À l'occasion d'une longue interview accordée à nos confrères d'Automotive News Europe, Mate Rimac, le patron de Bugatti-Rimac, s'est largement étendu sur le présent et l'avenir de l'entreprise, et notamment le développement de la Rimac Nevera et du prochain modèle signé Bugatti.

Des projets en expansion

Concernant la Rimac Nevera, dont la version définitive a été présentée il y a quelques mois, Mate Rimac révèle que sa production a été très sérieusement mise à mal par la pénurie de semi-conducteurs. Les premiers exemplaires arriveront dans le garage des clients d'ici environ deux mois, même si le développement a été particulièrement difficile.

"Même si nous parlons d'un modèle en édition limitée, cela reste un projet complexe. Une grande partie du matériel et des logiciels est produit en interne et nous avons dû nous procurer des milliers de composants. Pour un processeur qui, jusqu'à récemment, valait un dollar, nous avons dû dépenser 10, 20, 50 ou, dans certains cas, même 100 dollars, juste pour éviter d'arrêter complètement la production", précise Mate Rimac.

Rimac Nevera, Bugatti Chiron et Porsche Taycan Cross Tourism

Rimac possède une capacité de production de 50 Nevera et 80 Bugatti par an et prévoit de faire passer le site de 1 500 à 10 000 employés au cours des prochaines années. Une sacrée progression en l'espace de dix ans quand, en 2011, seulement huit personnes travaillaient pour la marque et avaient présenté le premier concept-car.

"En plus de créer des supercars, nous avons lancé Rimac Technology, qui fournit des composants à de nombreux constructeurs dans le monde. Nous produisons 200 batteries pour Koenigsegg, 150 pour l'Aston Martin Valkyrie et nous travaillons pour augmenter la production à des centaines de milliers d'unités électriques par an. Et nous ne parlons pas seulement des batteries, mais aussi des groupes motopropulseurs, des systèmes d'info-divertissement et d'autres composants clés pour les voitures électriques."

Les Bugatti de demain

Depuis la création de Rimac, l'activité tourne exclusivement autour des voitures électriques. Mais avec Bugatti, Rimac va devoir se diversifier.

"Les succès de Bugatti ces 20 dernières années reposent sur le W16. Il serait facile pour nous de créer une voiture similaire à la Nevera et d'y apposer le logo Bugatti, mais cela n'a jamais été mon intention. Je suis pour l'électricité pure, mais la prochaine Bugatti sera équipée de moteurs thermiques hautement électrifiés, qui seront développés de manière financièrement viable."

"Nous allons créer des modèles exceptionnels et uniques sur le marché sans dépenser des milliards. Et nous avons le temps de le faire puisque le calendrier de Bugatti est complet jusqu'en 2025, notamment grâce à l'excellent travail de l'ancien patron, Stephan Winkelmann."