission Boîte de vitesses automatique à neuf rapports - 9G-Tronic
Type de transmission Intégrale
0-100 km/h 6,2 secondes
Vitesse maximum 230 km/h
Longueur 4,67 mètres
Largeur 1,90 mètre
Hauteur 1,66 mètre
Poids 2050 kg
Volume de coffre 395 litres
Places 5
Economie de carburant Consommation moyenne : 1,7 à 2,2 l/100 km (WLTP)
Émissions 45 à 57 g/km de CO2
En vente 2020
Prix de base 64'950 €
Prix de la version testée 79'050 €